La Catalaunie dans tous ses états
• 2/12/2007 - recette flan catalaunien au potiron
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Recette
Flan catalaunien au potiron
Ingrédients :
- 1kg de potiron
- 150g de sucre de canne
- ½ verre de lait
- 2 œufs
- 1 cuillère à soupe bien pleine de farine
- vanille
- caramel
Préparation
Couper le potiron en tranches et les éplucher.
Couper les tranches en morceaux et les faire cuire dans de l’eau sans sel ni sucre. Egoutter.
Dans une jatte, battre les œufs et le sucre, ajouter le lait, la farine et la vanille. Battre le tout.
Bien mélanger l’appareil avec les morceaux de potiron.
Verser le tout dans un moule à soufflé préalablement caramélisé.
Cuire à feu doux une heure et demie.
Laisser refroidir et mettre au frais.
Démouler très froid.
Bon appétit
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• 12/09/2007 - Solidarité et Paix
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Léon Bourgeois, doctrinaire de la Solidarité et Apôtre de la Paix
Parisien, châlonnais d'adoption, Léon Bourgeois reste une des grandes figures politiques de la croisée des XIXème et Même siècles. A l'heure de franchir le carrefour des millénaires, les idées de ce génial avocat, prix Nobel de la Paix, sont toujours d'actualité. En cette fin de siècle, elles ne sont, hélas, toujours pas complètement entrées dans nos mentalités et suscitent encore des controverses. Son rêve est pourtant simple : la solidarité et la paix dans le monde.
Léon Bourgeois, fils d’horloger, naît à Paris le 29 Mars 1851 dans une famille de condition modeste. Brillant dans ses études de Droit, il les interrompt un instant pour s'engager lors de la guerre de 1870. Un de ses biographes et contemporains, Maurice Hamburger, nous le montre curieux, enthousiaste mais réfléchi, conciliateur, charmant, d'une grande éloquence et énergie intellectuelle. Ses passe-temps favoris sont la lecture d'Auguste Comte et Stuart Mill, l'étude du sanscrit et la sculpture. Il épouse une marnaise, Mademoiselle Sellier, fille d'un important propriétaire agricole et viticole qui lui donne deux enfants.
Le politique
Sorti Docteur en Droit de la faculté de Paris, ce brillant avocat quitte vite le prétoire pour la tribune politique. Secrétaire Général du département de la Marne en 1877, il est nommé sous-préfet de Reims à 29 ans puis préfet du Tarn en 1882. Rappelé à Paris pour occuper le poste de Secrétaire Général de la Seine, il est promu préfet de Haute-Garonne en 1885, puis retourne à Paris au ministère de l'Intérieur avant d'occuper le poste de Préfet de Police en 1887. En 1888, il revient dans la Marne à l'appel de ses nombreux amis champenois. Là, il est élu député de la Marne contre le Général Boulanger. Lorsque le scrutin d'arrondissement est rétabli en 1889 pour éviter de voir se renouveler les élections plébiscitaires qui avaient servi Boulanger, Léon Bourgeois devient député de Châlons, puis sénateur de la Marne pendant 37 ans, sans interruption, jusqu'à sa mort. L'ascension politique de ce radical-socialiste est irrésistible et rapide. Elle le verra siéger dans de nombreux conseils du gouvernement à partir de 1888. Douze fois ministre (garde des sceaux, intérieur, affaires étrangères, instruction civique, travail...), il préside le Conseil des Ministres de Novembre 1895 à Avril 1896, la Chambre des Députés de 1902 à 1904 et, ce qui fait de lui le 2ème personnage de l'État, le Sénat de 1920 à 1923. S'il n'est pas devenu Président de la République comme le souhaitent de nombreux français à l'époque, c'est qu'atteint d'une affection aux yeux, il craint la cécité. Son œuvre politique repose sur deux concepts. L'un, la Solidarité, est basé sur l'individu et la société, l'autre, la Paix, est lié aux Nations. Mais dans son esprit, les deux interfèrent car, écrira-t-il, "c'est la solidarité que les hommes doivent d’abord reconnaître et instaurer pour pouvoir dans la justice, jouir enfin de la liberté. "
Le Principe de Solidarité
Contre l'esprit de servitude et d'égoïsme, Léon Bourgeois pense qu'il faut former l'individu, l'éveiller à la vie sociale, à la démocratie, lui faire prendre conscience de ses droits et devoirs envers lui-même et les autres. Pour atteindre ce but, il prône la création d'institutions mutuelles (la Sécurité Sociale n'existe pas encore), supportées par tous et ouvertes à tous : maladies, accidents, chômage, vieillesse, enseignement. Il s'occupe aussi de l'éducation des enfants anormaux, de la réduction du temps de travail (loi des 10 heures), du chômage, des problèmes d'insalubrité des logements et d'hygiène. Il crée en 1910 le premier dispensaire antituberculeux à l'hôpital Laënnec de Paris. La tuberculose fait des ravages à cette époque : sa fille et sa femme en mourront. Léon Bourgeois pense qu'en matière de santé il vaut mieux prévoir, éviter que combattre le mal. Et il préfère la prévoyance sociale à l'assistance.
Léon Bourgeois encourage aussi les coopérateurs car il voit dans ce type d'économie, qui répartit équitablement les profits et les charges, la réconciliation du capital et du travail. C'est pour lui l'idéal de la démocratie française. Il est aussi l'artisan de la loi qui institue l'Office National des Pupilles de la Nation après de la 1ère guerre mondiale. En 1902 il publie un " Essai d'une Philosophie de la Solidarité". Cet ouvrage en fait un des théoriciens du radicalisme.
L'organisation de la paix
Léon Bourgeois est chef de la délégation française à la première Conférence Internationale de la Paix de La Haye en 1899 qui a pour but de maintenir la paix générale et de réduire les armements excessifs. Elu président de la commission d'arbitrage, il propose, conformément à son idéal, de régler les rapports entre nations par la justice qui serait rendue par un tribunal au sein d'une institution internationale. Mais la délégation allemande s’y oppose. Il en restera une cour permanente d'arbitrage, un jalon planté sur la route de la paix, malheureusement plus utilisée par les particuliers que par les gouvernements. Malgré la conjoncture, Léon Bourgeois ne désespère pas et récidive lors de la 2ème conférence de La Haye en 1907. Il publie en 1910 "Pour un projet de la Société des Nations". Il vient d'inventer et de nommer l'institution qu'il verra naître et aussi bafouée. En 1917, il est nommé président de la commission qui établit un projet français de la Société des Nations et prend part, avec le Président américain Wilson, aux travaux pour l'édification du pacte de la SDN. Elu en 1919 membre de l'Académie des Sciences Morales et Politiques, il préside en 1920 la première réunion à Genève du Conseil de la SDN : les représentants des 47 nations lui expriment alors admiration et reconnaissance. Et il reçoit, le 11 Décembre 1920, en pleine assemblée de Genève et sous une ovation interminable, le prix Nobel de la Paix.
la Paix par la Solidarité des Peuples
Léon Bourgeois siège à la SDN et essaie de faire admettre ses idées sur la Solidarité des Nations, la Paix par le Droit et la sécurité collective par la constitution d'une armée internationale. A la lutte pour la vie, il propose une alternative : l'union pour la vie. Cet idéaliste humaniste s'éteint le 29 Septembre 1925 à l'âge de 74 ans. Selon son vœu, ses cendres sont inhumées en terre champenoise en plein vignoble au "château d'Oger", propriété de ses beaux parents. Son fils, le Dr Bourgeois les transfère en 1933 au cimetière de l'Ouest à Châlons dans le caveau familial. La même année, la SDN, la République, le Département et les municipalités de la Marne lui rendent hommage en élevant un monument à sa mémoire rue Juliette Récamier à Châlons. Réalisé par son ami Maillon, deux femmes y symbolisent l'œuvre de sa vie : la solidarité et la SDN qu'une inscription résume : " la Paix par la Solidarité des Peuples ".
Ne le cherchez pas : sacrilège criminel contre la Paix, cet ensemble de bronze a été fondu en canon pendant la deuxième guerre mondiale et son socle de pierre est tombé en pleine guerre froide lors d’un réaménagement du parking.
Aujourd’hui, Châlons conserve comme seuls souvenirs de ce Grand Homme une rue, un buste érigé devant les archives départementales, son importante bibliothèque personnelle emmagasinée dans les greniers de la Bibliothèque municipale et trois sculptures de Rodin offertes au musée municipal par son fils, le Dr Georges Bourgeois. Elles représentent la Beauté (bronze), La tête de Saint Jean- Baptiste sur un plat (marbre) et l’Eveil de l’Humanité (bronze).
Article paru dans le Petit Catalaunien Illustré N° hiver 1992-1993.
éditions du Petit Catalaunien Illustré
16 rue Binet 51000 Châlons-en-Champagne
tel/fax : 03 26 68 68 00
courriel : catalaunien@club-internet.fr Pour plus d'info : http://www.catalaunien.fr
Vient de paraître :
Léon Bourgeois : du solidarisme à la société des Nations.
Avant de se dissoudre, l’association pour la Recherche sur la Paix et la Guerre, l’ARPEGE, a consacré une journée d’études à un homme de paix, à une des figures les plus méconnues du XXème siècle, Léon Bourgeois, un des rares Français prix Nobel de la Paix. Cette journée d’études fit appel à des spécialistes dont les contributions sont publiés dans ces actes et portent sur Léon Bourgeois et le solidarisme, sa relation à l’élu local, le militant de la Paix, les origines en France de la SDN, la SDN, la Séparation des Eglises et de l’Etat, le Prix Nobel de la Paix, le sculpteur et ami des arts et, pour conclure, une biographie sommaire.
2007, Editions Dominique Guéniot, 156 pages, 20 €
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• 1/06/2007 - Un Châlonnais célèbre : Pierre Dac
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Pierre Dac : le roi de l'absurde naît à Shalom
Timide, pudique, ce petit bonhomme d'un maître 63, ne se sentait bien que dans l'absurde. Infatigablement, il a plongé des générations de Français dans la loufoquerie et les a noyées dans sa verve aussi bien dans les bons moments que dans les années difficiles.
"J'ai vu le jour dans la nuit du 15 Août de l'année de ma naissance à Châlons-sur-Marne (36 850 habitants approximativement, à 160 km de Paris exactement), non loin du camp militaire de Mourmelon-le-Grand. Près de là, fut battu Attila, en 451, dans les champs catalauniques, par Aétius, Mérovée et Théodorie réunis, poil au Président des Etats Unis". (Pierre Dac).
André lsaac, alsacien d'origine, est né à "Shalom sur Marne" (Châlons) le 15 Août 1893, à 11h, au 70 rue de la Marne. Trois ans plus tard, sa famille déménage à Paris. Le père, Salomon Isaac, ouvre une boucherie à la Villette. Mais chaque été, le petit André revient à Châlons chez ses grands-parents. D'un tempérament ludique, comme son père, dont l'humour l'enchante, il se fait rapidement remarquer à l'école par ses plaisanteries. Pour avoir supendu un hareng saur sur l'habit de son maître de mathématiques, il est renvoyé du lycée Colbert. Bien que bon élève en français il est si timide qu'il ne peut réciter ses leçons. Sans diplôme et sans avenir, il fait des petits boulots. Mais un soir, entrant dans un cabaret de la rue Pigalle où se produisent des chansonniers, il a la révélation du métier qu'il veut exercer : "combattre par l'humour et la dérision les grands drames de l'existence" (1).
La lère guerre mondiale le retrouve au front. Là, il fait de son mieux pour divertir ses compagnons avec des caricatures, des poèmes et des chansons comiques. Il compose "les cheveux de la victoire", dans laquelle il se moque d'un gradé ce qui lui vaut 60 jours de prison. Après sa démobilisation, il exerce tous les métiers : garçon de course, vendeur de savonnette à la sauvette, représentant, homme sandwich, chauffeur de taxi... Enfin en 1923 il trouve, par hasard, un pygmalion en la personne de Toziny qui le baptise "Pierre Dac" et le fait monter sur la scène de son cabaret "La vache enragée". C’est un triomphe ! Et pendant 10 ans Pierre Dac va passer sa vie sur les scènes de cabarets et de music-halls, Il pousse la chansonnette avec Raymond Souplez, Gabriello et Roméo Carlés. Il anime aussi une course au trésor sur les ondes du Poste Parisien : il demande qu'on lui apporte des objets aussi loufoques qu'imaginaires : une lentille cuite, une dragée blanche entourée de 10 km de ruban noir... Cette course délirante est un énorme succès.
Ce bavard répète à 1’envi que "parler pour ne rien dire ou ne rien dire pour parler, sont les deux principes majeurs de tous ceux qui feraient mieux de la fermer avant de l'ouvrir". Cela ne l’empêchera pas de clamer des vérités à son entourage telle que "celui qui dans la vie est parti de zéro pour n'arriver à rien, n'a de merci à dire à personne". Cet ingénieux inventeur du Schmilblick, l’objet qui sert à tout et à rien, délire sur les ondes. Il va souler les auditeurs d’une ronde folle de mots qui se mordent la queue, enfilés à un rythme effréné, qui ne laissent pas le temps à l’esprit de respirer.
En 1938 Pierre Dac crée un journal : L'Os à moelle dont les petites annonces font fureur. Emanation de la SDL, la société des Loufoques, créée sur les ondes, ce journal est à la mode chez les jeunes. Des Clubs de loufoques se créent partout. Pierre Dac compose même un ministère loufoque dans lequel, modeste, il ne s'octroie qu'un petit porte-monnaie. Le journal et l'émission de radio font fureur. Soutien moral des troupes françaises, l'Os à moelle se saborde en 1940. Recherché par la Gestapo, il s'enfuit avec sa compagne, la comédienne Dinah, et trouve refuge à Toulouse. Il y monte un spectacle et part en tournée dans la zone libre. Mais son obsession est de rejoindre le Général de Gaulle en Angleterre. Et plusieurs tentatives lui valent de goûter aux geôles françaises et espagnoles. Pierre Dac se retrouve enfin à Londres, en Octobre 1943. Il intègre l'équipe radiophonique de la fameuse émission de la BBC, des "Français parlent aux français". Mettant les rieurs du côté des Alliés, son retour sur les ondes fait sensation en France. Les français reconnaissent cette voix si caractéristique : monocorde, grave et imperturbable et son humour. Il lance sur les ondes son célèbre couplet : " Radio Paris ment, Radio Paris ment, Radio Paris est allemand ", sur l'air de la cucaracha. Il fustige l'occupant allemand et ses serviteurs et ridiculise la propagande des " nazillards " dont Philippe Henriot, secrétaire d'Etat à l'Information du gouvernement de Vichy. Les anglais le surnomment " the king of lunatics ". Pierre Dac réunit ses souvenirs anglais dans un livre : "Un français libre à Londres en guerre". On y trouve une foule d'anecdotes concernant les français de Londres : Maurice Schumann, le colonel Rémy, Jean Nohain... et le Général de Gaulle.
Son retour à Paris est difficile. A plus de 50 ans, il doit recommencer à zéro. Après une rentrée triomphale à l'ABC, sa vie professionnelle connaît des hauts et des bas. Le N°1 de l'Os libre, son nouveau journal, paraît le 11 Octobre 1945, avec comme slogan : " pour tout ce qui est contre, contre tout ce qui est pour ". Mais l'esprit de l'Os n'est plus le même et n'attire plus les lecteurs. Il doit suspendre sa diffusion. Après un passage à vide, marqué par les horreurs de la guerre, il remet en question son humour " sans fiel, sans méchanceté, sans parti pris politique ". Il refait de la radio avec son compère Francis Blanche et c'est le succès des 1034 épisodes de " Signé Furax ". Il écrit les " Dialogues en forme de tringle ", " Pédicures des âmes " que son éditeur présente au Goncourt sans succès, " le gruyère qui tue ", " Le boudin sacré ", ses " Pensées "... Perfectionniste, il reprend régulièrement ses sketches, poèmes et pensées pour les peaufiner avec la rigueur et l'amour d'un orfèvre. Mais sous son masque loufoque, ce petit bonhomme est un clown triste. Dépressif, il fait plusieurs tentatives de suicide. Il est sauvé par sa femme, Dinah, qu'il a épousée en secondes noces, à son retour de Londres, et par l'attachement de ses amis. Il finit par guérir et reprend le fil de son délire verbal. L'Os à moelle ressort et achève sa carrière en 1965. Cet " enfant romantique que la vie émerveille ", comme il aime à se définir, est d'une verve infatigable et multiplie ses activités. Sur pression Elyséenne il renonce à se présenter comme candidat de l'absurde à la Présidence de la République. Il se rend à l'invitation de diverses écoles dont Polytechnique où il donne une conférence sur le " Biglotron " qui ne servant à rien, peut donc servir à tout. Il crée un mouvement littéraire : le surrénalisme et soutient une thèse sur " le slip à pont-levis depuis Henri III jusqu'à vendredi prochain ". A 70 ans et plus il joue des pièces de théâtre et tient des rôles dans des films, écrit des scenari, fait du cabaret. Cependant, un certain 9 Février 1975, à 82 ans, la tête pleine de projets, la célèbre face lunaire, avec son éternelle cigarette collée au coin des lèvres, s'éteint.
Pierre Dac n'aura survécu que 8 mois à Francis Blanche, son complice dans l'absurde. Et lors de l'enterrement du petit homme, le " maître soixante-trois ", Fernand Rauzéna, " son compagnon de galène ", qui ne peut croire à sa disparition, dit: " ... il ne peut nous avoir fait ça ! Je suis sûr qu'il va surgir comme un diable de cette boite ! "
(1) Extrait du livre de Jacques Pessis : ''Pierre Dac, mon maître soixante-trois"
aux éditions François Bourin.
Le Schmilblick
"C'est dans la nuit de 21 Novembre au 18 Juillet de la même année que les frères Fauderche ont jeté les bases de cet extraordinaire appareil dont la conception révolutionnaire bouleverse de fond en comble toutes les lois communément admises tant dans le domaine de la physique thermonucléaire que dans celui de la gynécologie dans l'espace... Le Schmilblick des frères Fauderche est rigoureusement intégral, en ce sens qu'il peut à la fois servir de Schmilblick d'intérieur, grâce à la taille réduite de ses gorgomoches, et de Schmilblick de campagne grâce à sa mostoblase et à ses deux glotosifres qui lui permettent d'urnapouiller les istioplocks même par les plus basses températures..." Pierre Dac
Extrait du Petit Catalaunien Illustré N°3
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• 31/05/2007 - Histoires de Catalaunie
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Histoires de Catalaunie
de Roger Canard
Avec ses Histoires de Catalaunie, Roger Canard nous fait revivre l’histoire bimillénaire de Châlons-en-Champagne. Il captive ses lecteurs d’un bout à l’autre. Il les invite à le suivre depuis ce petit matin de la fin du IIIème siècle où il fait revivre le circitor Furius Antoninus, dont la stèle funéraire est exposée au Musée municipal de Châlons, défendant l’antique Catalaunum des invasions barbares. Il les maintient en haleine jusqu’à cette fin de XXème siècle où il ouvre, pour en percer le mystère, une bien étrange fenêtre donnant sur la rue Léon Bourgeois. Entre temps, il leur livre dix-sept siècles de l’histoire des Châlonnais et de leurs monuments. De quoi avoir envie de lui dire, comme Jean-Pierre Ravaux, conservateur des musées de Châlons : "Roger Canard, racontez-nous Châlons ! ". Et de lire ce premier "Petit Canard Illustré"...
Histoire de Catalaunie de Roger Canard, Editions du Petit Catalaunien Illustré
16 rue R. Binet 51000 Châlons-en-Champagne, Hors série : 10 € (port compris)
Bon de commande :
http://www.catalaunien.fr/01-catalaunien_publications/2006-anciens_numero_et_livres.pdf
Pour plus d’info : www.catalaunien.fr
Contact : catalaunien@club-internet.fr
Ce qu'ils en pensent :
Le Petit Canard Illustré
Depuis sa naissance châlonnaise, Roger Canard n’a cessé de découvrir la Catalaunie dans ses moindres détails, au point d’en tomber littéralement amoureux et de vouloir faire partager cette passion dévorante à ses enfants, puis à ses petits-enfants et enfin à ses amis, à travers ses Histoires de Catalaunie, dont quelques unes ont déjà été publiées dans les colonnes du Petit Catalaunien Illustré ou dans le bulletin des Amis du Vieux Châlons.
Combien en a-t-il écrites ? J’en avais dénombré une bonne quarantaine, mais Roger Canard les estime à 120 ! Une seule certitude : elles sont toutes semblables à un puits où chacun peut venir jeter son seau afin d’y puiser à la source claire et limpide de l’histoire de Châlons-en-Champagne.
Nous en avons sélectionné quatorze dans ce premier recueil qui, au fil des ans, devrait être suivi par d’autres. Roger Canard a emboîté le pas à Louis Grignon, cet autre Châlonnais dont nous avions réuni et publié en 1995 les nouvelles à fond historique sous le titre de " Les chausses de Jehan de Soudron ".
Bruno Malthet
Président
de l'association Nouvelle Catalaunie
Raconte-moi Châlons !
C’est la demande adressée à un grand-père par sa petite-fille. Et le grand-père avait toujours une histoire à raconter. Mais une histoire qui se déroulait dans cette ville mythique qui a pour nom Châlons-en-Champagne. Souvent, on peut encore en trouver les traces dans le paysage urbain, ce qui permettait d’aller voir sur place le chardonneur, ou les volets qui ne s’ouvrent jamais...
N’est-ce pas là une façon intelligente et passionnante de découvrir sa cité ? D’ouvrir les yeux pour voir les mille détails singuliers dont nos ancêtres châlonnais l’ont parsemée au cours des siècles, et devant lesquels les hommes du XXème siècle passent sans leur prêter attention ? Ces détails qui font que Châlons-en-Champagne est une cité pleine de charme, et non un univers de verre et de béton sans âme ! Et qui mieux que Roger Canard connaît ces mille détails de la ville ? Et qui mieux que lui saurait les raconter ? Bien sûr, il ne s’agit pas d’une histoire complète, avec références, bibliographie, notes de bas de pages, qui font les histoires sérieuses ... et ennuyeuses.
Je soupçonne même Roger Canard (mais ne lui répétez pas !) d’avoir parfois un peu transformé certains détails, afin de les rendre un peu plus compréhensibles, et un peu plus passionnants pour son jeune auditoire. Mais n’était-ce pas inévitable ? Car il s’agissait d’intéresser à l’histoire. Alors on se prend à rêver de redevenir un petit enfant pour découvrir cette cité merveilleuse avec des yeux neufs, et de pouvoir dire nous aussi : Roger Canard, racontez- nous Châlons
Jean-Pierre Ravaux
conservateur des musées
de Châlons-en-Champagne
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• 23/05/2007 - Le livre d'or de Châlons-en-Champagne
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Ils sont passés par Châlons
Le grand livre d’or de Châlons-en-Champagne
Illustré par plus de 230 gravures, portraits et photos, ce livre retrace 372 passages de princes d’Eglises, empereurs, rois, généraux, écrivains, poètes... à Châlons-en-Champagne depuis sa fondation. Soit 320 grands personnages qui - et que - croisèrent et rencontrèrent les contemporains des 382 Châlonnais célèbres, illustres et mémorables dont Jean-Paul Barbier écrivit la biographie en 2000.
Ce grand livre d’or est l’occasion de revivre des pans entiers de l’histoire châlonnaise qui s’entrelace et s’enchevêtre avec l’histoire de France. Une histoire écrite aussi par ces hommes et femmes qui peuplent tous nos dictionnaires comme, entre autres, Aurélien, Jeanne d’Arc, Montaigne, Catherine de Médicis, Henry IV, Louis XIV, Voltaire, Marie-Antoinette, Napoléon, Victor Hugo, le maréchal Foch, Charles de Gaulle, Michel Rocard, Albert Jacquard ou Jacques Chirac.
Ils sont passés par Châlons : le grand livre d’or de Châlons-en-Champagne. Texte de Jean-Paul Barbier, recherche iconographique de Bruno Malthet, préface de François Veillerette, Châlons, 2003. 21€ (port compris).
Ed. du Petit Catalaunien Illustré, 16 rue Robert Binet 51000 Châlons-en-Champagne
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Extraits
573 - Grégoire de Tours, évêque de Tours et chroniqueur, passe par Châlons, il va prier sur la tombe du premier évêque de Châlons, saint Menge (Memmie) qui vécut au IVème siècle. Le tombeau du saint châlonnais est, à l’époque, un lieu de pèlerinage important.
4 juillet 1429 - Jeanne d’Arc, accompagnée de sa troupe, et le roi de France Charles VII passent la nuit à Châlons avant le sacre du roi à Reims le dimanche 17. Le mercredi 13 les émissaires de la ville, avec à leur tête le comte-évêque Jean IV de Sarrebruck, avaient remis au roi les clefs de la ville à Lettrée. Charles VII leur accorda son pardon et confirma tous les privilèges à la cité épiscopale. Ils étaient accompagnés de leurs fameux capitaines Etienne de Vignolles dit La Hire, Gilles de Rais et Poton de Xaintrailles. Informés du passage sur la route vers le sacre, plusieurs habitants de Domrémy firent le déplacement jusqu’à Châlons pour saluer leur payse Jeanne dont Jean Morel, un de ses parrains.
9 septembre 1580 - Michel Eyquem de Montaigne passe la nuit de vendredi à samedi à Châlons lors de son long voyage à travers l’Europe de juin 1580 à novembre 1581. Il relatera son passage dans son Journal de voyage en Italie : " Châlons, sept lieus ; et y logeâmes à la Couronne, qui est un beau logis et y sert-on en vaisselle d’argent ; et la plupart des lits et couvertes sont en soie. Les communs bâtiments de toute cette contrée sont en craie, coupée à petites pierres carrées, de demi-pied ou environ, et d’autres de terre en gazon, de même forme. Le lendemain nous partîmes de Châlons après dîner, et vînmes coucher à Vitry. "...
7 mars 1680 - Le cardinal de Bouillon préside la cérémonie de ratification de mariage du Grand Dauphin Louis de France avec Marie-Anne-Christine-Victoire de Bavière, princesse élective de Bavière, dans la chapelle basse du palais épiscopal. Le mariage avait été célébré en Bavière le 28 janvier 1680. La célébration à Châlons fut donnée par le Cardinal de Bouillon, Grand Aumônier de France, l’évêque de Châlons Félix III Vialart de Herse étant malade, en présence de Louis XIV et de la reine Marie-Thérèse... Le 9 mars, le roi et la cour se rendent au château de l’évêque à Sarry en traversant le Jard. Le " Mercure Galant " relate l’événement et écrit sur le Jard " Peu de lieux publics en France sont aussi agréables "...
20 avril 1745 - Voltaire est au château de l’évêque Claude-Antoine de Choiseul-Beaupré à Sarry, il est accompagné de la Marquise Émilie du Châtelet, son égérie, qui vient à Châlons au chevet de son fils le comte de Lomont, atteint de la petite vérole. Voltaire relatera son séjour dans une lettre datée du 20 avril à sa nièce Madame Marie Louise Denis : " L’intendant de Châlons qui craint cette maladie comme une jeune femme et qui n’est pas maître de cette faiblesse ne nous voit point, mais l’évêque est plus aguerri et plus hardi. Il nous a logés magnifiquement, nous fait bonne chère, nous promène. Nous avons des livres, nous vivons comme à Paris, travaillant toute la journée, soupant trop le soir et prenant du café ".
Il avait écrit le 16 avril à son ami François-Augustin Paradis de Moncrif :" ... Je pars pour Châlons. Le fils de Madame du Châtelet a la petite vérole. Je voudrais bien l’avoir, avec l’autre, et n’avoir que dix-sept ans... "
11 mai 1770 – la dauphine Marie-Antoinette d’Autriche venant de Vitry-le-François et se rendant à Paris pour épouser le futur Louis XVI, passe la nuit à Châlons à l’Hôtel de l’Intendance. Une porte de Châlons, nouvellement construite, ancienne porte Saint-Croix, lui est dédiée. Elle devient porte Dauphine et porte l’inscription suivante :
" Aeternum stet ut amor ! " : qu’elle dure autant que notre amour ! ".
L’intendant Gaspard, Louis Rouillé d’Orfeuil l’accueil au bruit de pétards. Six jeunes fiancées lui font un compliment en vers :
" Nous donnerons des sujets à la France
Et vous lui donnerez des rois ".
Ensuite elle assiste dans la salle des fêtes de l’intendance à une réception qui débute par deux pièces de théâtre " Partie de chasse d’Henri IV " et " Lucile ". Suit un feu d’artifice tiré avant le dîner au son de la musique militaire sous les fenêtres de Marie-Antoineette.
Elle a pu découvrir trente portiques en bois de vingt-cinq pieds de haut garnis de lampions. Derrière les portiques se trouvait un temple de soixante pieds de haut.
Sa suite est imposante avec ses dames d’atours, son maître de cérémonies, ses écuyers, son commis de la chambre aux deniers, ses portefaix, ses cinquante gardes du corps, ses treize Cent-Suisses, ses cinq gardes de la porte, ses six gardes de la Prévôté de l’hôtel, ses dix maréchaux de logis et fourriers, ses gentilshommes servants, ses officiers de bouche, du gobelet, de fruiterie. Elle apporte du mobilier dans huit voitures.
Les habitants ont dû illuminer leur maison de dix-huit heures au lendemain matin, sous peine de se voir infliger une amende de vingt livres. Tout cela a coûté seize mille quatre cent quatre-vingt-seize livres à l’intendance.
25 octobre 1809 - Napoléon Ier, de retour du château de Schönbrunn à Vienne après la signature du traité avec l’Autriche, le 14 octobre, s’arrête à Châlons dans l’après-midi. Il est reçu porte Sainte-Croix par le maire Joseph-Louis Delfraisse et les autorités. La Garde nationale et les élèves de l’Ecole impériale des Arts et Métiers lui rendent les honneurs accompagnés d’une foule considérable. La façade extérieure de la Porte est décorée de guirlandes de verdure et de couronnes de laurier et d’olivier qui retombent sur le buste de l’Empereur et sous lequel on peut lire :
" Le laurier des combats, l’olivier de la paix
Présagent, sur son front, le bonheur des français".
Le préfet Claude Bourgeois de Jessaint lui présente un plan du camp d'Attila et propose d'en faire l'acquisition au profit du domaine.
L'empereur traverse la ville pour constater l'avancement des travaux de l'arc de triomphe qui lui est dédié, sur le pont de la Marne. L'arc de triomphe sera détruit le 15 février 1814 par les Français lors de leur retraite.
A dix-neuf heures, il est à Epernay où il dîne.
Juillet 1856 - Alexandre Dumas passe à Châlons pour vérifier un fait relatif à la fuite du roi Louis XVI pour son prochain ouvrage " La route de Varennes ". Il est reçu par le poète châlonnais Félix Leroy qui lui présente son concitoyen le poète et chansonnier Eugène Hermant dit Mitaine, ouvrier mi-clochard. Alexandre Dumas le reçoit courtoisement et Mitaine lui lit son poème intitulé " La violette "...
16 septembre 1891 - Le président de la République Sadi Carnot arrive en gare de Châlons à seize heures trente. L’accueil est enthousiaste... Une douzaine d’arcs de triomphe sont construits aux couleurs de la République dont une " tour Eiffel " rue Lochet. Sur un autre on peut lire " Au président Carnot, les patriotes châlonnais justice, travail, liberté, égalité, économie, loyauté "... Le lendemain, il visite la brasserie La Comète, où il goûte à la bière, et la manufacture de chaussures Aristide Appert...
6 octobre 1918 - Le président de la République Raymond Poincaré, accompagné du sénateur de la Marne Léon Bourgeois, est à Châlons pour remettre dans le péristyle de l’Hôtel de Ville au maire Joseph Servas et à l’évêque Joseph-Marie Tissier la croix de chevalier de la Légion d’honneur. Cette distinction leur est remise pour leur attitude exemplaire pendant les quatre ans du terrible conflit. Le directeur de l’école de Mourmelon a eu aussi cet honneur.
28 mai 1933 - Le président de la République Albert Lebrun inaugure, rue Juliette Récamier, le premier monument érigé à Châlons dédié à Léon Bourgeois, ancien président du Conseil, député puis sénateur de la Marne et Prix Nobel de la Paix en 1920...
29 août 1944 - Les troupes du général américain George Patton, la 6ème armée, libèrent Châlons du joug allemand. Le pont de Marne ayant été détruit, une partie des troupes entrent dans Châlons par la route de Sarry et empruntent la rue Carnot, pendant que les autres entrent dans Châlons par l’avenue de Sainte-Menehould puis la rue Léon Bourgeois, pour faire la jonction dans le centre ville.
15 septembre 1999 – Le Président de la république, Jacques Chirac, passe à Châlons. Il est reçu à l’Hôtel de ville par Bruno Bourg-Broc, député-maire de Châlons, après avoir découvert le chantier de l’Europort de Châlons-Vatry, au sud de Châlons. L’aéroport international dédié au fret doit s’ouvrir au trafic aérien le 1er janvier 2000. Le Président de la République passe la nuit à l’Hôtel de la préfecture. Il quitte Châlons le 16 au matin.
Biographies des auteurs
Jean-Paul Barbier
Né le 11 octobre 1948 à Reims, Jean-Paul Barbier est arrivé à Châlons à 11 ans. Il se passionne très tôt pour la défense du patrimoine de sa ville, lutte contre le massacre du vieux Châlons et la destruction du théâtre Barbat, se bat pour la sauvegarde du couvent de Vinetz ou de la rue de Marne. Il rêve toujours de voir Notre-Dame-en-Vaux avec ses quatre flèches.
Sa passion pour l'histoire de Châlons passe par la mise en lumière des Châlonnais méconnus. Citons, pêle-mêle, Louis-Joseph Charlier, Maurice Renard ou tout récemment Collin de Sussy. Et, bien sûr, Nicolas Appert, cet humaniste inventeur du procédé de la conserve alimentaire, à qui il consacre en 1994 la première biographie connue. Il le fait connaître partout dans le monde avec l'association internationale Nicolas Appert qu'il a fondée et à laquelle l'on doit la colonne Appert, oeuvre de Ipoustéguy, érigée devant l'Hôtel de Région à Châlons.
Son attachement aux Châlonnais illustres se traduit en 2000 par un ouvrage qui met à l'honneur 382 d'entre eux : " Des Châlonnais illustres, célèbres et mémorables ", publié aux éditions du Petit Catalaunien Illustré.
Dans " Ils sont passés à Châlons ", Jean-Paul Barbier vient compléter son travail d'historien des dates marquantes de l'histoire de Châlons qu'il avait entrepris en 1999 avec son ouvrage " Châlons au jour le jour ".
Bruno Malthet
Bruno Malthet, né à Châlons le 8 janvier 1952, fonde en 1991 et préside depuis l'association Nouvelle Catalaunie, éditrice d'un trimestriel, " Le Petit Catalaunien Illustré "", qui se veut Châlonnais et fier de l'être en faisant œuvre de vulgarisation tout en restant une source d'érudition.
Il y publie de nombreux articles et, avec des personnalités comme Jean-Paul Barbier, il y donne un éclairage nouveau sur Châlons-en-Champagne, son passé, son histoire, son patrimoine et ses enfants qui, au fil des siècles, ont modelé l'âme châlonnaise.
Son regard est résolument tourné vers une nouvelle Catalaunie respectueuse de son passé, comme en témoigne le combat qu'il mena, et gagna, en 2003 pour la sauvegarde et la mise en valeur des cryptes médiévales du CHV, des façades de la place Foch et des perspectives sur Notre-Dame-en-Vaux, menacées par le projet de restructuration de ce centre commercial.
Avec son iconographie du livre de Jean-Paul Barbier, Bruno Malthet laisse le militant associatif qu'il est éclairer l'histoire châlonnaise. Il lui permet de côtoyer constamment le patrimoine de Châlons-en-Champagne, sans perdre pour autant de vue les personnages et événements à illustrer.
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• 23/05/2007 - Des nouvelles au rendez-vous de l'histoire
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Les chausses de Jehan de Soudron et autres nouvelles
de Louis Grignon
Il était une fois, à Chaalons en Champaigne, des personnages entrés dans l'Histoire par la petite porte de leur propre histoire.
Il s'appelle Jehan de Soulderon. La perte de ses chausses va bouleverser la vie de Me Finaud, Dame Véronique, Maistre Nicolas Robillard, drapier-chaussetier, Babolet, le ménestrier, ainsi que celle du frère Laurent, le bon frère quêteur des Jacobins. Et donne lieu à un fameux procès.
Il s'appelle du Ballay, abbé commendaire d'une riche abbaye. Il raconte, après un bon repas, l'étrange histoire de la belle Maguelonne dans son château de Trosnay.
Ils s'appellent Karquesay et de Penhoët, ils sont bretons et viennent défendre Châlons contre les armées de Charles le Quint. Coeurs purs, ils se trouveront mêlés à l'affaire d'une fort mystérieuse Dame de Palus, promise à la Tour Maudite, qui leur sera fatale.
Il s'appelle Jacquinot de Ponthion, brave paysan du Perthois. Le fantôme de Gothon, sa femme, hante sa mauvaise conscience.
Il s'appelle Estienne Jodet, barbier de son état, amoureux transis et ridicule de labelle Louise Malibon, prêt à faire n'importe quoi pour ses beaux yeux, quitte à partir en campagne contre les Ligueurs. Et quelle campagne !
Il s'appelle Me Gilles, procureur pingre mais malade. Il veut se faire soigner à l'oeil et fera d'un pharmacien un arbalétrier.
Elle s'appelle Berthe de Trosnay, elle est orpheline. Un lointain parent ivrogne et débauché convoite son domaine et l'attire dans un guet-apens à l'occasion de la venue dans sa bonne ville de Chaalons en Champaigne du duc de Nevers, gouverneur de Champagne.
Le décor de ces histoires est le Châlons du XVIe et du XVlle siècle ou son diocèse, décrit avec tant de détails qu'on s’y croirait. Le suspens tisse sa toile au fur et à mesure de l'apparition des personnages. Et l'humour est la cerise sur le gâteau.
L'auteur de ces nouvelles est Louis Grignon, historien châlonnais, bien connu des férus d'histoire locale. Les longues et minutieuses recherches dans les archives, qu'il a menées pour étudier la topographie et les monuments châlonnais, lui ont fourni un matériau historique de première qualité. Il a fait des trouvailles à partir desquelles son imagination s'en est donnée à coeur joie.
A (re)découvrir !
Extrait de : Le Petit Catalaunien Illustré - Automne 1995 - Numéro 13
Les chausses de Jehan de Soudron et autres nouvelles de Louis Grignon, Editions du Petit Catalaunien Illustré, Châlons, 1995. 18€ (port compris)
16 rue Robert Binet 51000 Châlons-en-Champagne
bon de commande :
http://www.catalaunien.fr/01-catalaunien_publications/2006-anciens_numero_et_livres.pdf
Tel/fax : 03 26 68 68 00
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• 22/05/2007 - Les chausses de Jehan de Soudron
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Comment chausses devinrent hérétiques
A partir des livres de comptes de la confrérie des chaussetiers de Châlons-en-Champagne, Louis Grignon reconstitue les pérégrinations d'une paire de chausses et le procès qui s'en suivit.
"Je voudrais, dit Jehan de Soudron, faire sur le champ raccommoder mes chausses. - Tout à vos ordres, messire, fit Me Nicolas en s'inclinant, bien que nous soyons en ce moment fort pressés. Pourtant, si les avaries ne sont pas trop graves, ce sera l'affaire de quelques instants.
Et il tendit la main, pensant que le sieur de Soudron apportait, sous son mantel, les chausses qui exigeaient une réparation aussi urgente. Mais aussitôt sa réponse, Jehan de Soudron avait pris une autre attitude ; il avait lâché les agrafes qui liaient les chausses au pourpoint et se mettait en devoir de les retirer. II n'y avait pas de doutes à avoir ; c'était bien les chausses qu'il portait qu'il voulait faire raccommoder ; de sorte que, quelques secondes après, il se trouvait sans chausses au milieu de la boutique de Me Nicolas auquel il les présentait gravement.
- Par Sainte Anne ! Messire, vous ne pouvez rester ainsi sans chausses ! dit Me Nicolas, La décence (...).
- Il n'y a ni décence ni indécence pour un homme qui ne possède qu'une unique paire de chausses, laquelle est à raccommoder, répliqua Jehan. Et croisant sur sa poitrine sa robe à manche, il se promena fièrement dans la boutique de Me Nicolas, bien que l'on vît ses jambes nues. Me Robillart prit les chausses, les examina et reconnut qu'un morceau de parchemin avait été cousu dans la région du fond (...).
Occupé à d'autres soins, ce ne fut que le lendemain que le frère portier procéda à la répartition des robes rapportées par le compagnon, et qu'il trouva au milieu d'elles les chausses au fond desquelles le parchemin avait été recousu ; l'aspect de ce vêtement lui parut singulier, et il en référa au frère Jérôme Bardin, gardien du couvent. Le frère Jérôme entendit les explications du frère portier et reçut le vêtement qu'il examina attentivement. Le parchemin ne tarda pas à attirer son attention. L'écriture qui y était apposée était très nette, l'encre très noire ; il en commença la lecture. A la deuxième ligne, il fit un geste de surprise et d'indignation. Il mit ses besicles pour mieux voir, car il avait la vue basse, à cause de son grand âge. Il lut le tout, puis poussant un soupir, il dit au portier :
- Frère Sylvestre, sonnez sur le champ pour assembler nos frères ; nous allons avoir à délibérer sur un sujet important.
Cinq minutes après, les douze cordeliers étaient réunis chez le frère gardien.
- Mes frères, dit Jérôme Bardin en élevant les chausses pour les mieux faire voir, nous vivons en des temps bien difficiles, et l'on ne peut prévoir où s'arrêtera la malice des hommes. Le royaume est empoisonné d'écrits destinés à propager les funestes doctrines des hérétiques. Jusqu'alors, ces pamphlets, libelles et autres écrits détestables et pernicieux étaient répandus clandestinement parmi les fidèles ; ils restaient cachés, faisaient leur chemin par des voies détournées ; ils n'arrivaient que par ruse et par fraude, et autres moyens semblables. Mais aujourd'hui, mes chers frères, les propagateurs de cette abominable doctrine, fauteurs de désordres, semeurs de divisions et de discordes, ne connaissent plus de mesure, et, pour nous braver, ils font franchir à leurs écrits pervers, le seuil, jusqu'alors respecté, de nos saintes demeures. Et, voyez le moyen qu'ils emploient ! Cette paire de chausses, qui paraît de prime abord aussi inoffensive qu’usée, est revêtue d'un parchemin diabolique. Il y est dit qu'ils aboliront la confession, le jeûne et l'abstinence, les voeux monastiques ; qu'ils renverseront les autels, détruiront les images et autres choses horrifiques et damnables. Je vous ai donc réunis pour aviser sur ce ; nous ne pouvons décider sur un aussi grave sujet, mais je crois qu'en cette occurrence, nous devons prouver notre zèle et notre vigilance en envoyant ces chausses hérétiques à Paris, en la manière accoutumée, c'est à dire qu'après les avoir mises sous notre scel, elles seront portées à notre maison de Sézanne, qui les fera porter à notre maison de Coulommiers, qui les fera porter à notre maison de Lagny, qui les fera porter à Paris, où le Chapitre général prendra, sur cette matière importante, telles mesures qu'il jugera à propos pour la plus grande gloire de notre ordre, et, au besoin, on fera sorbonificalement délibérer. Cette proposition du frère gardien fut unanimement approuvée, et il fut décidé, séance tenante, que le frère Laurent, quêteur et pourvoyeur du couvent, homme robuste et capable de longues courses serait chargé du voyage ( ...).
extraits de la nouvelle "Les Chausses de Jehan de Soudron" in "Les Chausses de Jehan de Soudron et autres Nouvelles" de Louis Grignon, éditions du Petit Catalaunien Illustré, Châlons, 1995, p 10, 34 et suivantes. 18€ (port compris)
Ed. du Petit Catalaunien Illustré, 16 rue Robert Binet 51000 Châlons-en-Champagne
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• 9/05/2007 - Le Saint Nombril à Châlons-en-Champagne
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Notre-Dame-en-Vaux et le Saint-Nombril
Après en avoir vérifié l'authenticité, l'évêque de Châlons Charles de Poitiers procède en l'an 1407 à la translation de la relique du Saint-Nombril, détenue depuis près d'un siècle par la collégiale Notre-Dame-en-Vaux, qui fait alors l’objet d’une grande dévotion populaire.
Charles de Poitiers, 74ème évêque de Châlons, reçoit en décembre 1407 une imposante délégation composée des marguilliers et de nombreux paroissiens de la collégiale Notre-Dame-en-Vaux de Chaalons. Exécuteurs testamentaires du dénommé Thibault des Abbés, ils entretiennent le prélat du bienheureux effet de la singulière et la particulière dévotion que le défunt portait jusqu'à ces récents jours à la relique du Saint-Nombril vénérée dans leur église. Conformément à ses dernières volontés, ils viennent en effet de faire exécuter par le meilleur orfèvre de la ville un reliquaire comportant une très belle image de la Vierge Marie tenant en son sein l'image de son fils. Réalisé en argent, l'ouvrage est gravé et décemment doré afin d'accueillir la " parcelle du très sacré Nombril de Notre Seigneur Jésus Christ, afin que dans cette nouvelle image elle fut plus décemment, avec plus de révérence gardée et conservée " que dans l’actuel vase d'argent sur lequel sont gravés ces mots : " de Umbilico Domini " et où elle repose depuis un temps si grand qu’il n'en reste aucune mémoire d’hommes. L’évêque-comte de Chaalons écoute avec la plus grande attention ses ouailles lui conter par le détail la connaissance qu'elles ont de l'authenticité de cette relique du Saint-Nombril de Jésus-Christ vénérée tous les ans le jour de la circoncision, par le clergé et le peuple de sa bonne ville de Chaalons et des lieux voisins.
S'aventurer de nos jours à défendre l'existence d'une telle relique, prêterait à sourire. Mais pas au Moyen Age, époque où le commerce des reliques et des indulgences assurent à leurs auteurs de substantielles ressources tout en répondant à la quête mystique et à la grande ferveur religieuse qui traverse alors toute la chrétienté. Tout naturellement, ce juteux commerce déboucha sur de nombreux abus et mystifications : beaucoup d'églises se sont targuées à un moment ou à un autre de posséder un morceau de la Sainte-Croix, au point que l'on a pu écrire qu'en les réunissant l’on pourrait en reconstituer plusieurs ! Par contre, il n'en va pas de même du Saint-Nombril dont seules trois villes au monde peuvent s’enorgueillir d'en avoir été dépositaires : Constantinople, Rome et Chaalons en Champaigne. Pour mieux appuyer leurs dires, marguillers et autres paroissiens ont pris soin d’être accompagnés de Jean Liebauld, prêtre de Chaalons, et de Maître Jean Bricard de d'Ampierre sur Marne, tous deux notaires apostoliques. En présence de plusieurs témoins dignes de foi, ils ont affirmé dernièrement par serment, qu’étant ces jours passés à Paris, en l’hôtellerie des Trois Colombes, ils ont fait la connaissance de Haymald Robert de Limoge, un noble soldat qui avait été domestique et serviteur du sieur Raymond de Turenne, neveu et légat du Pape. Après lui avoir fait confidence qu’ils étaient natifs de la ville de Chaalons, le sieur Haymald révéla à ses compagnons que les services qu'il rendait à Raymond de Turenne l'avaient maintes fois conduit dans le Trésor où se gardent et conservent les saintes reliques avec les papiers de l'Eglise Romaine. Leur fréquente consultation lui avait ainsi permis de voir, manier et regarder certaines lettres apostoliques, sous une bulle de plomb où il vit écrit : " Que le très Saint-Nombril du très haut fils de Dieu notre sauveur avait été divisé en trois parts, desquelles l’une était demeurée dans le sacré trésor de l'Eglise Romaine, une autre à Constantinople, et la troisième en l'église de Notre-Dame les Vallées de Chaalons ".
Selon toute vraisemblance, cette division se serait effectuée vers 1310 sous le pontificat du pape Clément V, sans doute en vue de procurer à son Eglise des ressources suffisantes. Celle-ci était en effet dépositaire, entre autres reliques, du Saint-Nombril depuis la donation qu'en fit au souverain pontife Charlemagne venu se faire couronner empereur en l'an 800. Charlemagne, lui, la détenait de l'empereur d'Orient, lequel la lui remit, avec le Saint-Prépuce et la couronne d'épines du Christ, en remerciement d'être venu à son secours et d'avoir vaincu les infidèles qui menaçaient Constantinople et Jérusalem. Selon le livre des révélations de Sainte Brigitte, ces très précieuses reliques avaient été recueillies par la Vierge Marie elle-même, qui, avant de mourir, les aurait remises à Saint Jean l'Evangéliste, lequel les aurait confiées à ses successeurs.
Réputées disparues avec les premières persécutions sarrasines des chrétiens d'Orient, elles furent retrouvées grâce aux révélations que fit la Vierge Marie à Sainte Brigitte. Quant à l'arrivée à Chaalons en Champaigne d'une des trois parties issue de la division du Saint-Nombril, elle serait l'oeuvre de Pierre de Latilly, évêque de Chaalons, chancelier de France et de ce fait homme d'une suffisamment grande considération pour se voir attribuer une telle faveur d'un pape français. Le don de cette précieuse relique à la collégiale Notre-Dame-en-Vaux date probablement de 1302, année où ledit Pierre de Latilly dédia la nouvelle église à la Vierge. Leurs explications achevées sur les origines du Saint-Nombril, les marguilliers et autres paroissiens supplient humblement leur évêque de procéder à la translation du Très Sacré-Nombril depuis l'ancien reliquaire d'argent vers la très belle orfèvrerie exécutée pour satisfaire aux dernières volontés de Thibault des Abbés. Et précisent-ils pour permettre au peuple chrétien d'honorer la Sainte Relique avec encore plus de dévotion.
Toute assurance prise sur le bien-fondé de leurs dires, Charles de Poitiers leur accorde satisfaction, comme en atteste l'extrait suivant de la lettre qu'il rédigea à cet effet : " Nous Charles évêque, autant que la sagesse et prudence humaine le requiert de la vérité des choses prédites, condescendant favorablement et pieusement à la dévote requête ci-devant exposée le huitième jour du mois de décembre, auquel se célébra la fête de la conception de la bienheureuse Vierge Marie,... Nous avons pris avec grande humilité et dévotion en nos mains propres le susdit vase ancien, dans lequel comme a été dit ci-dessus, la dite parcelle dit très sacré Nombril de Notre Seigneur était renfermée,… en avons retiré la dite parcelle du précieux Nombril de notre Seigneur et l 'avons transportée audit nouvel reliquaire... Désirant donc qu'à l'avenir, et d'ici en avant, les fidèles chrétiens visitent ladite église pour adorer, et signalement vénérer un si salutaire et précieux sanctuaire … A tous ceux qui vraiment contrits, et confessés, tous les ans, au jour de féte de la Conception de Notre-Dame, en mémoire de ladite translation et la circoncision de NS, visiteront ladite église de Notre-Dame en Vallées, pour y adorer le souvent dit très sacré Nombril, et là feront quelques aumônes pour la fabrique de ladite église, octroyons et relâchons miséricordieusement en Notre Seigneur, 40 jours des pénitences qui leur auront été enjointes. Or afin que de toutes ces choses susdites les fidèles chrétiens aient une mémoire plus assurée, nous en avons fait faire les présentes lesquelles avons données auxdits marguilliers, proviseurs et paroissiens, scellées de notre grand sceau. Donné en l'an de NS 1407, ce 8ème jour de décembre ".
Après cette translation, la célébrité du Saint-Nombril ne cessa de grandir d'année en année. La précieuse relique, vénérée tous les ans en l'église Notre-Dame-en-Vaux au jour de la circoncision, devint célèbre dans tout le royaume de France. Elle devient sans contestation possible le bien le plus précieux de la collégiale qui veille jalousement sur elle. Lorsqu'en l'an 1512, le roi Louis XII est de passage à Châlons, les chanoines de la cathédrale entendent porter solennellement le Saint-Nombril depuis l'église Notre-Dame jusqu'à la cathédrale Saint-Etienne. Ils doivent préalablement présenter des garanties sur leurs biens aux Marguilliers de Notre-Dame, ainsi qu'en atteste la lettre qui suit adressée à cet effet :
Nous, chapitre de l'église de Chaalons, le doyen absent, promettons sous l'obligation de tous les biens temporels de notre dite église, que au cas que les Marguilliers de l'église collégiale Notre-Dame en Vaux de Chaalons, permettront dimanche prochain à la procession générale, qui se fera pour le Roi notre Sire, transporter par nous le précieux joyau et reliquaire du Saint-Nombril de Notre Seigneur, de ladite église collégiale Notre-Dame en notre église cathédrale de Monsieur Saint Etienne de Chaalons, le rapporterons et reconduirons honorablement et dignement ainsi qu'il appartient, en ladite église de Notre-Dame en Vaux. Fait en notre dit chapitre, sous notre sceau, aux causes ci mises. Le vendredi dernier jour de décembre, l'an 1512 ". Pas un instant, il ne serait venu à l'esprit de Charles de Poitiers de remettre en cause l'authenticité de la précieuse relique qui sera l'objet d'une telle vénération cinq cents ans durant. Pourtant, jour après jour, l'impiété, les croques-reliques, la jalousie et le rationalisme cartésien tissèrent dans l'ombre le destin du Saint-Nombril jusqu'à obtenir de Gaston de Noailles, évêque de Châlons de 1695 à 1720, qu'il en ordonne sa destruction. Mais il s'agit là d'une autre histoire.
Le Petit Catalaunien Illustré N°20
bon de commande :
http://www.catalaunien.fr/01-catalaunien_publications/2006-anciens_numero_et_livres.pdf
Pour plus d’info : http://www.catalaunien.fr,
tel/fax : 03 26 68 68 00
courriel : catalaunien@club-internet.fr
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• 8/05/2007 - Croque relique
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Les croques reliques : une affaire qui fit du bruit
L'évêque de Châlons, Charles de Poitiers avait reconnu en 1407 l'authenticité du Saint-Nombril détenu depuis le XIVéme siècle par la collégiale Notre-Dame-en-vaix. Trois siècles plus tard, l'impiété, la jalousie et le rationalisme cartésien aidant, les croques-reliques peuvent en toute impunité détruire le divin ombilic. L'affaire fit cependant grand bruit et inspira à un rimailleur anonyme un poème burlesque publié par Edouard de Barthélemy en 1876 dans ses "variétés châlonnaises" conservées à la Bibliothèque municipale de Châlons-en-Champagne.
Il existait dans l'église Notre-Dame de Châlons de toute ancienneté une relique dite du Saint-Nombril qui était l'objet d'une dévotion considérable et attirait de nombreux pèlerins. Son existence est constatée dans un rituel de 1322. En 1407, l'évêque Charles de Poitiers en fit la translation, le 8 décembre. Au commencement du XVIIIème siècle, Mgr Gaston de Noailles résolut de mettre fin à une erreur qui lui paraissait regrettable pour la dignité de la religion. Un soir, accompagné de quelques notables et d'un chirurgien, il fit ouvrir l'armoire où était conservée la relique et il visita le reliquaire qui était de vermeil. On y trouva un morceau d'étoffe de soie rouge et quelques fragments poussiéreux dans lequel le médecin ne reconnut aucun caractère certain. Le prélat fit dresser procès-verbal, emporta le reliquaire et partit avec pour Paris. Cette expédition causa une excessive irritation à ChâIons. On dénonça le fait à la chambre des requêtes du Parlement, mais un arrêt très promptement rendu déclara l'incompétence de la cour. Mgr de Nouilles rendit alors le reliquaire vide aux marguilliers de la paroisse Notre-Dame et l'affaire en resta là. De nombreux factums furent imprimés pour et contre à Châlons. Ils sont aujourd'hui très rares. Nous ne ferons que les indiquer, mais nous croyons curieux de publier ce petit poème absolument inédit et dont nous ne connaissons pas d'autre exemplaire que la copie manuscrite ancienne que nous possédons. Ce poème est spirituellement tourné par un admirateur évidemment du Lutrin de Despréaux. Il intéresse au plus haut degré Châlons dont plusieurs notables sont mis en scène. Nous le reproduisons avec les notes qui sont jointes au texte, en ayant le regret de ne pouvoir fournir sur l'auteur aucune indication suffisamment précise pour être produite.
Edouard de Barthelémy,
12 mars 1876
Texte du poème dans le Petit Catalaunien Illustré N°32
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• 15/01/2007 - La messe des fous à la cathédrale de Chaalons en Champaigne
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La messe des fous
— Mais… que fais-tu là ?
— Tu vois bien ! Je raconte une histoire à tes enfants !
— Ouais et même que ce soir, ça va être une histoire de fous qui vont à la messe et que c’est une histoire vraie qui a au moins cinq mille ans ! Bon, tu commences, Tante Mem’ ?
La dernière phrase de son fils acheva de lui couper le souffle. Urbain balbutia un inaudible " Tante Mem’ ? " de stupéfaction auquel elle répondit en lui adressant un clin d’œil malicieux.[…]
Tandis qu’Urbain et Fabienne prenaient place sur un pouf, Tante Mem’, assise au milieu du lit, un enfant de chaque côté d’elle, sortit d’un plis de sa robe un tout petit livre pas plus grand qu’une carte bancaire et guère plus épais, dont la couverture représentait une enluminure formée de la lettre C finement dorée et se superposant à une vue très ancienne de Chaalons. Lorsqu’elle l’ouvrit, des soubresauts de plus en plus importants agitèrent le livre au fur et à mesure qu’il grandissait et envahissait tout le volume de la chambre. Une colombe s’en échappa et s’envola vers le ciel avant d’aller se percher sur un des arcs-boutants d’une église proche dont le petit groupe se rapprochait.
— C’est là qu’on va devoir aller à la messe, Tante Mem’ ? Tout en regardant l’édifice, Régis commença à donner quelques signes d’inquiétude à l’idée de devoir " se taper " un office religieux. C’est drôle, je ne l’avais jamais vu, dans Chaalons, cette église-là !
— C’est la cathédrale, pourtant, lui répondit-elle, devant laquelle nous allons nous rendre…
— Papa ! Papa ! Regarde ce qu’ils ont encore fait le bourgmestre et sa copine Marie-Rose, s’exclama Raphaël tout interloqué. Tu vas encore te fâcher tout rouge et partir au combat contre eux quand tu vas voir qu’ils ont tout cassé le grand portail de la cathédrale !
Un franc éclat de rire accompagna cette réflexion que Tante Mem’ entreprit aussitôt de corriger. Pour une fois, Baptiste Bouc-Bigot et la Marie-Rose n’y étaient strictement pour rien, expliqua-t-elle, et personne n’avait démoli le portail baroque de la Cathédrale vu qu’il ne sera construit qu’au siècle suivant de 1628 à 1634 avec les deux dernières travées de la nef. Pour l’heure, un portail sans grand ouvrage ni relief la fermait et donnait l’impression de présenter un caractère secondaire. Une impression que venait renforcer l’importance du portail nord fermant le transept du côté de la grande rue de la ville, l’ancienne voie Agrippa, l’actuelle rue d’Em’s. " C’est par ce portail qu’au Moyen Âge l’on accueillait le roi de France lorsqu’il passait par Chaalons ", expliqua Tante Mem’. En s’approchant du portail formant saillie, Urbain regretta fort de n’avoir pas pris son appareil photo qui lui eût permis de montrer à ses amis sa splendeur. Il n’en reste hélas plus grand chose de nos jours. Martelé en 1794, son tympan représentait des scènes de la vie de Saint-Etienne sous un Christ de gloire, ses voussures des scènes de l’enfance du Christ et le gâble le jugement dernier. […] Un sifflement admiratif s’échappa de la bouche d’Urbain, qui regretta encore plus de n’avoir pas son appareil photo. " Mazette ! Elle est vraiment chouette, la belle ! ". Elle l’était effectivement, avec ses quatre-vingt mètres, cette flèche dont on achevait la construction. Toute couverte de plomb, elle était richement décorée de figures dorées, de statues et de couronnes. Un siècle et demi après son érection, la foudre s’abattit malheureusement sur elle, provoquant un immense incendie, et elle ne fut jamais reconstruite. […]
" Place ! Place, manants ! ". Devant le grand portail, on s’activait fort. La veille, on y avait dressé des tréteaux comme pour y célébrer une pièce de théâtre ou un de ces grands mystères dont le Moyen Âge fut fort friand. […] Entouré de ses officiers, les chanoines les plus qualifiés, l’évêque des fous grimpa sur l’estrade et tous s’assirent à table où ils mangèrent et burent le festin de roi qu’on leur avait préparé jusqu’à ce que, repus et pansus, quelques rots particulièrement sonores et odorants indiquèrent leur parfaite satiété.
Alors l’évêque se leva, suivi de sa maison, jeta un os à un chien qui passait par là et quelques reliefs du repas à la foule amassée. Puis, devant les fidèles rassemblés, tous se mirent à chanter les vêpres avec une précipitation inhabituelle. Sitôt qu’elles furent finies, deux chantres et le maître de musique entonnèrent un motet en battant la mesure. " Cantemus ad honorem, gloriam & laudem Sancti Stephani… "
Extrait de "L'inconnue du grand bazar" de Bruno Malthet, éditions du Petit Catalunien Illustré.
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• 14/01/2007 - l'entrée du Duc de Nevers à Chaalons en Champaigne le 24 août 1625
Le Duc de Nevers, gouverneur de la province de Champaigne, arrive le 24 août 1625 à Chaalons en Champaigne. Il vient présider les Etats provinciaux réunis sur l’ordre du roi.
La fête
Lorsque nos voyageurs, auxquels s'étaient joints en route beaucoup de gens de noblesse, arrivèrent à Châlons, la ville avait déjà pris un air de fête, une animation inaccoutumée. Les préparatifs duraient depuis une quinzaine de jours. On avait fait mettre en état le château Saint-Antoine pour recevoir et loger les hommes d'armes ; prévenu les hôtelleries pour qu'elles eussent à préparer des logements et réunir en vivres les plus grandes ressources possibles. Puis on avait fait publier, selon la coutume usitée en pareille circonstance, l'ordre de nettoyer les rues, de " oster tous pourceaux, oies, canards, entant en la clôture de la ville de Chaalons, et pareillement oster tous fiens qui sont ès rues et aux coins d'icelles ". Cette prescription avait été exécutée, car la ville était d'une propreté aussi remarquable qu'exceptionnelle.
La Grande-Rue (rue de Marne jusqu'au pont de Nau), la rue du Change (idem, du pont de Nau à l'hôtel de ville) étaient pavoisées aux couleurs de Nevers et de Champagne ; il en était de même des rues de Brebis (rue d'Orfeui1), du pont Putte-Savate (Croix des teinturiers), et de la rue Saint-Nicaise 1 où le gouverneur devait descendre, puisqu'il avait accepté l'hospitalité que lui offrait le seigneur René Pothier, comte de Gesvre et de Tresme, homme de bonne noblesse, alors vidame et gouverneur de la ville pour le roi.
Le duc de Nevers, gouverneur de la province de Champagne, arriva le soir même avec bonne escorte de seigneurs, écuyers et hommes d'armes ; il fut chaudement acclamé sur son passage, et l'on sut que le lendemain devait être célébré, à dix heures, en l'église cathédrale, la messe du Saint-Esprit, à laquelle devaient assister tous les députés des villes de Champagne, tous les corps constitués, confréries et corporations.
Le sieur de Faulmont avait envoyé en avant le valet Candide en lui donnant ses instructions particulières dans le but de trouver un logis qui fut propre à ses desseins.
L'honnête Candide vint annoncer à son maître, lors de son entrée en ville, qu'il avait trouvé, rue de Vinetz, un logement spacieux et commode qui conviendrait mieux qu'un logis pris dans une hôtellerie, toujours très encombrée en pareille circonstance. On se rendit donc à l'endroit indiqué, où l'on trouva en effet, à l'extrémité de la rue de Vinetz, et en retour sur la rue aux vaches (rue Saint-Eloi), un logis convenable, meublé et garni du nécessaire, avec écurie, jardin et double entrée sur les deux rues. On s'installa donc et l'on se prépara à assister à la grande cérémonie du lendemain.
C'était le jour de la Saint-Louis ; dès le lever du soleil, qui fut splendide, toute la ville fut en mouvement. Depuis la rue Saint-Nicaise, où était situé l'hôtel du Vidamé, jusqu'à la cathédrale, les maisons étaient garnies d'étendards, d'oriflammes et de pavillons de toutes couleurs. Le sol était jonché de fleurs et de verdure, et les habitants, accourus de tous les quartiers de la ville, prenaient place pour voir passer le cortège.
Pour admirer à l'aise cet important défilé, la dame de Trosnay, sa fidèle Marguerite et le sieur de Faulmont avaient trouvé place à une fenêtre de l'Echevinage, qui était rue du Change, en face de la rue des Lombards, et lorsque Berthe entra dans la grande salle, appuyant sa main sur le bras du sieur de Faulmont, on entendit un murmure d'étonnement et d'admiration, hommage rendu à son noble maintien et à sa remarquable beauté.
Cette Grande Rue et la rue du Change, son prolongement, qui menaient de la porte de Marne à l'hôtel de ville, et qui, de tout temps fut la voie la plus commerçante, était déjà très animée. Dès neuf heures, les femmes étaient dans leurs plus beaux atours. Les unes étaient en robes de futaine rayée ou de serge historiée, d'autres plus riches étaient en jupes de taffetas de diverses couleurs, de damas à grands ramages et même de brocatelle, cette étoffe précieuse. Les coiffes, d'une blancheur de neige et de formes variées, encadraient plus d'un charmant visage.
Les commères, affairées, allaient voisiner de maison en maison ; chacune donnait son mot sur l'ordre du cortège, qu'au surplus personne ne connaissait guère.
Les jeunes filles qui n'étaient pas autorisées à sortir, à cause de la grande foule et grande presse qu'il devait y avoir inévitablement, jetaient des regards curieux aux fenêtres qui toutes étaient relevées aussi haut que possible afin de ne rien perdre de ce spectacle aussi rare que magnifique.
Les hommes, en pourpoint de droguet, de pinchinat ou de drap fin, quelquefois de velours ou de buffle, en bas chinés, en guêtres de basane, en souliers grossiers ou fins, en hautes bottes à la Ligueur, selon leur état et condition, allaient et venaient, devisaient de la fête du jour, et finalement entraient au cabaret de la Pomme-de-Pin, qui était au coin de la rue des Boucheries 2, ou à celui des Quatre-fils-Aymon, qui était plus haut, ou bien à celui de l'Ane-qui-brait, qui était en face, où l'on trouvait certain petit vin blanc venu des côtes de Cramant, qui avait la réputation d'étancher la soif et de mettre les gens en joyeuse humeur. Les gamins, les polissons sans peur, sinon sans reproches, sentant qu'ils ne verraient rien s'ils se mêlaient à la foule où ils seraient pressés et bousculés, et au milieu de laquelle ils ne pouvaient impunément jouer quelque méchant tour, s'essayaient à escalader les hauteurs pour s'y installer. Les uns prenaient place sur les auvents et autres saillies, lorsque le niveau horizontal le permettait ; d'autres montaient sur les appuis des lucarnes des étages supérieurs ; d'autres, plus hardis, montèrent jusqu'aux combles de la maison et, passant par les lucarnes dont chaque toiture était pourvue sur les flancs, se trouvèrent dans le chenal qui existait entre les pignons. Aussitôt qu'il y en eut un, il y en eut dix : l'exemple fut suivi par les maisons voisines. On échangeait des quolibets et des grimaces avec les maisons d'en face ; on gambadait entre les deux toitures ; d'aucuns, se faisant la courte échelle, cherchaient même à escalader le faîtage pour s'y cantonner.
Gaspard Coqueteau, le fils du drapier, bien connu dans le quartier pour sa turbulence, se mit à cheval sur la gargouille qui représentait un chien ouvrant la gueule ; il s'installa solidement en arrière de l'animal, tenant dans ses mains la queue du chien, qui lui était un utile soutien dans cet exercice d'équitation aérienne.
Comme il tenait à signaler sa présence sur ce point dangereux, il chercha et trouva tout de suite le moyen d'attirer l'attention. " Les voilà ! les voilà ! " s'écria le jeune Gaspard.
Ce cri, qui émotionna la foule, donna lieu à un mouvement en avant, en arrière ; on se pressa aux portes, aux fenêtres, et finalement il fut constaté que rien n'arrivait encore.
Lorsque cette fausse alerte fut calmée, Gaspard, très content du succès de sa première tentative, voulut naturellement la renouveler. Il s'écria de nouveau, en imitant le langage des baladins de la foire des Sannes :
- Voyez, Messieurs et Mesdames, voyez, bons bourgeois de la ville de Châlons, voici d'abord monseigneur le duc de Nevers, gouverneur royal de la province de Champagne, venu tout exprès pour entendre les doléances et griefs du pauvre peuple et réformer les abus. Viennent ensuite les jurandes, maîtrises et corporations. Voyez en tête messieurs les tabellions et notaires qui nous ont vendu cette maison deux mille livres de plus qu'elle ne vaut. Voyez ensuite les gardes et maîtres de l'honorable corporation des drapiers et tisserands dont nous faisons partie. Voyez encore...
Ici le jeune Gaspard fut interrompu par un débordement d'invectives sortant de la bouche de sa propre mère.
- Coquin, brigand, honte de la terre, disait la bonne commère en montrant le poing à son fils, veux-tu bien descendre tout de suite ; si tu tombais tu serais tué et nous serions bien débarrassés, mais en tombant tu peux blesser une honnête personne... Descendras-tu, monstre d'enfant ?
Le docile Gaspard ne bougea pas et fit à sa mère une grimace qui annonçait qu'il ne professait pas pour elle un respect exagéré. La foule s'amassait, on riait, on battait des mains.
Gaspard fier de son succès, se crut encouragé dans sa bravade et il continua sur le même ton.
- Vous allez voir messieurs les archers de la ville de Châlons, puis la compagnie des arquebusiers, dont fait partie mon grand frère Eloy, qui vient tous les soirs dans la maison d'en face voir sa bonne amie ; vous verrez aussi...
- Te tairas-tu ? Langue de vipère, descendras-tu ? criait la commère Coqueteau ; Ah ! quand ton père va rentrer, il te prendra mesure d'habit avec une bonne trique, satané brigand.
La foule riait toujours. Les gamins placés dans le chenal en arrière de Gaspard et sur les toitures voisines applaudissaient à outrance, on trépignait, lorsqu'une circonstance inattendue vint subitement troubler cette joie si grande et changer la nature de ce spectacle imprévu.
De la gargouille où Gaspard était placé, descendit subitement sur la foule, un filet léger, mais continu, d'un liquide jaunâtre. Le temps était d'une limpidité parfaite, ce n'était certainement pas de l'eau pluviale qui tombait, et les groupes qui furent arrosés ne se trompèrent pas sur la nature du liquide qui leur était envoyé ; alors les rires cessèrent et il s'éleva de la rue une rumeur menaçante ; mais les gamins avaient sans doute juré de braver la foule, car l'on vit immédiatement descendre de toutes les gargouilles voisines, de droite et de gauche, d'à côté, d'en face, une véritable pluie de ce liquide impur.
L'injure était patente, aussi les hommes irascibles se détachèrent-ils de divers groupes pour se diriger vers les maisons dont le sommet était si mal occupé, avec l'intention évidente d'aller infliger une correction exemplaire à ces bandes de gamins qui venaient d'outrager le public si visiblement.
Gaspard, qui commandait la manœuvre, s'aperçut du mouvement et devina de quoi il allait en retourner, et il cria à tous :" sauvez-vous ! on monte ". Lâchant la queue du chien qui lui avait prêté si utile secours pendant ses démonstrations, il quitta lestement son poste d'observation, et ce fut un sauve-qui-peut général ; tous disparurent comme une volée d'oiseaux effarouchés. On effondra les lucarnes, on se réfugia dans les greniers, on grimpa comme des chats sur les bois les plus élevés de la charpente pour y trouver une cachette ; d'autres fuyant de grenier en grenier purent s'échapper par des maisons éloignées ; si bien que, quand les bourgeois furieux arrivèrent essoufflés sur les toitures, toute la bande avait disparu.
Cette belle colère, déjà apaisée par une montée rapide, tomba tout-à-coup lorsque la foule annonça le cortège et cette fois la nouvelle était vraie.
On aperçut en effet les archers de la ville, revêtus de leur costume vert à croix blanche, précédant la tête du cortège à une grande distance pour écarter la foule et former un passage libre d'une largeur suffisante.
Quant à l'ordre du cortège, nous l'emprunterons dans tout son entier au manuscrit de M. Vassé | | |