La Catalaunie dans tous ses états

• 20/07/2007 - Bernard de Clairvaux prêche la Croisade à Chaalons

Dieu le veut !

 

Dans la suite de son roman "L’inconnue du grand bazar", Bruno Malthet consacre plusieurs chapitres à un raid aventure se déroulant dans Chaalons où les compétiteurs doivent notamment répondre à des questions culturelles concoctées par La Catalaunie Illustrée. Pendant qu'Eugène Thanase et Benjamin Lhéritier recherchent qui, de l’intendant Hue de Miroménil, du docteur Balthazar Trosquot ou bien de la Marie-Rose, détruisit nuitamment la chaire à prêcher de saint Bernard, Memoria, l’héroïne du roman, conduit les autres compétiteurs sur les traces du saint homme. Suivons-les.

 

Memoria tendit et tourna ses mains vers le ciel dont le voile nuageux se déchira. Une étrange lumière en déborda. D’un subtil mélange de nacre, de pourpre, d’émeraude et de saphir, elle inonda son visage, irradia son corps, se diffusa lentement vers tous ceux qui l’entouraient et les rendit évanescents. Au loin, à l’ouest, au sud, à l’est et au nord, le ciel s’assombrit et se zébra d’éclairs. Leur intensité était si grande que l’on eût dit qu’une immense couronne d’épines d’or et d’argent ceignait le grand Jard et s’apprêtait à l’engloutir sous la morsure de ses ronces. L’horizon se brouilla et se mit à danser, tanguer et chahuter si fort que le chant des oiseaux se tut immédiatement. Un profond silence envahit l’assistance, toute tétanisée qu’elle était. Un coup de tonnerre ébranla soudainement l’atmosphère, puissant et impérieux comme la voix d’un magister martelant à l’assistance un ordre divin.

" Dieu le veut ! Dieu le veut ! ". Etait-ce bien cela que les compétiteurs comprirent lorsque le dernier roulement s’estompa au loin ? Que pouvait-il signifier d’autre ?

Rien, si ce n’est que le méandre de la rivière formant l’anse du Jard, ne résista à la force qui submergea alors l’espace et le temps. Un autre monde en surgit sans crier gare. Le vent se leva et tourbillonna en rugissant, soulevant et arrachant la cime des marronniers. Sous leur pied, le sol se mit à trembler avant de s’entrouvrir et de les attirer sans bruit ni cri dans ses entrailles encore toutes fumantes des brumes matinales. Les allées ceinturant les bassins du Jard s’estompèrent pour retrouver le niveau naturel du sol. Leur remblai végétal s’effondra, s’effrita et se laissa entraîner vers ses origines, rejoignant ainsi le lit du canal Louis XII qui s’en trouva comblé. Du jardin, il ne resta bientôt plus qu’une vaste étendue herbeuse parsemée de ci, de là, de saules décharnés par les rigueurs de l’hiver. La prairie s’étendait vers le sud bien au delà des limites actuelles du Jard et, vers l’est, jusqu’à la rivière de Nau. Au nord, elle venait buter sur les larges et profonds fossés des fortifications de la ville et, à l’est de la porte du Jard les perçant, sur un cimetière, dit du Jard ou de la Madeleine du Jard, s’étendant jusqu’au Nau.

Un vent glacial agita l’herbe gelée de la prairie. Mais, en cette fin de matinée de la chandeleur de l’an de grâce 1147, la foule immense qui l’envahit n’en avait cure. " Dieu le veut ! Dieu le veut ! " paraissait son seul leitmotiv. Chacun le répétait en hâtant le pas pour se diriger vers une haute chaire en pierres de taille. Elle se dressait au milieu de la prairie, à six cents pas environ de la porte du Jard, juste à main droite du chemin de terre sur lequel elle s’ouvrait en direction du sud. La chaire s’élevait d’une demi-douzaine de pieds au-dessus du monticule de terre sur lequel elle reposait. De part et d’autres, on devinait l’amorce des marches qui pénétraient son socle afin d’accéder à sa plate-forme. Sa façade était sobrement décorée d’une scène des évangiles représentant Jésus recevant le baptême de Jean et encadrée de deux colonnades fort rustiques. Par derrière la chaire, une vaste estrade surmontée d’un grand dais sang et or avait été dressée, sans doute pour recevoir dignement des hôtes de marque qui assisteraient quelque prédicateur venu haranguer une foule sans fin se pressant et s’agglutinant déjà tout autour.

Tout ce que la Champagne comptait de chevaliers, de gens d’armes et d’Eglise semblait s’être donné rendez-vous en ce lieu avec les habitants de la ville et des villages alentours. Les bannières et oriflammes claquaient au vent tandis que les chevaux piaffaient d’impatience. " Place ! Place ! ". Sur le chemin menant à la chaire, sous la conduite d’un sergent de ville, des piquiers écartèrent la foule sans aucun ménagement. Des fortifications formées de " chasteaux et bastides de bois ", le son des trompettes s’éleva. Le pont-levis qui fermait la nuit la porte du Jard se mit à trembler sous le pas rythmé et le poids des soldats et des chevaux.

Devant eux avançait un moine cistercien, aisément reconnaissable à sa tunique lui tombant des épaules jusqu’aux chevilles, recouverte d’un ample manteau à capuchon à larges et longues manches, coule rustique en laine écrue non teinte comme la tunique, et d’un scapulaire noir tombant légèrement au-dessus des genoux, le tout serré à la taille par une ceinture de corde. Le moine blanc ouvrait la marche en s’appuyant de la main droite sur un immense bâton de pèlerin terminé par une croix. Sur son passage, la foule retenait son souffle et priait pour qu’il ne tombât point, tant il était maigre et faible. Il y avait si peu de vie sur ses joues creuses et pâles que les derniers poils roux de sa barbe blanche semblaient puiser toute l’énergie qui ne s’échappait pas de la braise de ses yeux noirs perçant du creux de son capuchon

— Qui est-ce ? murmura Urbain à l’adresse de Memoria.

— Bernard

— Bernard  ?

— Bernard de Clairvaux

— Lui ? Ce vieillard si frêle que le moindre souffle de vent briserait en deux ? Bernard de Clairvaux, cette haute conscience morale du XIIème siècle ? Non, ce n’est pas possible.

— Si, te dis-je. Ne te fies pas à son apparence malingre car, encore plus chez lui que chez d’autres, l’habit ne fait pas le moine ! Ses prédications sont terribles, crois-moi, et rares sont ceux qui y résistent. Les mères en éloignent leurs fils et les femmes leur mari de crainte qu’ils ne le suivent tous au monastère ou ne prennent la croix…

Pour les Chaalonnais de ce milieu du XIIème siècle, Bernard de Clairvaux était depuis déjà longtemps une figure emblématique de leur cité. Il en franchit les remparts pour la première fois afin d’être ordonné prêtre le 15 août 1115 par le célèbre philosophe et théologien Guillaume de Champeaux, évêque de Chaalons en Champaigne. Cette visite ne resta pas inaperçue car, comme le soulignera bien plus tard Jean-Paul de Séville dans " Ils sont passés à Chaalons ", son grand livre d’or de Chaalons-en-Champaigne, le fondateur de l’abbaye de Clairvaux restera trois mois auprès de l’évêque philosophe. Ce dernier entreprit de le soigner tant l’ascète de Clairvaux était faible. Celui-ci reviendra plusieurs fois à Chaalons, et notamment le 2 février 1129 où il participa à un concile réuni par le cardinal-légat Mathieu d’Albano. L’année suivante, à la mort d’Herbert, cinquante et unième évêque de Chaalons et successeur de Guillaume de Champeaux, la renommée de Bernard lui vaudra d’être élu sur le siège épiscopal par le chapitre cathédral. Il refusa la charge et proposa Geoffroy Ier, dit Col de Cerf, successivement abbé de Saint-Thierry de Reims et Saint-Médard de Soissons, ce qui fut aussitôt accepté

Chaque fois que Bernard vint à Chaalons, une force mystérieuse guida ses pas vers le Jard. " Parce que Dieu le veut ", se répétait-il en son for intérieur comme pour se justifier. Là, gravissant les marches de la chaire à prêcher qui s’y trouvait – ne disait-on pas qu’elle avait été érigée pour lui ? – et à laquelle son nom a été depuis définitivement attaché, il entreprenait à chaque fois des sermons d’une si grande éloquence qu’ils comblaient de joie l’âme des Chaalonnais et des nombreux pèlerins attirés par la rumeur selon laquelle Bernard accomplissait des miracles.

Bref, en cet an de grâce 1147, la réputation de Bernard n’était plus à faire auprès des Chaalonnais. Ni, au demeurant, de tout l’Occident chrétien. Car comment ignorer que, depuis plus d’un quart de siècle, sa personnalité et sa spiritualité influencèrent considérablement les princes, auprès de qui il joua un rôle politique éminent par ses conseils ? Ne les prodigua-t-il pas de même aux évêques et aux papes ? Du reste, l’actuel, Eugène III, un ancien moine de l’abbaye de Clairvaux et l’un de ses anciens disciples, ne lui avait-il pas confié en 1145 la mission de prêcher la deuxième croisade ? Bernard n’avait-il pas rencontré un vif succès le 31 mars 1146, jour de Pâques, devant une foule immense réunie à Vézelay en présence du roi Louis VII de France ? Et ne disait-on pas aussi dans tout Chaalons qu’il revenait de Spire où, le 27 décembre dernier, Bernard tenta de convaincre l’empereur du Saint Empire romain germanique, Conrad III de Hohenstaufen, que la croisade était un moyen d’obtenir la grâce et l’absolution des péchés ?

Un argument auquel Louis VII avait été fort sensible un an plus tôt, lui que le pape Innocent II excommunia en 1142 après qu’il se fut opposé à la nomination de l’archevêque de Bourges. Rendu furieux par la sanction papale, Louis VII poursuivit le prélat jusqu’en Champagne où ce dernier avait trouvé refuge et ravagea le pays. Lorsqu’il entra dans Vitry-en-Perthois, le roi mit le feu aux quatre coins de la ville et contraignit ses habitants, terrifiés, à se réfugier dans l’église où, se disait-il, un millier d’entre eux périrent. Devant l’horreur de son crime, le monarque fut prit d’un immense repentir et, grâce à la médiation de Bernard de Clairvaux, se réconcilia avec la papauté en reconnaissant en 1144 l’archevêque de Bourges et en annonçant le 25 décembre 1145 son intention de prendre la croix.

De tout cela, la foule amassée au Jard sur le passage du saint homme n’ignorait rien. Comment, au demeurant, eût-il pu en être autrement ? Le matin même, les cloches des églises de Chaalons ne sonnèrent-elles pas à toutes volées pour annoncer l’arrivée du roi de France Louis VII le jeune venu accueillir les ambassadeurs de l’empereur Conrad III et le duc Welf de Bavières accompagnés de Bernard ? Trois jours durant, Chaalons se transforma en capitale du royaume et abrita les pourparlers des préparatifs de la croisade que scellera quinze jours plus tard le concile d’Etampes des 16 au 18 février 1147.

Une troupe nombreuse suivait Bernard de Clairvaux et déclenchait sur son passage les vivats de la foule s’époumonant à crier " Vive le roi ! ". L’oriflamme rouge de Saint Denis, protecteur du royaume, claquait au vent. Derrière l’étendard royal, la fine fleur de la chevalerie française escortait Louis VII. Celui-ci avait revêtu le manteau royal bleu azur doublé d’hermine et brodé de ces " Flor de Loys " d’or, ou Fleurs du Roi Louis, symboles de loyauté et de fidélité. Symbole de la royauté, également, que ces fleurs de lys mariales qu’il venait d’adopter sur les conseils de Suger et Bernard de Clairvaux. Ce faisant, il plaçait ainsi le royaume sous la protection de la Vierge dont le culte ne cessait de croître partout en France, et notamment à Chaalons où l’on commençait la construction du transept de Notre-Dame-en-Vaux par-devant son cloître roman démoli en 1759.

Bernard gravit une à une les marches de la chaire, se dressa devant la foule, les bras écartés, et réclama le silence. Derrière lui, sous le dais, le roi prit place et s’assit, entouré des ambassades de Conrad III et de Barthélémy de Senlis, le nouvel évêque de la Ville. Les brumes hivernales se dissipèrent et un pâle soleil traversa le drap du dais, découpa la silhouette de l’abbé de Clairvaux et l’auréola d’une secrète lumière qui lui donna une majesté si éclatante que plus d’un participant se signa. De ce corps si frêle monta alors une voix profonde et puissante où Bernard mit tout le feu dévorant son âme au service de la croisade.

" …Pour les chevaliers du Christ, c’est en toute sécurité qu’ils combattent pour leur Seigneur, sans avoir à craindre de pécher en tuant leurs adversaires, ni de périr, s’ils se font tuer eux-mêmes. Que la mort soit subie, qu’elle soit donnée, c’est toujours une mort pour le Christ : elle n’a rien de criminel, elle est très glorieuse. Dans un cas, c’est pour servir le Christ ; dans l’autre, elle permet de gagner le Christ lui-même : celui-ci permet en effet que, pour le venger, on tue un ennemi, et il se donne lui-même plus volontiers encore au chevalier pour le consoler. Ainsi, disais-je, le chevalier du Christ donne-t-il la mort sans rien redouter ; mais il meurt avec plus de sécurité encore : c’est lui qui bénéficie de sa propre mort, le Christ de la mort qu’il donne.

— Son discours est terrifiant !
Urbain se tourna vers Memoria. On croirait entendre un Ayatollah ! — Il n’y a, de fait, guère de différences entre les deux, si ce n’est huit siècles d’écart, lui répondit-elle. Mais les hommes ont besoin de certitudes et celles des fous de Dieu sont tellement séduisantes...

" Car ce n’est pas sans raison qu’il porte l’épée : il est l’exécuteur de la volonté divine, que ce soit pour châtier les malfaiteurs ou pour glorifier les bons. Quand il met à mort un malfaiteur, il n’est pas un homicide, mais, si j’ose dire, un malicide. Il venge le Christ de ceux qui font le mal ; il défend les chrétiens. S’il est tué lui-même, il ne périt pas : il parvient à son but. La mort qu’il inflige est au profit du Christ ; celle qu’il reçoit, au sien propre. De la mort du païen, le chrétien peut tirer gloire, puisqu’il agit pour la gloire du Christ ; dans la mort du chrétien, la générosité du Roi se donne libre cours : il fait venir le chevalier à lui pour le récompenser. Dans le premier cas, le juste se réjouira en voyant le châtiment ; dans le second, il dira : "Puisque le juste retire du fruit de sa justice, il y a sans doute un Dieu qui juge les hommes sur la terre."

" Pourtant, il ne convient pas de tuer les païens si l’on peut trouver un autre moyen de les empêcher de harceler ou d’opprimer les fidèles. Mais, pour le moment, il vaut mieux que les païens soient tués, plutôt que de laisser la menace que représentent les pécheurs suspendue au-dessus de la tête des justes, de peur de voir les justes se laisser entraîner à commettre l’iniquité

" Qu’ils soient rejetés loin de la cité du Seigneur, ceux qui commettent l’iniquité, ceux qui s’efforcent d’enlever les inestimables richesses que Jérusalem réserve au peuple chrétien, ceux qui veulent souiller les Lieux saints et s’approprier le sanctuaire de Dieu. Que les deux glaives des fidèles soient levés sur la tête des ennemis, pour détruire quiconque s’élève contre la foi de Dieu, c’est-à-dire celle des chrétiens, pour que les nations ne disent pas : "où est leur Dieu ?"1.

Lorsque sa voix se tut, un immense murmure parcourut l’assistance avant d’enfler et de gonfler dans un même cri sortant de toutes les poitrines : " Dieu le veut ! Dieu le veut ! Des croix, des croix, qu’on nous donne des croix !

— Je n’y comprends plus rien !
murmura Urbain à l’adresse de Memoria. D’après Barbat, Saint Bernard prêcha la croisade en juin 1147. Or, la scène que tu viens de nous faire revivre se passe bien en hiver, non ?

— Tout à fait ! A la chandeleur, même…

— Comment peux-tu être aussi affirmative

— Parce que c’est le jour où le dieu me fit naître, celui de la fête de l’Imbolc, du retour de la lumière2… Si Barbat avait daigné m’écouter un peu plus lorsqu’il prit la plume, son " Histoire de Chaalons " ne serait pas sujette à caution

— J’ai effectivement souvent entendu Pierre Rajanval être critique sur l’historicité de certains passages de Barbat…

Oui, mais ici, tu peux être un peu indulgent, Urbain ! Dans l’affaire, Barbat a juste fait une petite confusion de dates. Saint Bernard prêcha bien la croisade ici lors de la rencontre qui se déroula du 2 au 4 février 1147 à Chaalons entre Louis VII et les ambassadeurs de l’Empereur Conrad et du duc Welf de Bavière. Lors de cette rencontre, destinée à préparer la deuxième croisade, le départ fut fixé aux environs de la Pentecôte, avec Metz comme lieu de concentration des deux armées. Le 12 mai 1147, Louis VII est fin prêt et il quitte Saint-Denis, l’oriflamme à la main. En chemin, il passe par Chaalons où Bernard de Clairvaux harangue une dernière fois l’armée royale, d’où la confusion de Barbat. Lorsque le roi arrive à Metz aux environs de la Pentecôte, qui cette année-là tombe le 30 mai, il apprend que l’empereur est déjà en route pour Jérusalem ! Le 14 juin, Louis VII quitte donc Metz à son tour pour la terre Sainte.

Notes

1. Lettre de Saint Bernard extraite de " De laude novae militiae " cité par Jean Richard, dans L’Esprit de croisade, Paris, 1969.

2. Voir le chapitre Les brumes de Catalonos dans " L’inconnue du grand bazar ", Editions du Petit Catalaunien Illustré, 2006.

Paru  dans le N°59 du Petit Catalaunien Illustré 3€. Abonnement : 10€

en vente à la librairie Guerlin, place de la République 51000 Châlons-en-Champagne

Pour plus d’info : http://www.catalaunien.net/ 

Tel : 03 26 68 68 00

Courriel : catalaunien@gmail.com  


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• 11/06/2007 - un week-end de collage à Chaalons

 

 

le 17 juin 2007

Faites le bon choix
(pour la fête des pères)

Samedi 9 juin 2007 au matin

 

Depuis un mois, la bataille électorale des législatives ne laissait plus un seul espace disponible pour les informations culturelles sur les panneaux libres expressions. Lorsque Chaalons s’éveilla ce samedi matin-là, ceux de la ville étaient recouverts d’affiches électorales du couple Benjamin Lhéritier – Baptiste Bouc-Bigot et, de-ci, de-là, de leurs deux challengers, Balthazar Trosquot et René Gars de Béocube.

Mais, ce samedi-là, fin de campagne du premier tour oblige, leurs seaux de colle devaient rester au placard afin de respecter la loi. Rien d’étonnant donc que le coffre de la voiture d’Urbain Travy débordât alors d’affiches jaunes et roses. Non point qu’il fît la campagne d’un candidat et entendît se mettre hors la loi ! Mais il entendait profiter du seul créneau disponible pour réaliser, à une semaine de la fête des pères, une campagne de promotion du roman 100% Châlonnais de Bruno Malthet, " L’inconnue du grand bazar ". Aussi ses affiches invitaient-elles les châlonnais à opérer le 17 juin le bon choix en offrant ce roman à leur père et annonçaient-elles une séance de dédicace de l’auteur à la librairie Guerlin le samedi suivant 16 juin 2007 de 15 à 18 heures.

Avec Fabienne Laforge, Séraphin et Martine Lamberty, Urbain Travy se dirigea donc vers les panneaux libres expressions. Tous encadrèrent soigneusement d’affiches les trombines des candidats à la députation en veillant à leur laisser un espace suffisant pour respirer. Benjamin Lhéritier, Baptiste Bouc-Bigot, Balthazar Trosquot et René Gars de Béocube restèrent tout sourire bien qu’ils n’en pensassent pas moins. Mais, soucieux de ne point mécontenter ces électeurs qui leur chatouillaient les moustaches, ils s’abstinrent de tout commentaire et éternuement. Contre mauvaise fortune, ils parurent donc aux anges de devoir cohabiter, l’espace d’un week-end, avec cette belle inconnue du grand bazar d’un côté, son auteur de l’autre côté, bien qu’ils ne les aimassent pas particulièrement depuis que l’un raconta dans l’autre leurs diverses turpitudes chaalonnaises.

Tout était donc bien dans le meilleur des mondes et aurait pu le rester lorsque soudain Les Amis de la Catalaunie tombèrent sur une équipe de colleurs s’activant devant le lycée Oehmichen. En moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, le panneau Libres expressions fut recouvert d’affiches du couple Benjamin Lhéritier - Baptiste Bouc-Bigot tandis que, à quelques pas de là, celles de René Gars de Béocube gisaient en lambeaux sur une pelouse voisine.

Bizarre de chez bizarre… commenta Urbain Travy. Manifestement, Lhéritier et Bouc-Bigot ont un sérieux problème à régler avec René Gars de Béocube ! Mieux vaut éviter les balles perdues. Partons vite d’ici. On les laisse s’entre-déchirer et pendant ce temps-là, on va manger…

Samedi 9 juin 2007

après-midi

Un peu plus tard, dans l’après-midi, Urbain Travy et Séraphin Lamberty reprirent leur tournée promotionnelle et constatèrent avec amertume que leurs affiches du matin avaient été à leur tour arrachées et remplacées par celles de René Gars de Béocube. Il en allait de même de celles du couple Benjamin Lhéritier - Baptiste Bouc-Bigot qui agonisaient au sol, leurs minois tout chiffonnés et rageusement lacérés. Seule l’une d’entre elles semblait avoir survécu à ce carnage et pendait à moitié dans le vide, laissant le couple la tête en bas au bord de l’asphyxie. Aussi, pris d’une soudaine compassion devant une fin si tragique, Urbain Travy acheva-t-il de l’arracher, en fit une grosse boulette et la jeta dans son coffre.

Tu fais quoi ? Tu veux l’emmener aux urgences ?

— Non, mais on ne pollue pas, nous ! Je la mettrai donc chez moi là où elle doit finir sa vie : à la poubelle.

— N’empêche ! Si Trosquot savait que tu trimbales Benjamin Lhéritier - Baptiste Bouc-Bigot dans ta bagnole, il serait vert de rage.

Si Trosquot veut monter avec eux dans le coffre, il n’a qu’à venir les rejoindre. Et comme je ne suis pas sectaire, moi, je lui réserverai le même sort !…

Tout en dissertant de la sorte, Urbain Travy et Séraphin Lamberty entreprirent de réparer l’affront fait à " L’inconnue du grand bazar " par d’incultes colleurs d’affiches. Soudain, un violent crissement de pneus retentit et les stoppa net dans leur élan.

Quand vous arrachez, ramassez, M. Travy ! s’insurgea le passager avant qui se présenta comme étant le chef de cabinet du bourgmestre. Ne laissez pas notre vénéré bourgmestre et son fils spirituel dans le caniveau… Désolé, mais ce n’est pas nous ! se défendirent les Amis de la Catalaunie. Dites-le plutôt à vos équipes de colleurs et à celles de René Gars de Béocube ! Et puis, de quel droit collez-vous la veille des élections ? N’est-ce pas interdit ?

— Jusqu’à minuit, nous avons l’autorisation du bourgmestre…

— Ah bon ! Et les autres ?

— Nous avons l’ordre de les recoller…

— Et nous ?

— Vous ? Vous n’étiez pas prévu au programme, mais puisque vous faites la campagne de promotion d’un livre iconoclaste, on est obligé de vous recouvrir…

— Ah ? Pourquoi donc ?

— Parce qu’il faut absolument que les Chaalonnais sachent que Lhéritier est apparu et le voient partout aux côtés de Bouc-Bigot… A peine eut-il terminé sa phrase qu’un nouveau crissement de pneus retentit et qu’une grosse mercedes s’immobilisa au milieu de la chaussée. Deux caïds en sortirent, l’air manifestement en colère.

— Tiens, voilà vos copains ! lâcha Urbain Travy au chef de cabinet.

— Kiséki a arraché les affiches de René Gars de Béocube ? Z’avez pas le droit ! vociféra l’un des " copains " du couple Lhéritier – Bouc-Bigot.

— C’est pas nous, c’est eux ! souligna Urbain Travy en leur désignant l’équipe du chef de cabinet. Bon et bien, les présentations étant faites, ma foi, on vous laisse laver votre linge sale en famille. Tchao et pensez à laisser une petite place pour " L’inconnue du grand bazar ", ça serait sympa… Puis, se tournant vers Séraphin Lamberty, il ajouta : quant à nous, il faudra qu’on repasse demain !

 

 

 

Dimanche 10 juin 2007

Durant la nuit, le paysage changea. Au petit matin, la moitié des panneaux libres expressions ne laissa apparaître que les trombines du couple Lhéritier – Bouc-Bigot. L’autre moitié avait été recouverte d’affiches blanches et vierges. Manifestement, le bourgmestre avait envoyé, comme à l’habitude, son équipe de nettoyage spécialisée dans le tri sélectif. En y regardant de plus près, Urbain Travy et Séraphin Lamberty constatèrent en effet qu’elles masquaient principalement des affiches de René Gars de Béocube. Quant à celles collées la veille pour la promotion de " L’inconnue du grand bazar ", le premier roman 100% châlonnais, elles étaient recouvertes par un épais mille-feuille fort indigeste, signe que la bataille pour le monopole d’affichage avait été particulièrement rude durant la nuit entre les bandes rivales !

Bon et bien maintenant, à nous ! lança Urbain Travy. Collons pour la gloire de Memoria et tant pis pour celle de Lhéritier et de Bouc-Bigot…

Les deux amis y allèrent de bon cœur et avec ardeur. Ce fut un véritable feu d’artifice rose et jaune, comme celui de la veille pour l’arrivée du TGV-Est et, en moins de trois heures, le travail fut achevé. Proprement, comme il se doit, sans bavure ni arrachage, sur toute l’agglomération. Ce dynamisme culturel attira, bien évidemment, la curiosité de la police qui ne put que constater la légalité de cette opération de promotion un jour d’élection. Plus d’un passant s’arrêta également et, après s’être enquis de l’œuvre affichée, l’applaudit comme étant salvatrice et exprima son ras-le-bol de devoir supporter les tronches des Bouc-Bigot, Lhéritier, Trosquot et Gars de Béocube réunis. Une automobiliste encouragea même vivement les deux amis à " encoller le faux rouquin ".

Le rouquin ? Quel rouquin ?

— Ben, Bouc-Bigot ! Il a une moumoute sur la tête, ou quoi, le bourgmestre ?

— Non, non ! Paraît qu’il se fait teindre la touffe par Lhéritier…

— Moumoute ou teinture, recouvrez-le ! Y’en a marre de voir sa tronche et celle de son petit minet… Au fait, dites voir : c’est quoi, le bouquin dont parle votre affiche ?

— Un roman 100% Châlonnais : le sauvetage de caves médiévales menacées par la Marie-Rose et…

— … et Bouc-Bigot ? Ouais, ça me revient, j’en ai déjà entendu parlé dans La Force. Et c’est une histoire vraie, non ?

— Toute ressemblance avec des événements et des personnages existant serait une pure coïncidence…

— C’est bien ce que je disais ! Et sinon, c’est quand, votre dédicace de " L’inconnue du grand bazar ", M. Travy ?

— Samedi 16 juin de 15 à 18 heures, à la librairie Guerlin, place de la République.

J’y serai…Et pensez à l’annoncer dans La Force. Parce que, vous savez, passé dimanche, je crains fort que Bouc-Bigot et Trosquot & co recouvrent vos affiches…

— On s’y attend effectivement. A croire que ce roman les dérange ! Pourtant, pour la fête des pères, c’est une excellente idée de cadeau…

— A samedi, donc, pour ma dédicace...

 

www.catalaunien.net

catalaunien@gmail.com 

 


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• 2/06/2007 - Rencontre avec Bruno Malthet

Lorsqu'une inconnue l'apostrophe sur la place de l'Hôtel de Ville enneigée, Urbain est loin d'imaginer qu'elle va l'entraîner jusqu'à l'antique Catalonos où elle prétend être née. Pareille aventure était déjà arrivée, trente ans plus tôt, à Pierre Rajanval et Arsène Colvert. Tous deux sont formels : le retour de l'inconnue est le signe qu'un danger menace le patrimoine de la Catalaunie. Elle confie à Urbain une mission : sauver les caves médiévales menacées par un projet immobilier. Une mission qui va le conduire dans les souterrains de Chaalons-en-Champaigne et, au risque de sa vie, dans le puits des temps immémoriaux. Pour l'accomplir, il devra affronter la colère du bourgmestre de la ville dont il entrave les plans, les moulinets de Maître Gudulle, un ténor du barreau parisien spécialement dépêché pour le combattre, les foudres de la terrible Marie-Rose, l'échevine à la Modernité Urbanistique, et bien d'autres personnages que l'on dirait parfois sortis d'une infernale boîte de Pandore. Pour eux, les vieilles pierres ne présentent aucun intérêt, sans doute parce qu'ils ignorent qu'elles contiennent la mémoire du temps, celle que nous fait découvrir et explorer l'énigmatique inconnue. Celle-ci intrigue d'autant plus Fabrice Zagon, le Rouletabille du journal La Force, que son visage est mystérieusement troublé sur toutes les photos qu'il prend d'elle...

Rencontrez Bruno Malthet, auteur de L'inconnue du Grand Bazar , qui dédicacera son roman

le 17 juin 2007

de 15h à 18h

à la librairie Guerlin-Martin

à Châlons-en-Champagne

L’inconnue du grand bazar de Bruno Malthet, éditions du Petit Catalaunien Illustré

16 rue Binet 51000 Châlons-en-Champagne tel : 03 26 68 68 00

courriel : catalaunien@gmail.comclub-internet.fr    

En vente en librairie et sur commande  24€ (port compris)

 Pour plus d'info : www.catalaunien.net

Avec L’inconnue du grand bazar, Bruno Malthet signe son premier roman. Châlonnais, il fonde en 1991 l’association Nouvelle Catalaunie et son trimestriel, Le Petit Catalaunien Illustré. Avec les articles qu’il écrit et publie dans ce périodique, il vulgarise les deux mille ans d’histoire de Châlons et de son patrimoine ainsi que les combats que l’association mène pour le protéger. Écrit avec beaucoup d’humour et de poésie, ce roman entraîne son lecteur en Catalaunie - une mystérieuse contrée inconnue des historiens et encyclopédistes - et dans sa mémoire, la Memoria catalaunica. Le passé et le présent s’y enchevêtrent dans une fiction qui nous conduit à découvrir les 2000 ans d’histoire de sa capitale, Chaalons-en-Champaigne, laquelle ressemble étrangement à Châlons-en-Champagne. Mais, avertit d’emblée l’auteur, toute ressemblance avec des personnages et des événements existant ou ayant existé ne serait qu’une pure coïncidence. Cela sera-t-il suffisant pour rassurer tous les passionnés et amoureux du patrimoine châlonnais ? Les événements qu’il relate sont tellement inimaginables qu’il ne saurait en être autrement

Pour le 15ème anniversaire de sa création, l’Association Nouvelle Catalaunie a décidé de publier un roman écrit par son président : L’inconnue du grand bazar. Ce roman se veut 100% châlonnais. C’est, à notre connaissance, le premier roman qui le soit, même si son histoire se passe à Chaalons-en-Champaigne. Non, ne cherchez pas : il n’y a pas de faute ! Il y a bien deux " a " à Chaalons et un " i " à Champaigne, nom que porte dans ce roman la capitale de la mystérieuse Catalaunie ignorée des dictionnaires. Le Petit Catalaunien Illustré publie en avant-première des extraits de cette œuvre tout à la fois roman policier, d’amour et militant où l’humour et la poésie se disputent la prééminence malgré la gravité du sujet.

L’idée de ce roman est partie de la publication des recueils de nouvelles à fond historique de Louis Grignon, Les chausses de Jehan de Soudron, et de Roger Canard, Histoires de Catalaunie, mettant en scène l’histoire locale. A cette histoire locale, Bruno Malthet avait grande envie d’y adjoindre celle du patrimoine et d’inviter ses lecteurs, qu’ils soient du cru ou non, à (re) découvrir Châlons autrement que dans un livre d’histoire, une monographie monumentale ou un guide touristique. Bref, en joignant l’utile à l’agréable.

Pour y parvenir, il avait entre les mains toutes les pièces d’un puzzle patiemment réunies au cours des quinze années d’existence du Petit Catalaunien Illustré qui en publia un grand nombre. Restait à trouver comment les assembler et à libérer le temps de le faire. Un matin d’août 2005, sous le ciel breton, l’auteur enfourcha son vélo en direction du supermarché du coin et en revint avec un mystérieux petit carnet rouge. Il se mit à y griffonner un tas d’idées, de noms, de dates et d’événements n’ayant souvent pour seul rapport entre eux que le crayon qui les libérait. L’inconnue venait de l’habiter et ne le quitta plus au point d’envahir ses rêves et ses pensées !

A l’origine, il devait s’agir d’une suite de nouvelles. Mais, très vite, celles-ci se trouvèrent quelques affinités et firent front commun. Aussi exigèrent-elles de leur maître qu’il respecte la règle des trois unités de la tragédie classique et qu’il plante le décor dans un même lieu, la Catalaunie, dans un temps donné, celui de l’histoire bimillénaire de Châlons, et autour d’une grande action, la défense du patrimoine. Autant dire qu’il se serait agi d’une mission impossible, surtout en ce qui concerne le temps, si L’inconnue du grand bazar n’avait pas rapidement pris les choses en main. Voire, comme elle en est fortement soupçonnée, carrément la plume.

Car, s’il y a quelque chose dont Bruno Malthet manquait pour écrire ce roman, c’était bien de temps ! N’allez pas croire pour autant qu’il aurait utilisé les services d’un nègre pour boucler ce premier tome (il a la prétention de récidiver) de sa Memoria catalaunica. Il en revendique la paternité et il n’y a pas lieu d’en douter.

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à ce roman qui, bien qu’il se passe en Catalaunie, dont ces charmantes bêtes broutèrent longtemps les savarts, ne les mentionne même pas paissant autour du petit village de Pouilles-les-Punaises... Qui donc est cette inconnue, l’héroïne de ce roman, qui entraîne un président d’association dans la mémoire du temps et dans une singulière croisade pour sauver des caves médiévales ? Cet étrange personnage détient-il vraiment de mystérieux pouvoirs au point de nous faire revivre des pans entiers de l’histoire locale jusqu’alors demeurés secrets, voire de nous permettre de découvrir des trésors médiévaux, telle la salle des Cinq Chemins, inconnus des historiens et des services des Monuments historiques ? Où s’arrête l’histoire et où commence la fiction dans ce roman ?

L’œuvre est apocryphe et apodictique, prévient Bruno Malthet dans son avertissement. Et assurément elle l’est, pour peu que l’on veuille bien rechercher le sens de ces deux mots. Comment, au demeurant, en serait-il autrement lorsque l’effet miroir voulu par l’auteur joue à plein durant 350 pages ? Telles des glaces concaves, convexes ou sans teint, chacune d’elles reflètent, déforment ou amplifient les défauts et qualités des personnages de fiction qui les hantent.

Cependant, ceux qui leur chercheraient quelques ressemblances avec nos contemporains en seront pour leurs frais : il n’y en a pas. Aussi convient-il de s’en faire une raison et de s’attacher au seul objectif recherché et avoué : prendre conscience de la richesse patrimoniale de Châlons-en-Champagne, alias Chaalons-en-Champaigne, de l’importance qu’il y a de la sauvegarder, de l’embellir et de la promouvoir. C’est ce à quoi L’inconnue du grand bazar a l’ambition de parvenir.

Biographie

Bruno Malthet, né à Châlons le 8 janvier 1952, fonde en 1991 et préside depuis l'association Nouvelle Catalaunie. Son trimestriel, Le Petit Catalaunien Illustré, se veut " Châlonnais et fier " de l'être en faisant œuvre de vulgarisation tout en restant une source d'érudition.

Il y publie de nombreux articles et il y donne un éclairage nouveau sur Châlons-en-Champagne, son passé, son histoire, son patrimoine et ses enfants qui, au fil des siècles ont modelé l'âme châlonnaise.

Son regard est résolument tourné vers une nouvelle Catalaunie respectueuse de son passé, comme en témoigne le combat qu'il mena, et gagna, en 2003 pour la sauvegarde et la mise en valeur des cryptes médiévales du CHV, des façades de la place Foch et des perspectives sur Notre-Dame-en-Vaux, menacées par le projet de restructuration de ce centre commercial.


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• 18/01/2007 - L'inconnue du grand bazar

Lorsqu'une inconnue l'apostrophe sur la place de l'Hôtel de Ville enneigée, Urbain est loin d'imaginer qu'elle va l'entraîner jusqu'à l'antique Catalonos où elle prétend être née. Pareille aventure était déjà arrivée, trente ans plus tôt, à Pierre Rajanval et Arsène Colvert. Tous deux sont formels : le retour de l'inconnue est le signe qu'un danger menace le patrimoine de la Catalaunie. Elle confie à Urbain une mission : sauver les caves médiévales menacées par un projet immobilier. Une mission qui va le conduire dans les souterrains de Chaalons-en-Champaigne et, au risque de sa vie, dans le puits des temps immémoriaux. Pour l'accomplir, il devra affronter la colère du bourgmestre de la ville dont il entrave les plans, les moulinets de Maître Gudulle, un ténor du barreau parisien spécialement dépêché pour le combattre, les foudres de la terrible Marie-Rose, l'échevine à la Modernité Urbanistique, et bien d'autres personnages que l'on dirait parfois sortis d'une infernale boîte de Pandore. Pour eux, les vieilles pierres ne présentent aucun intérêt, sans doute parce qu'ils ignorent qu'elles contiennent la mémoire du temps, celle que nous fait découvrir et explorer l'énigmatique inconnue. Celle-ci intrigue d'autant plus Fabrice Zagon, le Rouletabille du journal La Force, que son visage est mystérieusement troublé sur toutes les photos qu'il prend d'elle...

L’inconnue du grand bazar, roman de Bruno Malthet, éditions du Petit Catalaunien Illustré (16 rue Binet 51000 Châlons-en-Champagne), novembre 2006. Prix : 24€ port compris

 

Pour plus d'infos : http://www.catalaunien.net/

courriel : catalaunien@gmail.com

tel : 03 26 68 68 00


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• 18/01/2007 - suite N°1 de l'Inconnue du grand bazar

Proposez une suite au roman de Bruno Malthet  : L'inconnue du Grand Baazar" paru aux Editions du Petit Catalaunien Illustré 

www.catalaunien.com

catalaunien@gmail.com 

Nooonnn ! Ce cri déchirant lui remonta du plus profond de ses entrailles et réveilla Fabienne en glaçant ses sangs. Etait-ce vraiment elle qui venait de le lâcher ? N’avait-elle pas senti vibrer en elle ce timbre si particulier de la voix de Memoria ? Memoria ? Pourquoi Memoria ? Fabienne s’assit sur le lit, épongea son front glacial, attendit que son cœur cessât de battre la chamade, écouta le silence de la nuit et chercha à percer le mystère de cet appel tandis que ses derniers échos se perdaient dans sa tête. Mais la maisonnée était calme et tranquille, pas même troublée par les ronflements d’Urbain. Urbain ? Mue par un étrange pressentiment, elle dirigea sa main vers lui. Sa place était vide et froide… Affolée, Fabienne se leva et l’appela dans toute la maison. Pas de réponse. Elle alla dans l’entrée vérifier s’il avait pris ses clés et était sorti. Ses clés étaient toujours posées sur guéridon et ses chaussures sur le paillasson. Le cri entendu dans son sommeil – qu’elle avait elle-même poussé ? – résonnait encore dans sa tête. Elle prit une lampe de poche et descendit à la cave. Tout était en ordre. En remontant elle pensa appeler Memoria avec laquelle il s’était peut-être lancé dans une nouvelle aventure. Mais elle ne savait pas comment entrer en contact avec elle. Memoria, sa sœur jumelle, son double ?. Pas par téléphone, ni par internet. Elle ne savait même pas où elle passait son temps lorsqu’elle n’était pas avec eux. Faiblement elle prononça son nom. Rien ne se produisit. " Memoria viens, je t’en prie, je t’en supplie, viens à mon secours, Urbain a disparu ". Tremblante d’angoisse et d’appréhension, elle éleva un peu la voix et osa donner libre cours à un soupçon qui la hantait depuis le début de cette histoire : " Memoria, si Urbain est avec toi, dis-le moi ! "

 


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• 17/01/2007 - L'inconnue du grand bazar : mais qui est Memoria ?

Mais qui est donc Memoria ?

Pour moi l’inconnue du grand bazar, appelée Memoria, est l’ange gardien de la ville, la conscience de ses habitants.

Tout fout le camp. Il faut faire vite car time is money. Privilégier ses intérêts quant à faire. No future, détruisons. La réflexion, l’altruisme, l’harmonie sont des notions dépassées quoiqu’on en dise.

Nous avons besoin de Memorias partout et dans tous les domaines : environnemental (tiens, c’est à la mode en ce moment !), social, patrimonial…

Je fais appel à tous les anges gardiens du monde : aidez-nous !

Mais comme dit le proverbe : aide-toi, le ciel t’aidera, je continue à militer.

SOS.

Lire à tout prix : "L'inconnue du Grand Bazar" de Bruno Malthet, aux Editions du Petit Catalaunien Illustré

 www.catalaunien.net

catalaunien@gmail.com 


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