La Catalaunie dans tous ses états

• 1/02/2007 - les caves infiltrées

Bonjour Memoria, je te remercie de bien vouloir me laisser raconter cette histoire sur ton blog. D'ailleurs je sais qu'elle ne t'étonnera pas étant donné que tu connais les manières de faire de l'échevin Baptiste Bouc-Bigot et de son échevinat.

Je voulais donc revisiter ces caves pour lesquelles tu avais mobilisé l'association afin qu'elles ne disparaissent pas dans les fondations de la nouvelle galerie du l'Hôtel de ville. Bien sûr le tribunal nous avait donné raison et la Ville et la société Sachem & Béton avaient dû signer un " relevé de conclusions " avec l'association et les autres requérants en contre partie de quoi ceux-ci retiraient leur référé. Dans ce relevé, l'échevin et la Sachem & Béton s'engageaient notamment à ventiler les caves, à en restaurer les voûtes d'ogive et à rendre compte régulièrement de l'avancée des travaux. Ce dernier point n'avait jamais été respecté et on nous avait toujours refusé la visite technique.

Je vous parle de caves médiévales, des XIIIème et XVème siècles, inscrites à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques ! D'ailleurs il s'agit du plus ancien patrimoine civil de Chaalons-en-Champaigne.

L'office de tourisme organisait en décembre dernier la visite de ces caves dans le parcours " Chaalons au Moyen Age ". A force de parler de cette future visite dans mon entourage, les uns et les autres ont voulu se joindre à moi. Corinne a fait une réservation globale pour le groupe et nous avons invité le quotidien local " La Force " à se joindre à nous. Nous voulions tous voir dans quel état se trouvaient désormais les caves. Tes caves, devrais-je dire. Parmi les uns et les autres, il y avait deux architectes et un historien spécialiste du Moyen Age.

Quelle histoire ! Cette visite a fait tout un pataquès non pas à cause de ce que nous avons découvert et révélé au grand jour mais à cause des moyens employés. Voilà que nous ne sommes plus de simples châlonnais, munis de tous nos droits de citoyens, mais des pestiférés, des relégués. Nous n'avons pas le droit, pourtant qui relève de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, de nous réunir et de circuler librement dans notre ville !

Que nous reproche-t-on ? D'avoir utilisé un prête-nom pour l'inscription ? Que nenni, il s'agit d'un membre du bureau de l'association qui avait la possibilité de passer à l'Office de tourisme rapidement afin de faire la réservation. D'avoir invité un journaliste ? Où est la liberté de la presse ? La liberté d'expression ? Et tout ça pourquoi ? Parce que nous avons révélé et pointé du doigt des choses que l'équipe municipale ne voulait pas montrer. Et pourtant elle communique à tous vents autour de l'accessibilité de ces caves au public et de l'exemplarité de leur restauration. Pense-t-elle que les visiteurs sont aveugles ? Ou bien se moque-t-elle d'eux en leur présentant une telle restauration ?

Voyage au fond des caves

 

Dès l'ouverture de la porte accédant aux caves, tous les porteurs de lunettes ont vu trouble, non pas qu'ils aient bu mais la buée envahissait leurs carreaux. On a appelé cela : le test des lunettes. Vous savez quand vous passez du froid sec au chaud et humide. Tout de suite nous avons compris que la ventilation annoncée n'avait pas été installée. La situation sanitaire des caves était déjà fort critique à l'époque des travaux mais là elle était pire car tous les soupiraux ont été murés. Nous y avons relevé 82% d'hygrométrie, d'importantes traces de moisissures, un suintement excessif des pierres, un clocage des moellons de craie et leur effritement. De plus nous avons constaté que la restauration des caves n'est qu'un " bricolage " scandaleux effectué, pourtant, par une ville qui se glorifie d'être désormais classée "  ville d'art et d'histoire ". Les travaux (le terme " rustines " serait plus approprié) effectués sur les voûtes et élévations n'ont manifestement pas été réalisés par une entreprise agréée " Monuments historiques " ni été suivis par des professionnels reconnus pour leur connaissance en la matière. L'Architecte des Bâtiments de France n'a même pas été consulté. C’est tout dire ! Il est également manifeste que les voûtes de la cave du XIIIème siècle ont souffert durant les travaux. L'association avait alerté la Sachem & Béton durant l'hiver 2003-2004 suite à des rumeurs au sujet des dégâts causés par d'importantes pluies suivies d'un gel brutal lorsque leurs voûtes ont été mises à nue. On l'assura alors qu'il n'en était rien mais on lui refusa toutefois le droit de pouvoir le constater pour de prétendus motifs de sécurité.

Et quid des trois caves secondaires ? Elles devaient être également restaurées et auraient pu permettre de créer un intéressant espace voûté d'exposition ouvert sur la place Foch et sur la cave du XVème siècle. Et qu’en est-il des résultats des fouilles qui devaient être réalisées dans l'espace existant entre les caves. Etait-il vraiment vide ? Ou bien s'ouvrait-il sur d'autres caves ?

Memoria, vois-tu, ils n'ont pas changé et on ne peut toujours pas leur faire confiance. Arsène Colvert avait bien raison. Le pauvre : il doit se retourner dans sa tombe, s’il voit cela ! Nous, nous avons tenu tous nos engagements. Tandis qu’eux, non. Ne nous laissons pas leurrer par leur beau langage lors de la prochaine échéance électorale les concernant, ce sont des menteurs !

Fabienne

Pour plus d'infos : http://www.catalaunien.net/

catalaunien@gmail.com 

 


Commentaires (0) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent

• 15/01/2007 - La messe des fous à la cathédrale de Chaalons en Champaigne

 

La messe des fous

Mais… que fais-tu là ?

Tu vois bien ! Je raconte une histoire à tes enfants !

Ouais et même que ce soir, ça va être une histoire de fous qui vont à la messe et que c’est une histoire vraie qui a au moins cinq mille ans ! Bon, tu commences, Tante Mem’ ?

La dernière phrase de son fils acheva de lui couper le souffle. Urbain balbutia un inaudible " Tante Mem’ ? " de stupéfaction auquel elle répondit en lui adressant un clin d’œil malicieux.[…]

Tandis qu’Urbain et Fabienne prenaient place sur un pouf, Tante Mem’, assise au milieu du lit, un enfant de chaque côté d’elle, sortit d’un plis de sa robe un tout petit livre pas plus grand qu’une carte bancaire et guère plus épais, dont la couverture représentait une enluminure formée de la lettre C finement dorée et se superposant à une vue très ancienne de Chaalons. Lorsqu’elle l’ouvrit, des soubresauts de plus en plus importants agitèrent le livre au fur et à mesure qu’il grandissait et envahissait tout le volume de la chambre. Une colombe s’en échappa et s’envola vers le ciel avant d’aller se percher sur un des arcs-boutants d’une église proche dont le petit groupe se rapprochait.

— C’est là qu’on va devoir aller à la messe, Tante Mem’ ? Tout en regardant l’édifice, Régis commença à donner quelques signes d’inquiétude à l’idée de devoir " se taper " un office religieux. C’est drôle, je ne l’avais jamais vu, dans Chaalons, cette église-là !

C’est la cathédrale, pourtant, lui répondit-elle, devant laquelle nous allons nous rendre…

Papa ! Papa ! Regarde ce qu’ils ont encore fait le bourgmestre et sa copine Marie-Rose, s’exclama Raphaël tout interloqué. Tu vas encore te fâcher tout rouge et partir au combat contre eux quand tu vas voir qu’ils ont tout cassé le grand portail de la cathédrale !

Un franc éclat de rire accompagna cette réflexion que Tante Mem’ entreprit aussitôt de corriger. Pour une fois, Baptiste Bouc-Bigot et la Marie-Rose n’y étaient strictement pour rien, expliqua-t-elle, et personne n’avait démoli le portail baroque de la Cathédrale vu qu’il ne sera construit qu’au siècle suivant de 1628 à 1634 avec les deux dernières travées de la nef. Pour l’heure, un portail sans grand ouvrage ni relief la fermait et donnait l’impression de présenter un caractère secondaire. Une impression que venait renforcer l’importance du portail nord fermant le transept du côté de la grande rue de la ville, l’ancienne voie Agrippa, l’actuelle rue d’Em’s. " C’est par ce portail qu’au Moyen Âge l’on accueillait le roi de France lorsqu’il passait par Chaalons ", expliqua Tante Mem’. En s’approchant du portail formant saillie, Urbain regretta fort de n’avoir pas pris son appareil photo qui lui eût permis de montrer à ses amis sa splendeur. Il n’en reste hélas plus grand chose de nos jours. Martelé en 1794, son tympan représentait des scènes de la vie de Saint-Etienne sous un Christ de gloire, ses voussures des scènes de l’enfance du Christ et le gâble le jugement dernier. […] Un sifflement admiratif s’échappa de la bouche d’Urbain, qui regretta encore plus de n’avoir pas son appareil photo. " Mazette ! Elle est vraiment chouette, la belle ! ". Elle l’était effectivement, avec ses quatre-vingt mètres, cette flèche dont on achevait la construction. Toute couverte de plomb, elle était richement décorée de figures dorées, de statues et de couronnes. Un siècle et demi après son érection, la foudre s’abattit malheureusement sur elle, provoquant un immense incendie, et elle ne fut jamais reconstruite. […]

" Place ! Place, manants ! ". Devant le grand portail, on s’activait fort. La veille, on y avait dressé des tréteaux comme pour y célébrer une pièce de théâtre ou un de ces grands mystères dont le Moyen Âge fut fort friand. […] Entouré de ses officiers, les chanoines les plus qualifiés, l’évêque des fous grimpa sur l’estrade et tous s’assirent à table où ils mangèrent et burent le festin de roi qu’on leur avait préparé jusqu’à ce que, repus et pansus, quelques rots particulièrement sonores et odorants indiquèrent leur parfaite satiété.

Alors l’évêque se leva, suivi de sa maison, jeta un os à un chien qui passait par là et quelques reliefs du repas à la foule amassée. Puis, devant les fidèles rassemblés, tous se mirent à chanter les vêpres avec une précipitation inhabituelle. Sitôt qu’elles furent finies, deux chantres et le maître de musique entonnèrent un motet en battant la mesure. " Cantemus ad honorem, gloriam & laudem Sancti Stephani… "

Extrait de "L'inconnue du grand bazar" de Bruno Malthet, éditions du Petit Catalunien Illustré.

 

Pour en savoir plus : www.catalaunien.net

courriel : catalaunien@gmail.com 

tel/fax : 03 26 68 68 00


Commentaires (1) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent

• 14/01/2007 - l'entrée du Duc de Nevers à Chaalons en Champaigne le 24 août 1625

Le Duc de Nevers, gouverneur de la province de Champaigne, arrive le 24 août 1625 à Chaalons en Champaigne. Il vient présider les Etats provinciaux réunis sur l’ordre du roi. 

La fête

Lorsque nos voyageurs, auxquels s'étaient joints en route beaucoup de gens de noblesse, arrivèrent à Châlons, la ville avait déjà pris un air de fête, une animation inaccoutumée. Les préparatifs duraient depuis une quinzaine de jours. On avait fait mettre en état le château Saint-Antoine pour recevoir et loger les hommes d'armes ; prévenu les hôtelleries pour qu'elles eussent à préparer des logements et réunir en vivres les plus grandes ressources possibles. Puis on avait fait publier, selon la coutume usitée en pareille circonstance, l'ordre de nettoyer les rues, de " oster tous pourceaux, oies, canards, entant en la clôture de la ville de Chaalons, et pareillement oster tous fiens qui sont ès rues et aux coins d'icelles ". Cette prescription avait été exécutée, car la ville était d'une propreté aussi remarquable qu'exceptionnelle.

La Grande-Rue (rue de Marne jusqu'au pont de Nau), la rue du Change (idem, du pont de Nau à l'hôtel de ville) étaient pavoisées aux couleurs de Nevers et de Champagne ; il en était de même des rues de Brebis (rue d'Orfeui1), du pont Putte-Savate (Croix des teinturiers), et de la rue Saint-Nicaise 1 où le gouverneur devait descendre, puisqu'il avait accepté l'hospitalité que lui offrait le seigneur René Pothier, comte de Gesvre et de Tresme, homme de bonne noblesse, alors vidame et gouverneur de la ville pour le roi.

Le duc de Nevers, gouverneur de la province de Champagne, arriva le soir même avec bonne escorte de seigneurs, écuyers et hommes d'armes ; il fut chaudement acclamé sur son passage, et l'on sut que le lendemain devait être célébré, à dix heures, en l'église cathédrale, la messe du Saint-Esprit, à laquelle devaient assister tous les députés des villes de Champagne, tous les corps constitués, confréries et corporations.

Le sieur de Faulmont avait envoyé en avant le valet Candide en lui donnant ses instructions particulières dans le but de trouver un logis qui fut propre à ses desseins.

L'honnête Candide vint annoncer à son maître, lors de son entrée en ville, qu'il avait trouvé, rue de Vinetz, un logement spacieux et commode qui conviendrait mieux qu'un logis pris dans une hôtellerie, toujours très encombrée en pareille circonstance. On se rendit donc à l'endroit indiqué, où l'on trouva en effet, à l'extrémité de la rue de Vinetz, et en retour sur la rue aux vaches (rue Saint-Eloi), un logis convenable, meublé et garni du nécessaire, avec écurie, jardin et double entrée sur les deux rues. On s'installa donc et l'on se prépara à assister à la grande cérémonie du lendemain.

C'était le jour de la Saint-Louis ; dès le lever du soleil, qui fut splendide, toute la ville fut en mouvement. Depuis la rue Saint-Nicaise, où était situé l'hôtel du Vidamé, jusqu'à la cathédrale, les maisons étaient garnies d'étendards, d'oriflammes et de pavillons de toutes couleurs. Le sol était jonché de fleurs et de verdure, et les habitants, accourus de tous les quartiers de la ville, prenaient place pour voir passer le cortège.

Pour admirer à l'aise cet important défilé, la dame de Trosnay, sa fidèle Marguerite et le sieur de Faulmont avaient trouvé place à une fenêtre de l'Echevinage, qui était rue du Change, en face de la rue des Lombards, et lorsque Berthe entra dans la grande salle, appuyant sa main sur le bras du sieur de Faulmont, on entendit un murmure d'étonnement et d'admiration, hommage rendu à son noble maintien et à sa remarquable beauté.

Cette Grande Rue et la rue du Change, son prolongement, qui menaient de la porte de Marne à l'hôtel de ville, et qui, de tout temps fut la voie la plus commerçante, était déjà très animée. Dès neuf heures, les femmes étaient dans leurs plus beaux atours. Les unes étaient en robes de futaine rayée ou de serge historiée, d'autres plus riches étaient en jupes de taffetas de diverses couleurs, de damas à grands ramages et même de brocatelle, cette étoffe précieuse. Les coiffes, d'une blancheur de neige et de formes variées, encadraient plus d'un charmant visage.

Les commères, affairées, allaient voisiner de maison en maison ; chacune donnait son mot sur l'ordre du cortège, qu'au surplus personne ne connaissait guère.

Les jeunes filles qui n'étaient pas autorisées à sortir, à cause de la grande foule et grande presse qu'il devait y avoir inévitablement, jetaient des regards curieux aux fenêtres qui toutes étaient relevées aussi haut que possible afin de ne rien perdre de ce spectacle aussi rare que magnifique.

Les hommes, en pourpoint de droguet, de pinchinat ou de drap fin, quelquefois de velours ou de buffle, en bas chinés, en guêtres de basane, en souliers grossiers ou fins, en hautes bottes à la Ligueur, selon leur état et condition, allaient et venaient, devisaient de la fête du jour, et finalement entraient au cabaret de la Pomme-de-Pin, qui était au coin de la rue des Boucheries 2, ou à celui des Quatre-fils-Aymon, qui était plus haut, ou bien à celui de l'Ane-qui-brait, qui était en face, où l'on trouvait certain petit vin blanc venu des côtes de Cramant, qui avait la réputation d'étancher la soif et de mettre les gens en joyeuse humeur. Les gamins, les polissons sans peur, sinon sans reproches, sentant qu'ils ne verraient rien s'ils se mêlaient à la foule où ils seraient pressés et bousculés, et au milieu de laquelle ils ne pouvaient impunément jouer quelque méchant tour, s'essayaient à escalader les hauteurs pour s'y installer. Les uns prenaient place sur les auvents et autres saillies, lorsque le niveau horizontal le permettait ; d'autres montaient sur les appuis des lucarnes des étages supérieurs ; d'autres, plus hardis, montèrent jusqu'aux combles de la maison et, passant par les lucarnes dont chaque toiture était pourvue sur les flancs, se trouvèrent dans le chenal qui existait entre les pignons. Aussitôt qu'il y en eut un, il y en eut dix : l'exemple fut suivi par les maisons voisines. On échangeait des quolibets et des grimaces avec les maisons d'en face ; on gambadait entre les deux toitures ; d'aucuns, se faisant la courte échelle, cherchaient même à escalader le faîtage pour s'y cantonner.

Gaspard Coqueteau, le fils du drapier, bien connu dans le quartier pour sa turbulence, se mit à cheval sur la gargouille qui représentait un chien ouvrant la gueule ; il s'installa solidement en arrière de l'animal, tenant dans ses mains la queue du chien, qui lui était un utile soutien dans cet exercice d'équitation aérienne.

Comme il tenait à signaler sa présence sur ce point dangereux, il chercha et trouva tout de suite le moyen d'attirer l'attention. " Les voilà ! les voilà ! " s'écria le jeune Gaspard.

Ce cri, qui émotionna la foule, donna lieu à un mouvement en avant, en arrière ; on se pressa aux portes, aux fenêtres, et finalement il fut constaté que rien n'arrivait encore.

Lorsque cette fausse alerte fut calmée, Gaspard, très content du succès de sa première tentative, voulut naturellement la renouveler. Il s'écria de nouveau, en imitant le langage des baladins de la foire des Sannes :

- Voyez, Messieurs et Mesdames, voyez, bons bourgeois de la ville de Châlons, voici d'abord monseigneur le duc de Nevers, gouverneur royal de la province de Champagne, venu tout exprès pour entendre les doléances et griefs du pauvre peuple et réformer les abus. Viennent ensuite les jurandes, maîtrises et corporations. Voyez en tête messieurs les tabellions et notaires qui nous ont vendu cette maison deux mille livres de plus qu'elle ne vaut. Voyez ensuite les gardes et maîtres de l'honorable corporation des drapiers et tisserands dont nous faisons partie. Voyez encore...

Ici le jeune Gaspard fut interrompu par un débordement d'invectives sortant de la bouche de sa propre mère.

- Coquin, brigand, honte de la terre, disait la bonne commère en montrant le poing à son fils, veux-tu bien descendre tout de suite ; si tu tombais tu serais tué et nous serions bien débarrassés, mais en tombant tu peux blesser une honnête personne... Descendras-tu, monstre d'enfant ?

Le docile Gaspard ne bougea pas et fit à sa mère une grimace qui annonçait qu'il ne professait pas pour elle un respect exagéré. La foule s'amassait, on riait, on battait des mains.

Gaspard fier de son succès, se crut encouragé dans sa bravade et il continua sur le même ton.

- Vous allez voir messieurs les archers de la ville de Châlons, puis la compagnie des arquebusiers, dont fait partie mon grand frère Eloy, qui vient tous les soirs dans la maison d'en face voir sa bonne amie ; vous verrez aussi...

- Te tairas-tu ? Langue de vipère, descendras-tu ? criait la commère Coqueteau ; Ah ! quand ton père va rentrer, il te prendra mesure d'habit avec une bonne trique, satané brigand.

La foule riait toujours. Les gamins placés dans le chenal en arrière de Gaspard et sur les toitures voisines applaudissaient à outrance, on trépignait, lorsqu'une circonstance inattendue vint subitement troubler cette joie si grande et changer la nature de ce spectacle imprévu.

De la gargouille où Gaspard était placé, descendit subitement sur la foule, un filet léger, mais continu, d'un liquide jaunâtre. Le temps était d'une limpidité parfaite, ce n'était certainement pas de l'eau pluviale qui tombait, et les groupes qui furent arrosés ne se trompèrent pas sur la nature du liquide qui leur était envoyé ; alors les rires cessèrent et il s'éleva de la rue une rumeur menaçante ; mais les gamins avaient sans doute juré de braver la foule, car l'on vit immédiatement descendre de toutes les gargouilles voisines, de droite et de gauche, d'à côté, d'en face, une véritable pluie de ce liquide impur.

L'injure était patente, aussi les hommes irascibles se détachèrent-ils de divers groupes pour se diriger vers les maisons dont le sommet était si mal occupé, avec l'intention évidente d'aller infliger une correction exemplaire à ces bandes de gamins qui venaient d'outrager le public si visiblement.

Gaspard, qui commandait la manœuvre, s'aperçut du mouvement et devina de quoi il allait en retourner, et il cria à tous :" sauvez-vous ! on monte ". Lâchant la queue du chien qui lui avait prêté si utile secours pendant ses démonstrations, il quitta lestement son poste d'observation, et ce fut un sauve-qui-peut général ; tous disparurent comme une volée d'oiseaux effarouchés. On effondra les lucarnes, on se réfugia dans les greniers, on grimpa comme des chats sur les bois les plus élevés de la charpente pour y trouver une cachette ; d'autres fuyant de grenier en grenier purent s'échapper par des maisons éloignées ; si bien que, quand les bourgeois furieux arrivèrent essoufflés sur les toitures, toute la bande avait disparu.

Cette belle colère, déjà apaisée par une montée rapide, tomba tout-à-coup lorsque la foule annonça le cortège et cette fois la nouvelle était vraie.

On aperçut en effet les archers de la ville, revêtus de leur costume vert à croix blanche, précédant la tête du cortège à une grande distance pour écarter la foule et former un passage libre d'une largeur suffisante.

Quant à l'ordre du cortège, nous l'emprunterons dans tout son entier au manuscrit de M. Vassé, dont nous avons parlé dans notre premier chapitre ; la description ne saurait en être faite d'une façon plus détaillée ni plus fidèle.

" D'abord venoient quatre héraults portant les escussons de France, de Nevers, de Champaigne et de la ville. Puis quatre hommes d'armes aux couleurs de Nevers, mousquet au poing.

" Après eux venoient quatre trompettes ou buccins qui sonnoient oultre chaque vingt pas parcourus.

" Puis venoit monseigneur le duc de Nevers, beau cavalier, bien monté et fort galamment accoustré, saluant avec grâce, noblesse et civilité ceux qui acclamoient son passage. Il était ganté de blanc et sur sa main fine et élégante retomboit une dentelle de haut prix issant de son pourpoint de velours.

" Estoient à son côté monsieur le comte de Gesvre et de Tresme, vidame et gouverneur de la ville pour le roy, et aussi le seigneur de Pinteville de Cernon, mareschal héréditaire de la comté pairie de Chaalons.

" Après eux venoient le sire de Conflans et les chastelains de Baye et de Fagnières.

" Ensuite étoient les députés de toutes les villes de Champaigne, au nombre desquels il y avoit bonne noblesse, gent de robe et de finance au maintien grave et de bonne mine.

" Après eux venoient messieurs les dignitaires du bailliage présidial, les Eschevins, les Prévôts de la maréchaussée, les Trésoriers et tous les gentilhommes de la suite de monsieur de Nevers ;

" Tous ces seigneurs et dignitaires étoient suivis et escortez par la compagnie d’Arquebusiers, ayant en tête son capitaine le chevalier Pierre de Bar, homme de bravoure et bon renom. Au centre était placé leur drapeau vert et blanc, avec cette devise : " ne m'oubliez mie ".

" Après venoient les corporations des divers métiers, escortez par la milice de la ville. C'était d'abord celle des selliers, peintres, verriers, aumussiers, fourbisseurs, chapeliers, bourreliers et brodeurs, marchant en bon ordre et fiers de leur premier rang.

" Puis après, celle des orfebvres, serruriers, armuriers, mareschaux taillandiers et mareschaux grossiers, aiguilleurs, cloustiers, quincailliers et potiers d'étain, tous gens aux mains rudes et de bonne défense au besoing.

" Celle des parmentiers et cousturiers, fripiers, pelletiers, boursiers et gantiers, menus gens ne faisant gros gain ni grosse dépense.

" Celle des corroyeurs et tanneurs, peaussiers et cordonniers, brelandiers et carreleurs, compagnon de Saint-Crépin, qui s'intitulent réparateurs de la chaussure humaine et ont juré de ne travailler jamais le lundi.

" Puis celle des tonneliers et marchands de vins, bonne bande qui sait frauder les droits et licences mieux que pas un, et qui s'entend bien aussi à tromper sur qualité et quantité de ce qu'ils vendent, et par ainsy font grand profict.

" Venoient ensuite messieurs les tabellions et notaires, procureurs et avocats ; les premiers, amis de la bonne chère ayant joyeulse figure ; les seconds, maigres et deffaits par avarice, ruse et astuce cachées ; les troisièmes dodelinant la tête et gesticulant comme estant en la chambre des audiences civiles et criminelles et ruminant de mauvais propos auxquels oncques ne fut compris un mot.

" Puis encore celle des apothicaires, tous gens portant lunettes, espiciers et aromateurs, très gentille bande avec enseigne de fin taffetas écartelé de jaune et la croix blanche et tenant joyeulse faconde.

" Celle des maçons, charpentiers, menuisiers et recouvreurs, gens solides, au bras fort et au cœur dévoué pour le bien public.

" Celle des libraires et imprimeurs, qui ne sont guères, avec leurs bannières d'azur et deux fleurs de lys d'or et un livre ouvert au milieu.

" Puis celle des vinaigriers et moustardiers avec leur bannière de taffetas jaune, sus laquelle est peinte un pot censément à moutarde, mais si mal peint que l'on croirait ce pot devoir servir à tout autre usage que ne veulx désigner, et soulz lequel pot est cette devise : " Plenus semper. Toujours plein ".

" Puis enfin celle des tisserands, cardeurs, peigneurs, fileurs, teinturiers et marchands drapiers, la bande par excellence et la dernière. "

Lorsque la tête du cortège fut arrivée aux porte de la cathédrale, le duc gouverneur mit pied à terre, en quoi il fut imité par toute sa suite. Le chapitre, qui s'était porté au-devant de lui sous le porche, le complimenta et l'invita à entrer. Le cortège entra donc dans l'église ; le duc fut conduit à la place d'honneur, chacun prit place selon son rang d'après l'ordre des préséances alors en usage. Les arquebusiers, les hommes d'armes, les archers, la milice et les corporations se placèrent dans la grande nef, et le peuple trouva à se placer à peu près dans les bas-côtés. L'église était comble ; c'était un coup d’œil digne des grandes époques ; une cérémonie imposante.

La messe fut entendue avec recueillement, puis le cortège se remit en marche dans le même ordre, aux acclamations de la foule. Au retour, le gouverneur s'arrêta à l'hôtel de ville, où entrèrent également les députés, qui furent présentés individuellement, et dont la liste fut dressée sur-le-champ, pour servir aux séances qui devaient avoir lieu à partir du lendemain.

Les corps constitués, les confréries furent congédiées, et celles-ci reconduisirent leurs bannières et étendards aux domiciles de leurs gardes. Le soir venu, il y eut des réjouissances publiques, détonations d'artillerie et illuminations. Il y eut également réception à l'hôtel du vidamé, où furent invités le sieur de Faulmont et la dame de Trosnay, qui fut fort entourée. Elle y prit grand plaisir, car le spectacle du monde élégant était tout nouveau pour elle.

C'était donc fête pour tout le monde, excepté pour le jeune Gaspard Coqueteau, car lorsque son père, qui appartenait à la corporation des drapiers, fut rentré, il reçut, comme sa mère le lui avait promis, une correction exemplaire, et fut enfermé dans sa chambre jusqu'au lendemain. Nous devons ajouter qu'au moment du passage du cortège, un gentilhomme de distinction stationna quelques instants à l'angle de la rue des Lombards, en face de la fenêtre de l'Echevinage où était la dame de Trosnay ; elle le reconnut et lui fit un signe imperceptible de remerciement. C'était le fidèle écuyer Hugues de Braille, qui venait lui annoncer par sa présence, qu'il était toujours prêt à la protéger et à la défendre au besoin.

Chapitre IV extrait de " La Dame de Trosnay ", du recueil de nouvelles " Les chausses de Jehan de Soudron" de Louis Grignon, Editions du Petit Catalaunien Illustré

16 rue Binet 51000 Châlons-en-Champagne

tel : 03 26 68 68 00

courriel : catalaunien@gmail.com 

 

Pour plus d'info : http://www.catalaunien.net/

Notes de l’éditeur :

1 actuellement rue Pasteur

2. actuellement rue Herbillon

 


Commentaires (1) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent

• 13/01/2007 - Chaalons en Champaigne en 1625

Châlons en 1625

Comme aspect extérieur, Châlons, en 1625, ne ressemblait guère à la ville actuelle. De tous les monuments de l'époque, il reste à peu près que les églises principales, et comme souvenir de la ville fortifiée, il ne restait plus qu'une partie des fossés qui entouraient la ville, deux bastions en ruines et un pont à tourelle ; tout le reste a disparu.

L'enceinte de murailles flanquées de tours, les portes-forteresses, les buttes, ou cavaliers, situées en arrière des murailles et se rattachant entre elles par des courtines pour former comme une seconde enceinte, les ouvrages avancés de fortification extérieurs, le château Saint-Antoine1 , le château du Marché2 , le château Mauvillain3 , tout cela est démoli. Les églises secondaires de Saint-Sulpice4, de la Trinité 5, de Saint Germain6, de Saint-Nicolas7, de Saint-Antoine8, de Saint-Nicaise9, de Sainte-Catherine10, de Saint-Eloi11, de Sainte Marguerite12', sont démolies13.

Les abbayes des Cordeliers14, de Toussaint15 , de Saint-Pierre16 , des Ursulines17 , des Augustins18 , des Jacobins 19, des Dames régentes20 sont démolies.

Les monuments d'ordre civil, l'Echevinage21, l'hôtel de l'Ecu22, l'hôtel du Vidamé23 et l'ancien hôtel de ville24, ce monument sans doute trop exigu pour les usages auxquels il était destiné, mais d'une admirable architecture, et qui a si peu vécu, tout cela est démoli ou transformé d'une façon méconnaissable ; il n'en reste plus traces et si nos cinq églises n'ont pas subi le sort commun, on les a du moins mutilées autant qu'on a pu, et d'une façon irréparable. Nous sommes dans le siècle de démolition. Avec les révolutions, le goût du jour et l'alignement, ces trois ennemis des belles choses, il ne restera bientôt plus rien du passé. Si nos géomètres modernes le pouvaient, ils démoliraient notre globe qui est rond (une forme qui leur déplaît) et ils le reconstruiraient en carré, de façon à planter au milieu leur équerre victorieuse, et abaisser sur les côtés un nombre infini de perpendiculaires. Ils perpendiculariseraient le monde, car, à leurs yeux, rien n'est aussi admirable que la ligne droite, l'angle rectangle est pour eux l'emblème de la perfection, le véritable type du beau. Cependant, l'ancien périmètre de la ville étant resté le même, et la plupart des rues ayant conservé leur direction première, on peut encore, dans le Châlons nouveau, reconnaître la ville de 1625, surtout si l'on y est aidé par l'excellent ouvrage de M. Barbat, dont le texte et les plans sont d'une clarté qui ne permet aucune confusion.

Si nous supposons que tous ces monuments détruits sont encore debout à la place qu'ils occupaient, nous aurions une idée, sans doute, incomplète, d'un ensemble aujourd'hui disparu, mais enfin un aperçu à peu près exact de la ville en 1625, aspect dont il serait difficile de retracer le mouvement et l'élégance.

Pour entrer dans le faubourg Saint-Sulpice (aujourd'hui faubourg de la Marne) 25, il fallait passer le pont Rupé26 , posé sur un bras de la Marne qui a été déplacé depuis, et qui coule aujourd'hui sous le grand pont qui n'existait pas alors. On franchissait ensuite l'estacade des moulins de l'Evêque27 et l'on arrivait à la porte de Marne, qui se composait d'un corps-de-logis crénelé avec passage voûté, flanqué de deux tourelles, le tout se rattachant aux murs d'enceinte ; puis on entrait dans la ville. C'est alors que l'on apercevait les maisons en bois, si pittoresques, à pignon sur rue, dont chaque étage surplombait l'étage inférieur ; aux gracieuses fenêtres ogivales, aux couvents élégants, aux saillies capricieuses, aux toitures aiguës. De la base des toitures anguleuses et élevées s'élançaient audacieusement au-dessus de la rue des gargouilles hardies, en plomb, en bois ou en pierre, auxquelles un artiste local avait donné une forme originale et fantaisiste ; tantôt c'était une chimère effrayante, tantôt un griffon fantastique, un poisson phénoménal, quelques fois un pourceau qui versait, par une gueule largement ouverte, son eau pluviale sur le passant. Ailleurs, l'artiste, inspiré par la verve gauloise de l'époque, avait imaginé de retourner son animal bout pour bout, pour lui faire déverser l'eau par un autre orifice. En temps de pluie, l'eau tombait avec fracas du haut des toitures sur le pavé ; par les pluies abondantes, de chaque gargouille descendait l'équivalent d'un fleuve, une véritable cataracte.

Chaque maison était une création originale qui n'avait rien de commun avec sa voisine, ni les hauteurs d'étages, ni celles des combles. Aucune similitude, aucune symétrie dans les ouvertures, rien de semblable non plus dans les détails extérieurs. Tantôt les bois apparents qui représentaient à l’œil de gigantesques diagonales restaient nus, tandis qu'ailleurs ils étaient peints en brun ou en noir, et quelquefois revêtus de sculptures artistiquement fouillées, notamment les poteaux d'angles, les seuils et entretoises principales.

A l'extérieur de quelques maisons, le vide triangulaire du pignon était déguisé par un immense lambrequin formant un dessin quelconque, recouvert d'ardoises. En face, on avait jugé à propos de recouvrir toute la façade extérieure de lamelles de bois clouées, qui lui faisaient comme une carapace. Enfin, une autre maison, sous l'influence d'un tassement imprévu ou du travail naturel des bois employés, avançait sur la rue un énorme ventre, ressemblant ainsi à une immense matrone assise, ne pouvant plus promener son embonpoint. Tout cela était gai, joyeux, pimpant. Rien de correct, d'arrêté, de symétrique : c'était le caprice, la fantaisie, l'art libre dans toute son expansion. Ces surplombs de divers étages, ces auvents, ces toitures accessoires qui surmontaient chaque fenêtre, ces gargouilles ne formaient pas les seuls empiétements tolérés, les maisons elles-mêmes s'étaient, lors de leur construction ou de leur réparation, avancées ou reculées, selon les besoins des propriétaires ; à un pied près, on ne regardait pas à l'alignement, qui n'avait rien de rigoureux. Il n'y avait à cet égard qu'une obligation fort élastique qui pouvait être éludée en payant une minime redevance. De cette liberté naissaient naturellement des saillies, des enfoncements, des courbes capricieuses dans la direction générale des rues, ce qui procurait à l'étranger visiteur, au curieux, à l'artiste, un coup-d’œil incessamment varié.

Chapitre 3 extrait de " La Dame de Trosnay ", du recueil de nouvelles " Les chausses de Jehan de Soudron " de Louis Grignon (1830-1891), Editions du Petit Catalaunien Illustré, 18€ (port compris) 

16 rue Binet 51000 Châlons-en-Champagne

tel/fax : 03 26 68 68 00

courriel : catalaunien@gmail.com 

Pour plus d'info : www.catalaunien.net

Notes de l’éditeur :

1. construit sur le pont des Mariniers

2. également dénommé château des Archers, il enjambe toujours le Nau au Petit Jard

3. il en subsiste l'arche qui enjambe le Mau boulevard Vaubécourt

4. située entre les 2 ponts, à l'emplacement actuel du collège Duruy et de la tour Europe détruite en 1840

5. située au pied de la Tour Nord de la Cathédrale, à l'angle des rues Vialard et de la Trinité, vendue et démolie en 1793

6. située à l'emplacement de la place Foch, détruite en 1772

7. détruite en 1774 pour construire un séminaire qui deviendra l'Ecole des Arts et Métiers

8. située à l'extrémité de l'actuelle rue du Lycée, démolie sous la Révolution

9. située à l'extrémité de la rue Pasteur, démolie sous la Révolution

10. située à l'angle de la rue Carnot et du boulevard Vaubécourt, à l'emplacement de la ruelle Sainte Catherine, chapelle détruite au XIXe.

11. située rue Carnot, face à la rue de Jessaint, vendue et démolie sous la Révolution.

12. située à l'angle de la rue Sainte-Marguerite et de la rue Carnot, vendue et démolie sous la Révolution.

13. dans sa Topographie Historique de la Ville de Châlons sur Marne, Grignon précise que " les paroissiens peu nombreux déclaraient ne pouvoir supporter la dépense de la mise en état de leur église qui tombait en ruines " (p 23). Plusieurs églises avaient été créées sans nécessité, comme Sainte-Catherine qui ne comptait que 15 ménages en 1788.

14. rue des Cordeliers. En subsiste la porte principale, au n° 13, et les orgues, déménagées et réinstallées dans l'église de Juvigny

15. face au cimetière de l'Ouest, l'abbaye de Toussaint-Dehors fut démolie à l'approche de Charles-Quint (cf la nouvelle de Louis Grignon " La Tour Maudite "). Reconstruite dans l'enceinte de la ville, il n'en subsiste qu'une aile qui abrite l'IUFM, l'ancienne Ecole Normale de Filles, place des Arts

16. à l'emplacement de l'actuelle cité administrative Tirlet, démolie au XVIIIe. Elle eut comme abbés illustres Richelieu et Mazarin

17. couvent situé à l'emplacement de la place des Ursulines, détruit pendant la Révolution

18. couvent vendu et en partie détruit pendant la Révolution. Il en reste une fenêtre en arc brisé dans le pignon Nord d'une maison sise au 30 de la rue de Chastillon, et deux maisons Cours d'Ormesson

19. à l'emplacement de l'École Nationale des Arts et Métiers. Démoli pendant la Révolution, il abrita le Parlement de Paris à différentes reprises pendant les guerres de Religion

20. créé au XVIIe, supprimé en 1789, il sert de caserne en 1793 et est réuni à l'École des Arts et Métiers en 1806

21. situé rue de Marne, face à la rue des Lombards

22. 68 rue Léon Bourgeois

23. partiellement conservé et utilisé pour le Musée Garinet

24. de style renaissance, démoli en 1772 pour construire l'actuel Hôtel de Ville

25. actuellement entre les deux ponts

26. à l'extrémité de la rue Jules Lobet

27. les moulins de l'évêque se trouvaient sur l'ancien cours de la Marne, près de l'hémicycle actuel, à droite en sortant de la ville


Commentaires (0) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent

Qui suis-je ?

Présentation de la Catalaunie : histoire, patrimoine, environnement. Discussion autour de l'actualité catalaunienne.

«  Novembre 2017  »
LunMarMerJeuVenSamDim
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
27282930 

Derniers articles

Conte d'apothicaire
Une truie au gibet
Dictionnaire des Châlonnais célèbres, illustres et mémorables
Les fillettes du prévôt
Histoires chaalonnaises drolatiques ou dramatiques
Une autres histoire de la fille sauvage
Le savetier et la pucelle
Histoires chaalonnaise drolatiques ou dramatiques
un nouveau roman de Bruno Malthet : Les mémoires de Baptiste Bouc-Bigot
99 moutons et un champenois... à la foire de Châlons
Histoire de la foire de Châlons-en-Champagne
Le Capitole en Champagne : les dessous d'un scandale
Trois résistants des temps modernes
Saute paillasse !
Les crues de la Marne
L'oppidum de La Cheppe et les Champs catalauniques
La guerre oubliée
Jean-Pierre Ravaux : le meilleur des Catalauni
Bulles champenoises radioactives
La destruction du château de Coolus
La guerre des pigeons
Châlons, capitale du front
1908-2008 : la religion et l'Etat, un débat et un combat toujours d'actualité
L'extraordinaire Monsieur Oehmichen
recette flan catalaunien au potiron
Solidarité et Paix
Bernard de Clairvaux prêche la Croisade à Chaalons
Juliette Récamier, exilée à Châlons
Marie-Angélique : l'enfant sauvage
Les Jards ont perdu le nord

Menu

Accueil
Qui suis-je ?
Album photos
Archives
Mes amis
Ecrivez-moi
Flux RSS

Liens amis

Petit Catalaunien Illustré
Nouvelle Catalaunie
culture blog
Dominique Brisson

Rubriques

à propos de l inconnue du grand bazar
actualité
voyages en Catalaunie

Mes amis



Page 2 sur 2
Page précédente | Page suivante