Voyage à bicyclette dans une France qui va voter
" Repartir à vélo pour parcourir une France qui va voter reprend tout son sens. Dans l’intimité du territoire et de ses habitants, à vitesse humaine, en dehors des contingences journalistiques habituelles émerge un autre format de parole ".
Raphaël Krafft, journaliste à France Culture, est arrivé à Châlons le samedi 3 février au soir avec son vélo et sa petite remorque, malgré un fort vent d’est. Il est parti de Paris le 1er février pour une longue aventure de 7 semaines (4 000 km) en France sur son deux roues. Son objectif : prendre le pouls des Français. Comment vont-ils ? Comment ressentent-ils la campagne électorale de la présidentielle ?
Comme il l’avait fait au lendemain de l’élection présidentielle de 2002 pour essayer de comprendre ce qui s’était passé. " Deux mois et demi durant, nous avons parcouru une France à l’image de cet habitant de la Marne, fermée, craintive et avons effleuré ce que des géopolitologues allaient bientôt ré-expliquer : le rôle des couloirs d’invasion, des axes de communication, des anciennes frontières, de l’organisation du territoire dans la diffusion des idées populistes. C’était la France de l’est et notre regard était guidé par le choc provoqué le 21 avril 2002 ".
" Un quinquennat plus tard, le doute demeure et le rejet le 29 mai dernier du projet de constitution européenne, la crise des banlieues et du CPE sont venus renforcer cette idée largement répandue d’une France malade de la mondialisation, de sa représentation politique ou encore de ses médias. Cette image est-elle pour autant conforme à la réalité ? ".
En Catalaunie
En surfant sur internet, Raphaël Krafft est tombé sur le site du " Petit Catalaunien Illustré " et nous a envoyé un courriel pour demander le gîte et le couvert. Comme le pèlerin du Moyen Age, ce journaliste, qui pédale hors des sentiers battus, part souvent sans savoir où il va dormir le soir : dans une grange, un vendangeoir, un presbytère, sous un arbre ?. Il fait des rencontres intéressantes, le contact est plus facile à vélo car il étonne les gens. Les curieux s’approchent et discutent. " Sans pare-brise, à hauteur d’homme, j’ai plusieurs fois constaté que le reporter à vélo, parce qu’à vélo, suscite un autre rapport, une curiosité réciproque et laisse la place à un autre format de parole. Quel qu’il soit, un agriculteur, une infirmière ou un député ne parle pas de la même façon à un homme qu’à un micro. Le vélo est également un bon moyen de franchir le pas des portes. En situation de dépendance, d’aspect inoffensif, je demande de l’eau ou le gîte, partage un repas et mes histoires avant de tendre mon micro. Lentement, une relation s’établit avec le territoire et ses habitants que les auditeurs peuvent pour ainsi dire voir et toucher ".
Sa curiosité piquée au vif par nos conversations, il voulait voir la statue de Jeanne d’Arc " malade de la peste brune " (cf le Petit Catalaunien Illustré N°46) et la basilique de l’Epine (cf le Petit Catalaunien Illustré N°55). Il est reparti le dimanche matin pour Saint-Dizier via L’Epine, Courtisols… Non sans avoir interviewé notre président ! Sûr, le hasard a bien fait les choses en le faisant échouer chez nous : on a longuement discuté de la Catalaunie. En échange, il nous a donné des aperçus de ses fantastiques voyages à vélo (l’Amérique du sud) et autres reportages à bord d’un bateau de Greenpeace.
De février 2007 jusqu’aux élections législatives en juin 2007, retrouvez sur son blog http://www.bicyclette2007.com mais aussi sur les ondes de France Culture, les aventures d’un cycliste-reporter dans une France qui va voter.