La Catalaunie dans tous ses états

• 11/11/2019 - Les mémoires insolites de Messire Ysidor

Les mémoires insolites de Messire Ysidor

de Sabine Schepens et Bruno Malthet

 

En l’an de grâce 1957, Messire Ysidor, grand coq de l’église Notre-Dame-en-Vaux de Châlons-en-Champagne, confie le soin à son confrère Philibert de recueillir  ses mémoires car ses jours sont comptés. On échafaude en effet sa flèche sud pour la restaurer et, par conséquence, le remplacer. Or, depuis 700 ans qu’il est juché à 70 mètres de hauteur, rien n’a échappé à Messire Ysidor qui est la mémoire de la ville et de sa contrée. « La Grande Histoire, je peux te la raconter aussi bien, voire mieux, que dans les livres », confie-t-il à son compère de la flèche nord.

 Mais la petite histoire… moi seul la connaît véritablement. Je vais te relater des faits d’autant plus intéressants qu’ils ne sont pas connus. Assurément, ils ont le piquant de la nouveauté ! Je me dois de te confier tous mes secrets afin qu’un jour tu puisses à ton tour les transmettre. » Ces histoires insolites, recueillies par Sabine Schepens, se passent à Chaalons, à Coolus, au Mont-Aimé, aux Grandes-Loges, à Juvigny ou encore à Bouzy, Champaubert, Pogny, Renneville ou Voipreux. On y croise Jeanne d’Arc, le frère de Christophe Colomb, Juliette Récamier, Alexandre Dumas fils, un hérétique, un ministre du roi, la fille sauvage, le guettier de Notre-Dame, mais aussi des loups et loups-garous, des monstres, un ogre, une truie criminelle, etc. Entre deux histoires,

Philibert interrompt Messire Ysidor et l’interroge sur l'église Notre-Dame-en-Vaux, les tremblements de terre qui secouèrent la ville, les crues de la Marne, les pierres de tonnerre, la fontaine de la place de la République, etc. Ces dialogues, tout aussi insolites, ont été recueillis avec la participation de Bruno Malthet. 

auteurs : Sabine Schepens et Bruno Malthet

Editions du Petit Catalaunien Illustré, Châlons-en-Champagne, 2019. 392 pages. 

20 euros

achat à :

- l'Espace Catalaunien 7 bis rue Thiers 51000 Châlons en Champagne

- la librairie du Mau place de la République 51000 Châlons en Champagne

- l'Espace culturel E. Leclerc 51510 Fagnières

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• 10/11/2019 - Septembre 1914 Invasion et libération de Châlons-sur-Marne

Publié dans Guerres a Chalons

Septembre 1914

Invasion et libération de Châlons-sur-Marne

Cet ouvrage s’appuie sur un récit au jour le jour publié en 1915 dans le Journal de la Marne et le complète avec un autre, publié en 1917 dans l’Union Républicaine, portant sur les hôpitaux châlonnais pendant l’occupation allemande. Ces récits nous laissent entrevoir la mort rôder sur la ville, ce qu’elle ne va pas cesser de faire durant toute la durée du conflit dans ses hôpitaux et pendant les bombardements. Ce numéro hors-série vient également rendre hommage aux Châlonnais morts pour la France et dresser l’état des victimes blessées, tuées et décédées à Châlons lors des bombardements et autres faits de guerre survenus de 1914 à 1918.

Editions du Petit Catalaunien Illustré, Châlons-en-Champagne, 64 pages, 2018. 8 euros

 NB : ce hors -série peut être couplé avec "La Grande Guerre à Châlons et ses environs" : 40,00 € les deux au lieu de 45,00 €.

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• 10/11/2019 - En flânant dans Châlons

Publié dans Roger Canard

 

En flânant dans Châlons

de Roger Canard

Roger Canard nous a quitté en 2006 en laissant plus d’une centaine d’histoires et récits. Il éditait ses histoires et récits sous forme de petits livrets composés de feuillets volants tapés, pour la plupart, à la machine à écrire qu’il diffusait à ses amis et visiteurs. Parmi les textes non publiés figure une série de récits où Roger Canard nous invite à le suivre « en flânant dans Catalaunum », autrement dit dans les rues de Châlons. Depuis, l’urbanisme a modifié quelques unes des stations auxquelles elles nous invitent. Avec 20 ans de recul, ses narrations nous permettent de mesurer l’ampleur de ces modifications et de flâner sur les pas d’un narrateur hors pair conciliant histoire et patrimoine pour mieux lui transmettre son amour de Châlons.

Editions du Petit Catalaunien Illustré, Châlons-en-Champagne, 60 pages, 2016.

12,50 euros

 

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• 10/11/2019 - Ils sont passés à Châlons

Ils sont passés à Châlons

de Jean-Paul Barbier

Recherches iconographiques et légendes de Bruno Malthet

Ouvrage illustré par plus de 230 gravures, portraits et photos, ce livre retrace quelques 372 passages de princes d’Églises, empereurs, rois, généraux, écrivains, poètes... à Châlons-en-Champagne depuis sa fondation. Soit près de 320 grands personnages. Ce grand livre d’or est l’occasion de revivre des pans entiers de notre histoire locale qui s’entrelace et s’enchevêtre avec celle de France. Une histoire écrite aussi par ces hommes et femmes qui peuplent tous nos dictionnaires comme, entre autres, Jeanne d’Arc, Montaigne, Catherine de Médicis, Henry IV, Louis XIV, Voltaire, Marie-Antoinette, Napoléon, Victor Hugo, le maréchal Foch, Charles de Gaulle, Pierre Mauroy, Michel Rocard ou Jacques Chirac. Cet ouvrage agit comme une machine à explorer le temps.

Editions du Petit Catalaunien Illustré, Châlons-en-Champagne, 188 pages, 2003. 10euros

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• 10/11/2019 - La guerre des pigeons

 

La guerre des pigeons

de Bruno Malthet

Roman 

Une drôle de guerre, qui aurait pu se dérouler partout en France, éclate dans le ciel de Chaalons-en-Champaigne en ce début de XXIe siècle. Précédée d’une déclaration en bonne et due forme et d’un prêche comme au temps des croisades, elle oppose l’innombrable nation colombine à un échevin colombophobe, le général Eugène Thanase. Celui-ci est un fervent partisan, comme son ami le proconsul Balthazar Trosquot, de la lutte finale. Face à eux, quelques irréductibles s’obstinent à voir dans les pigeons non pas des rats-volants, mais de pacifiques volatiles. Entre les deux camps, une foule de personnages s’agite dans l’ombre. La terrible Marie-Rose, bien sûr, le bourgmestre Bouc-Bigot obsédé par la teinte de sa mèche rebelle, mais aussi une étrange marionnette, la Sarkote, ou bien encore une mystérieuse dame à la colombe venue du fond des temps. Cette dernière apparaît plusieurs fois au général Thanase pour l’inciter à sauver la paix avant qu’il ne soit trop tard. Parviendra-t-elle à convaincre celui en qui ses amis voient un nouveau Nostradamus ? Mitonnés aux petits pois ou épicés à la goloofolie, tout est bon dans les pigeons de ce roman ! On en oublierait presque qu’il nous raconte une terrible guerre et toute sa cohorte de malheurs. A lire sans modération par ceux qui, depuis Rabelais, savent que rire est le propre de l’homme.

Editions du Petit Catalaunien Illustré, Châlons-en-Champagne,  290 pages, 2008. 10euros

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• 10/11/2019 - Les chausses de Jehan de Soudron

Publié dans Louis Grignon

Les chausses de Jehan de Soudron

de Louis Grignon

 

En dépouillant les archives de Châlons, Louis Grignon a accumulé des notes dont il s’inspira pour écrire ses nouvelles à fond historique parues entre 1877 et 1890 dans la presse locale. Il y met en scène l’Histoire et la fait vivre avec humour dans le décor de la Champagne et du Châlons des XVIe et XVIIe siècles. Au passage, Grignon égratigne et se moque de la bourgeoisie locale. Elle prend les traits de Me Gilles, le procureur pingre de « l’Arbalétrier » qui craint fort la peste ou de Me Ytam, l’inénarrable avocat du « Barbier Jodet », parcourant, à l’heure de plaider, les rues de Chaalons en Champaigne à la recherche de son sac à procès...

Editions du Petit Catalaunien Illustré, Châlons-en-Champagne, 1995. 272 pages. 10euros

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• 10/11/2019 - Les 2000 ans d’histoire(s) du nom de Châlons

Publié dans Nom de Chalons

Les 2000 ans d’histoire(s) du nom de Châlons

L’histoire du nom des villes se résume généralement à deux ou trois lignes expliquant son évolution depuis les temps reculés jusqu’à la période moderne. Celle du nom de Châlons constitue une exception. De Catalaunum à Chaalons en Champaigne, de cet usage médiéval la différenciant phonétiquement de Chalon-sur-Saône à sa substitution progressive au XVIIIe par la référence à la Marne, de Chaalons à Châlons, ce sont 2000 ans d’histoires que ce numéro hors-série nous fait revivre et découvrir. Chronologique, cette histoire redresse les erreurs communément commises autour de la période révolutionnaire, qui n’a pas renommé la ville Châlons-sur-Marne, et du décret du 26 décembre 1997 qui consacre le retour au toponyme historique. Abondamment illustré, ce numéro nous fait revivre dans le détail cette longue route jalonnée par une consultation populaire en 1987, une demande officielle en 1988 et une série de déconvenues.

 

Editions du Petit Catalaunien Illustré, Châlons-en-Champagne, 104 pages, 2017. 25 euros

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• 10/11/2019 - 1919 - De la Reconnaissance à la Croix de Guerre - 1920

Publié dans Guerres a Chalons

De la Reconnaissance à la Croix de Guerre

1919 - 1920

Cette chronique locale vient utilement prolonger celle parue en 2018 et consacrée à « La Grande Guerre à Châlons-en-Champagne et ses environs ». Elle s’appuie sur des articles publiés en 1919 et 1920 dans L’Union Républicaine et Le Journal de la Marne, ainsi que sur l’iconographie disponible.

Seule une catharsis collective pouvait permettre aux Châlonnais de surpasser le traumatisme de la Grande Guerre en glorifiant l’héroïsme des uns et des autres. Elle s’opère à travers les grandes manifestations patriotiques de l’après immédiat de la Grande Guerre. Le 14 septembre 1919, la fête de la Reconnaissance rend hommage à ses vaillants poilus et à leur chef, le général Gouraud. Celui-ci, qui a préservé Châlons en juillet 1918 d’une seconde invasion, se voit offrir une épée d’honneur. Quatre mois plus tard, le 8 février 1920, Raymond Poincaré, Président de la République, remet à la ville de Châlons la Croix de Guerre.

Editions du Petit Catalaunien Illustré, Châlons-en-Champagne, 60 pages, 2019. 12,50 euros

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• 10/11/2019 - Les trompettes de l’apocalypse

Les trompettes de l’apocalypse

de Bruno Malthet

Roman

Sous le prétexte fort badin de conclure le sujet qu’il avait laissé au milieu du gué avec La guerre des pigeons, l’auteur nous conduit où il veut bien nous mener. Il nous dévoile nombre de vérités qu’il prétend cachées. On y cherchera en vain une quelconque ressemblance avec on ne sait qui ou quoi, même si, au fil des pages, l’auteur nous fait découvrir la ville où se déroule son intrigue, la capitale de la mystérieuse Catalaunie inconnue des dictionnaires. Dans Les trompettes de l’apocalype, comme dans ses deux précédents romans, son histoire de Chaalons-en-Champaigne - celle d’hier et d’aujourd’hui - se mire volontiers dans le miroir de la réalité. L’auteur cultive avec bonheur l’ambigüité entre son sujet et des faits divers dont, parfois, il fut acteur. Aussi laisse-t-il son lecteur libre de découvrir toutes les vérités cachées qu’il pensera ou voudra bien trouver au milieu des fruits de son imagination particulièrement féconde. La satire est parfois cruelle mais elle est toujours salutaire, même si, dans ce troisième roman, elle passe par de violentes tempêtes dans le cerveau d’un étrange devin dont le prétendu Graal conduit tout droit à l’apocalypse. Parmi ses prophéties, citons les déboires environnementaux du bourgmestre dont le projet de parc des expositions est menacé par une crue de la Marne.


Editions du Petit Catalaunien Illustré, Châlons-en-Champagne, 2010, 352 pages. 10 euros

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• 10/11/2019 - Histoires de Catalaunie

Publié dans Roger Canard

 

Histoires de Catalaunie

de Roger Canard

Raconte-moi Châlons ! C’est la demande adressée à un grand-père par sa petite-fille. Et le grand-père avait toujours une histoire à raconter. Mais une histoire qui se déroulait dans cette ville mythique qui a pour nom Châlons-en-Champagne. Souvent, on peut encore en trouver les traces dans le paysage urbain, ce qui permettait d’aller voir sur place le chardonneur, ou les volets qui ne s’ouvrent jamais...

N’est-ce pas là une façon intelligente et passionnante de découvrir sa cité ? Ces détails qui font que Châlons-en-Champagne est une cité pleine de charme, et non un univers de verre et de béton sans âme ! Et qui mieux que Roger Canard connaît ces mille détails de la ville ? Et qui mieux que lui saurait les raconter ?

Editions du Petit Catalaunien Illustré, Châlons-en-Champagne, 52 pages, 2001. 12,50euros

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• 14/05/2017 - Conte d'apothicaire

Conte d’apothicaire

 

      La veuve Theuveny avait vite séché ses larmes et rangé ses mouchoirs en dentelle. Son apothicaire de mari lui avait laissé une épicerie et deux serviteurs. Sa maladie, qui l’avait emporté rapidement, ne lui avait pas donné le temps de régler ses affaires en faisant passer l’examen d’apothicaire à son second. Selon les règles de la confrérie des apothicaires-épiciers de Chaalons, la veuve pouvait tenir boutique avec un « serviteur suffisant » examiné par les maîtres jurés. Si elle avait eu un enfant en âge d’exercer celui-ci n’aurait eu qu’à montrer qu’il était capable d’élaborer une composition à usage interne. N’en ayant pas, elle devait à tout prix faire venir les maîtres jurés pour vérifier les connaissances d’un de ses serviteurs si elle voulait poursuivre le commerce de son défunt mari.  

      La veuve Theuveny avait jeté son dévolu sur le plus jeune, Odilon, un beau garçon de 18 ans. Grand, mince, une belle chevelure blonde bouclée, des yeux clairs et des lèvres charnues qui, lorsqu’elles s’ouvraient sur un sourire, la mettait aux anges. Comme c’était un garçon de joyeuse humeur, la veuve était toujours aux 400 coups : des bouffées de chaleur lui montaient au visage, ses mains se mettaient à trembler et elle en perdait l’usage de la parole. Avant le décès de son mari, elle avait bien remarqué sa fraicheur, sa peau de lait et sa gaité mais, comme elle restait assez souvent dans son intérieur à l’étage et ne descendait que quelques heures par jour, son béguin n’avait pas pris l’ampleur qu’il avait depuis qu’elle était toute la journée dans l’échoppe (elle avait une autorisation provisoire d’exercer pendant trois mois). Elle l’entourait de mille prévenances, elle lui épargnait le nettoyage du sol et des bocaux, pilons, creusets, fioles et autres récipients. Elle avait le projet de lui faire passer l’examen puis de l’épouser. Le jeune homme, dans l’insouciance de la jeunesse, n’avait pas remarqué l’état dans lequel il mettait sa patronne. Et il appréciait le traitement de faveur sans y voir malice. D’autant plus que lorsqu’il lui demandait à partir plutôt, elle ne savait pas dire non face à son sourire d’ange, d’ailleurs elle en restait bouche bée et il en profitait pour sortir, laissant les tâches ingrates à son collègue, Bertin, qui regrettait amèrement son ancien maître.

      Odilon quittait la rue de Vaux plein d’insouciance et s’en allait vers la place du marché au blé animée par des marchands de draps et des paysans qui s’attardaient car les ventes n’étaient pas achevées et les ballots et les bêtes pas encore enlevés. Il la traversait et entrait à l’hostellerie à l’enseigne du Pot d’Etain où travaillait sa promise. Il avait quitté une ambiance calme où fleuraient bon les essences et se retrouvait, soudain, dès l’entrée, dans le brouhaha d’hommes qui mangeaient, buvaient, rotaient, parlaient à haute voix et riaient à gorge déployée dans des fumets de viandes grillées et la chaleur de la cheminée où rôtissait toujours un porcelet ou un agneau. Les paysans dépensaient quelques sols avant de s’en retourner. Ils avaient vendu du blé ou de la laine et buvaient une chopine pour fêter cela. Si les affaires n’étaient pas bonnes, ils buvaient pour oublier tous les efforts qu’il faudrait à nouveau mettre en œuvre dès le lendemain pour survivre. Ils taquinaient la jolie servante qui tourbillonnait entre les longues tablées, ils lui lançaient un compliment qui faisait rosir ses joues, ils essayaient de lui défaire le nœud de son tablier alors qu’elle s’esquivait. Et le jeune apprenti épicier les regardait en souriant, heureux dans cette ambiance bruyante. Il attendait jusqu’à la nuit que la jeune fille ait terminé tout en discutant ou jouant aux cartes. Lorsqu’enfin elle retirait son tablier, ils sortaient sur la place et couraient jusqu’à la rue de l’Olifant et là, à l’abri des regards, ils s’embrassaient. Ils se juraient fidélité. Parfois des amis les retrouvaient et ils allaient dans une taverne jouer au jeu de biribi ou autre. La vie était ainsi, dure mais belle et légère aussi lorsqu’on s’aime.

      Le matin, Odilon retrouvait l’épicerie, située au chevet de l’église Notre-Dame. Ce n’était pas une vulgaire échoppe faite de torchis et soutenue par des pans de bois mais une maison construite de briques et de carreaux de craie harmonieusement appareillés, surmontée d’un logement que le père de feu sieur Theuveny avait fait construire au début du XVIIème siècle. L’intérieur de la boutique respirait la tranquillité d’un commerce bourgeois : les meubles en bois sombre et les nombreux pots  sur les étagères, les poisons, drogues et venins enfermés sous clé derrière un grillage ; le mélange de senteurs qui variait selon les mixtures que Bertin composait ; la réserve des gens appliqués dans leur tâche. Odilon apprenait à préparer les simples, les onguents, les confis et les chandelles sous les ordres de Bertin. Celui-ci ne pouvait se glorifier du nom de maître apothicaire bien qu’il sache faire un désuçer rosarum de Mesué, un électuaire diacarthame d’Arnould, un électuaire lénitif de Bauderon ou bien un onguent résumptif, un emplâtre gratia Dei, un emplâtre pro fracturis et dislocatione ossium et bien d’autres compositions encore. Il connaissait également suffisamment de latin pour comprendre les ordonnances et les livres de pharmacie. Il distillait son enseignement à son apprenti d’un air renfrogné et du bout des lèvres. La nouvelle répartition des tâches le faisait soupçonner sa patronne d’avoir des vues sur le jeunot et il s’imaginait mal en devenir son serviteur lorsque celui-ci aurait épousé la veuve Theuveny. Que gagnait-il à lui enseigner ce qu’il savait ? Devenir maître apothicaire, voilà ce qu’il voulait. Epouser la douairière était envisageable pour consolider sa situation, bénéficier d’un bon revenu et jouir de la respectabilité des commerçants. D’ailleurs elle n’était point trop vilaine : elle avait un visage rond, ses yeux, deux billes foncées inexpressives, ses traits n’avaient rien de particulier, son nez était long et pointu, ses lèvres minces et sans couleur. Elle était plutôt gironde et avait dans les 35 ans.

      Bertin essaya de pousser son avantage lors de la Saint-Luc, la fête des apothicaires. Il y a une grande messe, sans procession, à 9h30, au couvent des Cordeliers, suivie d’un repas. Cette année-là, c’était au tour du maître apothicaire Theuveny de fournir 6 cierges et un pain béni pour la messe. Le serviteur mit alors tout son savoir pour réaliser de beaux cierges de cire jaune de 4 onces. La veuve ouvrit son logis aux confrères de son défunt mari et fournit, comme il se doit, le festin : pain, vin et viandes. Malheureusement pour lui, n’étant pas maître apothicaire, Bertin ne put y assister. Mais à 3h, il rejoignit la confrérie à l’église pour les vêpres et se rendit le lendemain, à 8h, à l’obit dit pour les maîtres décédés. Il se sentait déjà un peu des leurs, enfin il espérait…

      Les jours passaient, Bertin rongeait son frein car la veuve ne prenait pas de décision. En effet celui qui faisait palpiter le cœur de Dame Theuveny et vibrer son âme n’avait pas les 5 années d’expérience requises par la confrérie pour passer l’examen et devenir maître apothicaire. Elle devrait donc épouser Bertin. Ce n’était pas qu’il était plus laid que feu son mari mais il lui déplaisait : il avait une longue figure, un toupet de cheveux roux, de larges mains et de grands pieds. Il souriait rarement et encore moins souvent maintenant qu’elle le cantonnait à des tâches subalternes. Il n’y en avait que pour le blondinet et cette situation agaçait Bertin. Mais il ne pouvait pas quitter l’épicerie car la solidarité au sein de la confrérie n’était pas un vain mot et aucun autre épicier ne l’aurait embauché. Alors la veuve imagina d’acquérir une lettre de maîtrise qui évite de passer les épreuves. Mais à Chaalons, personne n’osait en acheter par peur de la corporation qui voyait ce commerce de titres d’un mauvais œil. Elle ne brava pas la confrérie.

      Enfin une occasion se présenta à Bertin de montrer ses talents, de sauver la réputation de la veuve et de l’obliger à prendre une décision. Les maîtres apothicaires étaient surveillés de près. En effet, les maîtres jurés de la corporation visitaient, accompagnés d’un sergent du bailliage, les boutiques des maîtres apothicaires et épiciers pour vérifier qu’aucune drogue tant simple que composée, ne soit mise en vente au préjudice de l’intérêt public sous peine d’amendes. Ils contrôlaient également le statut du marchand car il faut être maître pour vendre et débiter des marchandises, drogues et épices, poudres et autres qui entrent dans le corps humain.

      Un beau matin se présenta à l’épicerie une bourgeoise. Le médecin avait fait une prescription de simples. La veuve Theuveny demanda à Odilon, le visage enflammé par l’exaltation et avec mille minauderies, de préparer la mixture alors que Bertin commençait à sortir les bocaux. Celui-ci voyant cela, remisa les bocaux. Le sourire aux lèvres, ravi de la confiance que lui témoignait la veuve, et sans forfanterie, Odilon choisit sur les étagères de beaux pots de faïence sur lesquels étaient écrits les noms en latin des simples et les ouvrit. Il pesa, écrasa, dosa et mit le tout dans un morceau de papier, qu’il ferma, ficela et cacheta avec de la cire rouge au sceau de l’apothicaire. La bourgeoise surveillait tous ses gestes, inquiète par sa jeunesse. Elle aurait préféré que ce soit Bertin qui s’occupe de sa médecine. Celui-ci remplissait des bocaux sans s’occuper de ce qui se passait. Odilon donna le petit paquet à la dame et lui dit la posologie. Son large sourire la charma. Le lendemain, un serviteur de la bourgeoise en question vint précipitamment à l’épicerie dire que sa maîtresse avait des maux de ventre atroces, qu’elle était beaucoup plus mal qu’hier et qu’elle allait porter plainte auprès de la confrérie. La veuve bien ennuyée, se tourna vers Bertin qui ne disait mot et continuait de trier des graines de pavots. Elle pensa à la bourgeoise empoisonnée mais aussi et surtout à son commerce...

 

Source : Une plaque de cuivre gravée par Varin a été trouvée au fond d’un canal à Châlons pour 4 étiquettes destinées à un apothicaire nommé Theuveny.

  La suite dans l'ouvrage :   

    Les mémoires insolites de Messire Ysidor

 

En l’an de grâce 1957, Messire Ysidor, grand coq de l’église Notre-Dame-en-Vaux de Châlons-en-Champagne, confie le soin à son confrère Philibert de recueillir  ses mémoires car ses jours sont comptés. On échafaude en effet sa flèche sud pour la restaurer et, par conséquence, le remplacer. Or, depuis 700 ans qu’il est juché à 70 mètres de hauteur, rien n’a échappé à Messire Ysidor qui est la mémoire de la ville et de sa contrée.

« La Grande Histoire, je peux te la raconter aussi bien, voire mieux, que dans les livres », confie-t-il à son compère de la flèche nord. « Mais la petite histoire… moi seul la connaît véritablement. Je vais te relater des faits d’autant plus intéressants qu’ils ne sont pas connus. Assurément, ils ont le piquant de la nouveauté ! Je me dois de te confier tous mes secrets afin qu’un jour tu puisses à ton tour les transmettre. »

Ces histoires insolites, recueillies par Sabine Schepens, se passent à Chaalons, à Coolus, au Mont-Aimé, aux Grandes-Loges, à Juvigny ou encore à Bouzy, Champaubert, Pogny, Renneville ou Voipreux. On y croise Jeanne d’Arc, le frère de Christophe Colomb, Juliette Récamier, Alexandre Dumas fils, un hérétique, un ministre du roi, la fille sauvage, le guettier de Notre-Dame, mais aussi des loups et loups-garous, des monstres, un ogre, une truie criminelle, etc. Entre deux histoires, Philibert interrompt Messire Ysidor et l’interroge sur l'église Notre-Dame-en-Vaux, les tremblements de terre qui secouèrent la ville, les crues de la Marne, les pierres de tonnerre, la fontaine de la place de la République, etc. Ces dialogues, tout aussi insolites, ont été recueillis avec la participation de Bruno Malthet. 

auteurs : Sabine Schepens et Bruno Malthet

Editions du Petit Catalaunien Illustré, Châlons-en-Champagne, 2019.

20 euros

achat à :

- l'Espace Catalaunien 7 bis rue Thiers 51000 Châlons en Champagne

- la librairie du Mau place de la République 51000 Châlons en Champagne

- l'Espace culturel E. Leclerc 51510 Fagnières

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Pour en savoir plus sur les publications du Petit Catalaunien Illustré et pour commander :(règlement par chèque)

www.catalaunien.net

Contact : catalaunien@gmail.com       

  

 



[1] Par un édit de 1467, apothicaires et épiciers châlonnais forment une seule corporation. Souvent ils exercent les deux commerces, et même celui de la cire. Mais certains sont épiciers simples. Des merciers vendent aussi de l’épicerie. En 1777, les deux professions d’épicier et apothicaire se séparent.

[2] Histoire de la corporation des apothicaires-épiciers de Châlons de Louis Grignon dans la Revue de Champagne et de Brie tome 15, 1883

 


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• 14/05/2017 - Une truie au gibet

Une truie au gibet

  

         Un cavalier vient de la place du marché au blé et se dirige vers le pont de Putte-Savatte. Il s’agit sûrement d’un noble car il est bien habillé. Sous son manteau bordé de gris, on aperçoit un col brodé sortant d’un pourpoint en velours noir avec des crevées, des chausses et bas de chausses foncés, une épée glissée dans les pendants de sa ceinture. Il porte gants et chaussures patte-d’ours en cuir et à taillades et, comme couvre-chef, une toque plate en velours avec plumet. Il s’avance dans la rue. Du haut de son cheval il ne fait pas attention aux piétons qui essaient de ne pas glisser dans la fange. Il talonne sa monture pour avancer au plus vite dans ces rues boueuses, peu larges et biscornues, encombrées par l’avancée des auvents des échoppes, dont les enseignes signalent le métier des artisans, et l’encorbellement des maisons. Il ne voit plus ces maisons de torchis à pans de bois, étroites, à une ou deux fenêtres, serrées les unes contre les autres, les poules, les pourceaux, les chiens qui pataugent dans le ruisseau d’eaux sales à la recherche de nourriture. Il essaie de se frayer un chemin au milieu des gens, des étals des artisans qui débordent sur la rue, des marchands ambulants qui proposent aux passants poêlons de tripes, pâtés de viandes, écrevisses, tortues, saucisses, gaufres ou petits gâteaux.

       Soudain, on entend un hurlement. Le cheval hennit, se cabre. Le cavalier, après avoir remis sa monture sur ses quatre jambes, s’arrête et essaie de voir d’où vient le cri. Il voit les gens se diriger tous dans la même direction et les suit. Il manie son épée pour écarter les badauds qui s’écrient « faites place, c’est le vidame ». Il s’approche. Une femme hurlant tient à la main un bébé déchiqueté. Le cavalier descend de son cheval. Un homme crie en pointant le doigt : « c’est elle ! ». Le vidame se retourne pour voir qui l’homme désigne. Une truie ! La bête regarde la scène sans broncher, pas même apeurée, habituée à vivre au milieu du bruit de la ville et des hommes en mouvement. On la saisit aussitôt par la queue et par la tête pour être sûr qu’elle ne s’enfuira pas. Elle se met à couiner. Le vidame dit aux trois hommes qui la retiennent d’amener la truie meurtrière à la prison et remonte à cheval. Il se rend aussitôt au siège de la justice criminelle. Les officiers de justice prévenus, arrivent sur les lieux pour prendre les informations requises et la déposition des témoins de la scène, la mère n’étant pas en état de répondre aux questions.

    « La Grande Béraude l’était en train de vendre des casse-musiaux[1] quand c’est-y arrivé, dit un homme grand et maigre, tenant nerveusement son chapeau à la main.

- Elle avait posé le p’tiot par terre, près de l’étal du cordonnier, enchérit une marchande bien en chair, la robe alourdit par des fruits emballés dans un pli du vêtement.

- Sans doute la truie l’a été attirée par l’odeur des gâtiaux, le panier l’était mis à côté de l’infant. La bête l’aura pas fait la différence, ajouta une petite vieille la bouche édentée.

- Pour sûr, répliqua l’homme qui remit son chapeau et fit mine de partir.

- C’est fini ? demandèrent les deux autres aux officiers de justice.

- Non. Qui est le propriétaire de ce pourceau ?

- Le Valot de la rue de l’Olican.

- Il nous faut aussi vos noms.

- Moi, c’est Pascalin Le Gros.

- Jacquemillette, fille de Martin, le tanneur ;

- Masceline, veuve du Gerber, de la bassinerie.

       Les officiers s’en retournent au siège et là, notent les témoignages.

      Les habitants, vite au fait de l’événement, discutent un moment de l’affaire : « C’est pas la première fois ni la dernière mais qu’est-ce que j’y pouvons ? » Puis ils finissent par retourner à leurs tâches quotidiennes, à emprunter ces rues malodorantes, pleines d’immondices, à laisser vagabonder leurs volailles et porcs, à laisser jouer leurs enfants dans ce cloaque.

    Le procureur convoque les témoins pour les écouter et vu leurs dépositions affirmatives concernant le fait imputé à l’accusée, constate par lui-même la vérité. Le fait étant bien établi, il qualifie la nature du délit : homicide. Il requiert alors la mise en accusation de l’inculpée. Un officier de la justice se rend à la prison dans l’hôpital du Saint-Esprit [2]. Un gardien muni d’un gros trousseau de clés lui ouvre la lourde porte qui mène aux cachots. L’officier demande à voir la truie. Tenue par trois hommes, la bête, affamée, arrive en couinant. On lui donne quelques épluchures pour la calmer. Tout en grognant d’aise, elle se jette dessus et les avale sans croquer. Alors elle aperçoit l’officier et se met à le regarder de ses petits yeux curieux. Sans se départir de sa dignité, il déroule son parchemin et, solennellement, lui lit sa mise en accusation. Ne comprenant pas la gravité de la situation, elle ne réagit pas. Elle a une autre préoccupation : elle attend un supplément de rognures à manger. Mais on lui fait quitter la pièce et elle se remet à crier.

      Le jour du procès, il y a du monde dans la salle d’audience de la juridiction royale. La Grande Béraude est là, au premier rang avec sa marmaille : sept morveux, crasseux, en haillons. Gil le goitreux, Margue la jeune et Margue la vieille, Hernaut le roux sont venus en voisins ; le curé de la paroisse Sainte-Catherine a trouvé à s’assoir près de quelques bourgeois bien mis. Les témoins du meurtre veulent entendre la sentence : Pascalin le gros est venu avec son fils ; la gironde Jacquemillette, habillée de sa plus belle robe, fait une entrée remarquée... 


Source : notamment Histoire de la ville de Châlons sur Marne et ses monuments de  Louis Barbat.

La suite dans

   

Les mémoires insolites de Messire Ysidor


En l’an de grâce 1957, Messire Ysidor, grand coq de l’église Notre-Dame-en-Vaux de Châlons-en-Champagne, confie le soin à son confrère Philibert de recueillir  ses mémoires car ses jours sont comptés. On échafaude en effet sa flèche sud pour la restaurer et, par conséquence, le remplacer. Or, depuis 700 ans qu’il est juché à 70 mètres de hauteur, rien n’a échappé à Messire Ysidor qui est la mémoire de la ville et de sa contrée.

« La Grande Histoire, je peux te la raconter aussi bien, voire mieux, que dans les livres », confie-t-il à son compère de la flèche nord. « Mais la petite histoire… moi seul la connaît véritablement. Je vais te relater des faits d’autant plus intéressants qu’ils ne sont pas connus. Assurément, ils ont le piquant de la nouveauté ! Je me dois de te confier tous mes secrets afin qu’un jour tu puisses à ton tour les transmettre. »

Ces histoires insolites, recueillies par Sabine Schepens, se passent à Chaalons, à Coolus, au Mont-Aimé, aux Grandes-Loges, à Juvigny ou encore à Bouzy, Champaubert, Pogny, Renneville ou Voipreux. On y croise Jeanne d’Arc, le frère de Christophe Colomb, Juliette Récamier, Alexandre Dumas fils, un hérétique, un ministre du roi, la fille sauvage, le guettier de Notre-Dame, mais aussi des loups et loups-garous, des monstres, un ogre, une truie criminelle, etc. Entre deux histoires, Philibert interrompt Messire Ysidor et l’interroge sur l'église Notre-Dame-en-Vaux, les tremblements de terre qui secouèrent la ville, les crues de la Marne, les pierres de tonnerre, la fontaine de la place de la République, etc. Ces dialogues, tout aussi insolites, ont été recueillis avec la participation de Bruno Malthet. 


auteurs : Sabine Schepens et Bruno Malthet

Editions du Petit Catalaunien Illustré, Châlons-en-Champagne, 2019. 20 euros


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[1] Casse-musiaux n.m. Pâtisserie faite d’une pomme entière enveloppée de pâte brisée, que l’on cuit au four.

[2] Actuel hôtel de ville.

     

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• 14/07/2015 - Dictionnaire des Châlonnais célèbres, illustres et mémorables

 

Le dictionnaire biographique de la Catalaunie

des Châlonnais célèbres, illustres ou mémorables

Du cavalier Furius Antoninus, défenseur de l’antique Catalaunum au IIIe siècle, à Cabu, victime du terrorisme pour avoir défendu la liberté d’expression, ce dictionnaire fait revivre quelque 917 personnages l’instant d’une notice biographique. Cet ouvrage complète, prolonge et actualise les 382 notices que Jean-Paul Barbier avait consacrées en 2000 à « Des Châlonnais célèbres, illustres et mémorables ». Les nouvelles biographies ne se limitent pas à Châlons. Elles intègrent également de très nombreuses personnalités qui se sont illustrées au cours des siècles dans sa contrée, la Catalaunie, ou qui, y étant nées, ont trouvé la renommée sous d’autres horizons.

Abondamment illustré, ce dictionnaire biographique est aussi un livre d’art et d’histoire où se croisent des parcours de vie fort dissemblables et pourtant très complémentaires. Ainsi y trouve-t-on les 103 évêques de Châlons, qui jusqu’à la Révolution étaient comte de la ville et pair de France, les 48 maires qui depuis 1766 dirigèrent la cité, les 30 parlementaires qui représentèrent la circonscription à partir de 1789, ou encore les 48 vidames de Châlons. A côté d’eux renaît aussi cette multitude de femmes et d’hommes qui façonnèrent notre histoire commune. Pour 114 d’entre eux, ils reçurent la Légion d’honneur et ils sont 190 à avoir donné leur nom à un espace public. Ils excellèrent sur les champs de bataille, dans les prétoires ou en chaire, se dévouèrent au service de leurs concitoyens ou bien encore s’illustrèrent dans les domaines des arts, des lettres, des sciences, de l’agriculture, du commerce,de l’industrie, du bien public ou du sport. Tous ont imprimé leur empreinte sur une parcelle féconde de l’âme immortelle de la Catalaunie dont ce dictionnaire est la mémoire.

- L’édition prestige : 41 euros, couverture pelliculée 135 gr contrecollée sur carton 24/10e ; dos carré cousu collé, dos rond ; signet tissu + 1 sourcier ; pages intérieures en quadrichromie sur papier 115 gr ; env. 1,850 kg. 752 pages ; 2015.

- Les tables, communes aux deux éditions. 120 pages ; 2015. 

  ou

L’édition classique : 35 euros, couverture pelliculée sur papier couché 350 gr ; dos carré cousu collé ; 1 sourcier ; pages intérieures identiques à l’édition prestige, env. 1,7 kg. 752 pages ; 2015.

- Les tables, communes aux deux éditions. 120 pages ; 2015. 

 

Editions du Petit Catalaunien Illustré, Châlons-en-Champagne, 2015.

achat à :

- l'Espace Catalaunien 7 bis rue Thiers 51000 Châlons en Champagne

- Librairie du Mau, place de la République 51000 Châlons en Champagne

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• 28/01/2014 - Les fillettes du prévôt

Les fillettes du prévôt

 

« Oye, oye, bonnes gens ! En l’an de grâce 1436, en ce jour de Saint-Jean-Baptiste, Monseigneur le comte évêque pair de France, Jean de Sarrebruck, ordonne : « pour réparation du grand dérèglement et désordonnement qui pour lors étoit en ostelleries, tavernes, bains et estuves dudit Chaalons sur le fait du péché de corpus et de luxure, et du jeu de dés, feroit défenses par cry général que de là en avant nul tavernier, ostelier, bainneux ou estuveux ne logerait ou hébergerait aucune fillette ou joueur de dés et que ces dites fillettes portassent leurs demeurances hors des rues publiques et communes dudit Chaalons et allassent demeurer en certaines rues détournées dénommées esdites ordonnances et aussi du lieu de bordeau dudit Chaalons et tout sur certaines et grosses peines contenues et déclarées par icelles ordonnances… ».

Perrot Gillot, sur le pas de son logis, situé non loin de la Loge du bailli, voyait le crieur public placé à l’angle de la petite place de l’hospital du Saint-Esprit et de la Grande Rue. Après avoir crié, entouré de quatre gens d’armes, l’officier fendit la foule accourue pour l’entendre et qui commentait la nouvelle sans vouloir quitter les lieux. Il se dirigea vers l’abbatiale Notre Dame afin de crier l’ordonnance à un autre carrefour. Perrot Gillot rentra chez lui et s’installa à sa table. Il avait lui-même pris connaissance de cette ordonnance la veille et depuis n’en dormait plus. La tête posée sur la main, il réfléchissait à ses affaires. Chargé de la police de la ville et de l’exécution des ordonnances de l’évêque, en tant que prévôt, il était en porte-à-faux. Il avait des petits arrangements avec la corporation des filles publiques, autrement dit des fillettes, et pas seulement avec elles. Il en avait également avec certains boulangers dont il ne contrôlait jamais le pain ni ne le taxait et il fermait les yeux s’ils ne respectaient pas la loi. En contrepartie, ils lui versaient quelque somme d’argent. Bien sûr cela arrangeait ses finances mais ne lui rapportait pas autant que les fillettes. Alors que faire maintenant que l’évêque ordonnait leur bannissement hors de la ville ? Il ne pourrait même plus leur soutirer de l’argent lors de la foire, au moment de l’élection de la reine des fillettes ! Aucune ne voulait de ce titre infamant et elles étaient obligées de le payer pour s’en garantir. Vraiment, cette ordonnance, dont le devoir lui commandait de l’exécuter, allait lui faire perdre bien des deniers. Il gagnait 37 sols et 6 deniers tournois à chaque condamnation et autres sommes pour sa fonction et il voulait amasser plus. Il était pourtant déjà riche et puissant en biens meubles et héritages : il possédait mille livres tournois et plus. Décidément il ne pouvait pas abandonner ces rentrées lucratives.

Le même soir, le prévôt fit la tournée des hostelleries. Il commença par l’hostellerie de L’asne-rayé. Contrairement aux autres fois, où ses apparitions dans ces lieux ne perturbaient pas l’ambiance, à peine entré, le silence se fit et les joueurs de dés prirent la poudre d’escampette car tout le monde avait entendu parler de l’ordonnance. Les hommes attablés lâchèrent les filles juchées sur leurs genoux et ne bougèrent plus. Elles, inquiètes, vinrent le voir et lui demandèrent à voix basse ce qu’il comptait faire. Il les chassa de la main et ne leur dit mot. Elles allèrent alors se cacher dans l’ombre de la salle et attendirent. Dès qu’il tourna les talons, la joyeuse compagnie remplit les gobelets et les filles, bien que peu rassurées sur leur sort, s’en retournèrent vers les hommes et les choses reprirent leur cours : conversations bruyantes, chants, jeux et pelotage dans la douce chaleur de la grande cheminée et dans des odeurs de fricots et viandes rôties qui mettaient la galerie de bonne humeur.

 

 

Le lendemain, au petit matin, avant que le crieur n’annonçât dans les rues que les bains étaient chauds : « Seigneurs, venez vous baigner et étuver sans plus attendre... Les bains sont chauds, c’est sans mentir »», Perrot Gillot visita les étuves et les bains publics. Ces hauts lieux d’exercice de ces dames de petite vertu étaient installés près du Mau et du Nau, rue de la Bassinerie, rue du Pont de Putte-Savatte et autres. […]


La suite dans

       

Les mémoires insolites de Messire Ysidor


 


En l’an de grâce 1957, Messire Ysidor, grand coq de l’église Notre-Dame-en-Vaux de Châlons-en-Champagne, confie le soin à son confrère Philibert de recueillir  ses mémoires car ses jours sont comptés. On échafaude en effet sa flèche sud pour la restaurer et, par conséquence, le remplacer. Or, depuis 700 ans qu’il est juché à 70 mètres de hauteur, rien n’a échappé à Messire Ysidor qui est la mémoire de la ville et de sa contrée. « La Grande Histoire, je peux te la raconter aussi bien, voire mieux, que dans les livres », confie-t-il à son compère de la flèche nord. « Mais la petite histoire… moi seul la connaît véritablement. Je vais te relater des faits d’autant plus intéressants qu’ils ne sont pas connus. Assurément, ils ont le piquant de la nouveauté ! Je me dois de te confier tous mes secrets afin qu’un jour tu puisses à ton tour les transmettre. »


Ces histoires insolites, recueillies par Sabine Schepens, se passent à Chaalons, à Coolus, au Mont-Aimé, aux Grandes-Loges, à Juvigny ou encore à Bouzy, Champaubert, Pogny, Renneville ou Voipreux. On y croise Jeanne d’Arc, le frère de Christophe Colomb, Juliette Récamier, Alexandre Dumas fils, un hérétique, un ministre du roi, la fille sauvage, le guettier de Notre-Dame, mais aussi des loups et loups-garous, des monstres, un ogre, une truie criminelle, etc. Entre deux histoires, Philibert interrompt Messire Ysidor et l’interroge sur l'église Notre-Dame-en-Vaux, les tremblements de terre qui secouèrent la ville, les crues de la Marne, les pierres de tonnerre, la fontaine de la place de la République, etc. Ces dialogues, tout aussi insolites, ont été recueillis avec la participation de Bruno Malthet. 


auteurs : Sabine Schepens et Bruno Malthet

Editions du Petit Catalaunien Illustré, Châlons-en-Champagne, 2019. 20 euros

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• 26/01/2014 - Une autres histoire de la fille sauvage

Une autre histoire de la fille sauvage

 

Mon bien cher frère,

Nous voici enfin installés dans cette bonne ville de Hollande où tout est calme et policé. Mon époux, Monsieur l’Ambassadeur, est rarement présent et comme vous pouvez l’imaginer, je m’ennuie. Je songe souvent à votre Champaigne et aimerais avoir de vos nouvelles. Que se passe-t-il là-bas ? Des choses extraordinaires paraît-il ! Je viens de lire dans Le Mercure de France qu’on a trouvé sur le haut d’un arbre fort élevé, dans un cimetière, près de Vitry, une fille sauvage d’environ dix-huit ans. On dit qu’elle ne se nourrit que de feuilles d’ormes, de grenouilles et de chair crue qu’elle dévore avec avidité. Je suis pleine de curiosité pour cette histoire. Pouvez-vous m’en dire plus ? D’où vient-elle ? Que faisait-elle dans la forêt ? Etait-elle seule ? Bref, apportez-moi tous les détails qui alimenteront mon imagination et m’aideront à passer le temps.

Votre attentionnée,

Adélaïde

La Haye

Le 2 novembre 1731

*****

Chaalons, le 10 novembre 1731

Intendance de Champaigne

 

Ma bien chère sœur,

Pour assouvir votre curiosité je vais vous raconter ce que j’ai ouï dire au sujet de cette fille sauvage. Croyez-moi, il y  a plusieurs versions de cette histoire et j’ai eu du mal à rassembler des renseignements cohérents. Pour votre plaisir, j’ai récupéré tous les éléments intéressants. Je me suis pris au jeu de cette reconstitution et j’ai écrit ce récit pour vous réjouir et combler votre ennui.

Dans la soirée du 8 septembre 1731, un berger, qui rassemblait son troupeau de moutons près de Songy, aperçut un drôle d’animal perché dans un arbre. Intrigué par cette bête dont il distinguait mal les formes, il s’approcha. Là, à travers les feuilles, il vit deux yeux dans un visage brun, entouré d’un poil hirsute, qui ressemblait à celui d’un humain. Ces yeux le fixèrent un moment puis disparurent. Il eut le temps de voir deux bras et deux jambes monter de branche en branche. Le berger avait entendu dire que l’avant-veille, une drôle bête avait été vue près du cimetière et qu’on avait tiré dessus. Elle mangeait des pommes perchée dans un arbre. Les domestiques du château avaient aussi raconté qu’un gros chien avait eu le crâne fracassé par ce même être muni d’un gros morceau de bois.

la suite dans :

      

  Les mémoires insolites de Messire Ysidor

  

En l’an de grâce 1957, Messire Ysidor, grand coq de l’église Notre-Dame-en-Vaux de Châlons-en-Champagne, confie le soin à son confrère Philibert de recueillir  ses mémoires car ses jours sont comptés. On échafaude en effet sa flèche sud pour la restaurer et, par conséquence, le remplacer. Or, depuis 700 ans qu’il est juché à 70 mètres de hauteur, rien n’a échappé à Messire Ysidor qui est la mémoire de la ville et de sa contrée. « La Grande Histoire, je peux te la raconter aussi bien, voire mieux, que dans les livres », confie-t-il à son compère de la flèche nord. « Mais la petite histoire… moi seul la connaît véritablement. Je vais te relater des faits d’autant plus intéressants qu’ils ne sont pas connus. Assurément, ils ont le piquant de la nouveauté ! Je me dois de te confier tous mes secrets afin qu’un jour tu puisses à ton tour les transmettre. »

Ces histoires insolites, recueillies par Sabine Schepens, se passent à Chaalons, à Coolus, au Mont-Aimé, aux Grandes-Loges, à Juvigny ou encore à Bouzy, Champaubert, Pogny, Renneville ou Voipreux. On y croise Jeanne d’Arc, le frère de Christophe Colomb, Juliette Récamier, Alexandre Dumas fils, un hérétique, un ministre du roi, la fille sauvage, le guettier de Notre-Dame, mais aussi des loups et loups-garous, des monstres, un ogre, une truie criminelle, etc. Entre deux histoires, Philibert interrompt Messire Ysidor et l’interroge sur l'église Notre-Dame-en-Vaux, les tremblements de terre qui secouèrent la ville, les crues de la Marne, les pierres de tonnerre, la fontaine de la place de la République, etc. Ces dialogues, tout aussi insolites, ont été recueillis avec la participation de Bruno Malthet. 


auteurs : Sabine Schepens et Bruno Malthet

Editions du Petit Catalaunien Illustré, Châlons-en-Champagne, 2019. 20 euros

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• 26/01/2014 - Le savetier et la pucelle

Le savetier et la pucelle

 

Le jeune savetier est à peine entré dans l’échoppe que Maître Jacquemet le gourmande : « Qu’as-tu donc fait malheureux ! » Tout en mettant son tablier, Colin l’interroge du regard.

« Tu fréquentes la fille de ce gredin d’Eloy Peuthomme ? »

L’apprenti, étonné que son maître soit au courant, avoue son crime rien qu’en rougissant. On ne peut pas considérer qu’il fréquente Manon car ses parents ne sont pas au courant de leur inclination mais on peut dire qu’il est amoureux. Lui-même ne s’est pas posé la question. Il est heureux et tout ce qu’il regarde est empreint d’une belle et chaude lumière en cette fin d’hiver pourtant brumeuse.

 

Son maître le regarde d’un air courroucé mais Colin est perdu dans ses pensées. Maître Jacquemet l’attrape par l’épaule et le secoue. Mais au fait, qu’a-t-il dit ? Il a l’air d’attendre une réponse. Alors Colin lui répond ce qui lui passe par la tête et qui lui permettra de se sortir de ce pétrin : « Bien sûr maître. »

Sans perdre de temps, il s’installe sur son escabelle et saisit la botte qu’il avait commencée à recoudre hier. Maître Jacquemet, ébahi par la réponse, a du mal à se persuader qu’il a bien entendu. Voyant son ouvrier à l’œuvre, il retourne à son travail.

 

La matinée se passe en silence, chacun travaillant dans son coin, plongé dans ses réflexions. Parfois Maître Jacquemet lève la tête, regarde son commis et croit percevoir un sourire sur ses lèvres. Voit-il vrai ? Il pense beaucoup de bien de ce jeune savetier et veut le marier à Nicolette, son unique enfant. Il l’a déçu. Il soupire. Ces jeunes inconscients, doit-on faire leur bonheur malgré eux ? Et d’ailleurs qui parle de bonheur ? On se marie parce qu’il faut maintenir ses intérêts et non pas parce qu’on s’aime. Qui parle d’amour ? S’est-il marié par amour, lui ? Le père de Berthe était savetier, lui était apprenti… Colin fera un très bon gendre car il est un apprenti prometteur. Il reprendra l’échoppe ; ainsi sa succession et sa retraite seront assurées. Il est vrai que sa fille n’est pas bien belle, trop maigre, l’œil torve, de grosses lèvres qui l’empêchent de sourire, dirait-on. Un peu le portrait de sa mère… Berthe, il ne l’avait pas choisie, sinon il en aurait pris une plus belle. Il se souvient alors de Marie. Son visage s’éclaire et, les yeux perdus dans ce rêve ancien, ses mains s’arrêtent de travailler. Il revoit sa gracieuse silhouette, son regard bleu comme un ciel d’été, sa blondeur à peine cachée sous son voile… Soudain l’ombre du gigantesque Maître Mahieu, armé d’un tranchet, vient effacer ce tableau : « Va-nu-pieds, vaurien, laisse ma fille tranquille ». Et lui se sauvant par les ruelles comme s’il avait le diable à ses trousses. Puis, il ne vit plus Marie, seulement à la messe du dimanche, aux côtés de sa mère. Peu religieux, il n’y allait rien que pour l’apercevoir, entre deux piliers, à l’église Sainte-Catherine. Puis il dut se faire une raison, après bien des tourments, lorsqu’il sut que le grand Mahieu donnait sa fille à l’Eloy Peuthomme. Les cordonniers avec les cordonniers, les savetiers avec les savetiers, rien n’a changé. Colin, orphelin de mère à sa naissance et fils de feu Maître Jehansson, savetier de son état, qui mourut trop tôt pour passer la main à Colin, doit rester dans sa corporation pour honorer la mémoire de son père. D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle il l’avait pris en apprentissage dès son plus jeune âge. L’esprit de confrérie est important. Il n’allait quand même pas le laisser partir chez les cordonniers, même si les gens pensaient que c’était un état plus honorable que la savaterie. Il est vrai que, s’ils ont le monopole du raccommodage, les savetiers ne peuvent confectionner de chaussures qu’en vieux cuir. De plus, les cordonniers exercent sur eux un droit de surveillance très étroit : ils visitent leurs ouvrages et y apposent des marques. Il soupire à nouveau : s’il avait pu épouser Marie…

 

 

Il se remet au travail mais ses pensées continuent à courir. Manon est le portrait de Marie. Je comprends Colin mais… Des pas, qui descendent l’escalier très raide menant des pièces d’habitation au rez-de-chaussée réservé à l’atelier, se font entendre. La tête de Nicolette apparait pour appeler son père et l’apprenti. Les deux hommes montent et s’assoient autour de la table. Berthe sert aussitôt le bouillon de poule. Nicolette pose une assiette de fromage et un gros pain devant eux. Maître Jacquemet réclame du vin que sa fille s’empresse d’apporter.

 

 

 

Rapidement, le savetier et son apprenti quittent le fumet de la cuisine pour retrouver celui du cuir. Même vieux, ce cuir, ce cordouan, sent bon. Il a cette odeur chaleureuse qui, lorsque Colin ferme les yeux, le ramène dans l’atelier de son père. Il le revoit ranger ses outils chaque soir, le tas des cuirs à réutiliser au fond de l’atelier et, sur l’étagère, les guêtres, les demi-bottes, les bottes, les bottines avec leur pointe relevée qui attendent des soins. L’échoppe de Maître Jacquemet est assez semblable à celle de son père, mais celle-ci donnait sur la rue de Neufbourg, là où habite Manon, alors que celle de Maître Jacquemet a pignon sur la rue de Brebis. S’il les a tant arpentées qu’il les connait par cœur, ces rues étroites et biscornues avec leurs maisons de torchis à pans de bois et leur encorbellement au-dessus des échoppes, c’est pour essayer de voir Manon : Manon qui va à la messe, son missel à la main ; Manon qui rend visite à sa marraine, une tourte ou un gâteau dans un panier ; Manon qui va chez l’apothicaire pour acheter des chandelles, des herbes ou un onguent, toujours accompagnée de sa mère…

 [...]

 

Des trompettes se font entendre. Ils sursautent. Se retrouvant au milieu de cette marée humaine, ils se prennent la main et avancent avec les autres sur la route. On ne voit rien et Manon veut voir ! Alors Colin avise un arbre et lui propose de monter dedans. Il l’aide à grimper sur une branche. Sur leur perchoir, ils ont une vue splendide sur le cortège qui s’avance. Il arrive par Coolus et Compertrix. Malgré le nuage de poussière soulevée par l’armée et sa suite, les armures des chevaliers brillent au soleil. « Ils sont tous là », dit un bourgeois installés à l’ombre de leur arbre, « je ne les connais pas mais je sais leur nom : Dunois, La Trémouille, La Hire, Poton de Xaintrailles, l’amiral Louis de Culant, le sire de Graville, grand maître des arbalétriers, le seigneur de Boussac et Gilles de Rais, maréchal de France, Thibaut d’Armagnac, sire de Termes, bailli de Chartres, Robert Lemasson, seigneur de Trèves, Robert de Rouvres, évêque de Seez et Jean de Saint Michel, évêque d’Orléans. MM Coignet et de Budes, conseillers du roi. »

 

 

Des hérauts, munis de trompettes, sonnent à intervalles réguliers. Les pages les suivent, tenant l’étendard royal d’azur semé de fleurs de lys d’or. Puis vient Charles, le Dauphin, à la tête de ses barons. Jehanne arrive avec son étendard de soie blanche, Dieu trônant en sa majesté, entouré de deux anges avec l’inscription « Jhesus Maria ».

La Pucelle est armée de toutes pièces, sauf la tête, et tient une petite hache à la main. Tout de blanc vêtue, elle est montée sur un grand coursier noir, fière mais son port est sans orgueil, joyeuse mais sans rien perdre de sa réserve. Son écuyer d’Aulon, son page Louis de Contes, son aumônier Pasquerel, l’entourent. Ensuite les cavaliers passent, suivis par les nombreux hommes à pied. On dit qu’ils sont en tout une douzaine de milliers, certains en armes, d’autres tenant des fourches, de braves gens qui, venant de toutes les provinces, ont accompagné le Dauphin et la libératrice depuis Orléans.

 

 

Les Chaalonnais se joignent à cette troupe qui est affamée et décrépie. Mais les étendards et les pennons aux couleurs des chevaliers sont portés hauts. Manon et Colin descendent de leur arbre et courent jusqu’en haut de la côte afin de suivre le cortège.

 



 la suite dans

Histoires chaalonnaises drôlatiques ou dramatiques

de Sabine Schepens

Editions du Petit Catalaunien Illustré, 2013

20 euros + port

86 pages ou version malvoyant : 112 pages

catalaunien@gmail.com 

 



 

 

 


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• 29/08/2012 - 99 moutons et un champenois... à la foire de Châlons

 

 

 

pour plus d'info : www.catalaunien.net


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• 26/12/2011 - Histoire de la foire de Châlons-en-Champagne


La Foire des origines

 

En 1861, nos aînés étaient fort curieux de découvrir au Jard un concours régional agricole et une exposition industrielle. Comment se déroulèrent ces manifestations ? Qui sait qu’elles constituèrent la plus grande exposition agricole et industrielle jamais tenue à Châlons? Qu’elles réunirent plus d’exposants que la Foire de Châlons d’aujourd’hui ? Qu’elles constituent la matrice qui donna naissance à la première foire-exposition dont la foire de Châlons actuelle est l’héritière ?

 

Pour en savoir plus :  le Petit Catalaunien Illustré Hors série  "Foire de Châlons" (septembre 2011)

http://www.catalaunien.net/

catalaunien@gmail.com 

 

 
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• 26/12/2011 - Le Capitole en Champagne : les dessous d'un scandale

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Le Capitole en Champagne :

 les dessous d'un scandale

au sommaire du numéro 73 Printemps 2011 du Petit Catalaunien Illustré :

De la délinquance environnementale

En attendant le jugement sur le fond

Que dit le code de l’environnement

Le référé de l’association

L’eau et le gaz

Petite leçon d’histoire

Riverains : poussez-vous !

Spectateurs en vadrouille !

La folie des grandeurs

Un tramways nommé désir

Les bouilleurs de crues

Un parc inondable par remontée de nappe ?

La réponse de l’association

 

Pour en savoir plus :  le Petit Catalaunien Illustré Hors série  "Foire de Châlons" (septembre 2011)

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• 26/12/2011 - Trois résistants des temps modernes

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Contre pouvoir en Champagne-Ardenne

Trois résistants des temps modernes

"En Champagne-Ardenne, portraits croisés de 3 résistants des temps modernes. Ils auraient pu être des citoyens ordinaires, mais leur vie les a conduit sur d’autres terrains". Parmi eux, Bruno Malthet, président de l'association Nouvelle Catalaunie."

Un reportage de Cédric Picaud accessible sur le site de France 3 Champagne-Ardenne

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• 13/06/2011 - Les crues de la Marne

Les crues de la Marne des origines à nos jours.

Histoire des inondations mémorables

 

 

Qui l’eût crue ? La plus connue des crues de la Marne est celle de 1910. Elle ne se contenta pas de faire couler beaucoup d’encre dans la presse locale, ni d’eau sous son pont. Le 22 janvier 1910, elle alla rejoindre son ancien lit et coula sous le pont du canal, monta pour cela jusqu’à 5,42 m, inonda tous les quartiers environnant et, profitant d’une brèche au niveau de Saint-Martin, alla ravager Recy et surtout Juvigny avant d’aller envahir Paris et causer un désastre national. ... 

 

Pourtant, malgré sa célébrité, elle n’est pas la plus importante des crues. A quoi bon aller fouiller dans le passé le plus noir de la Marne, alors que, avec le lac du Der, elle est domestiquée D’après les spécialistes en la matière, il faut s’attendre, un jour ou l’autre, à une crue centennale du type de 1910. Paris s’y prépare déjà. Et Châlons ? Ce numéro hors série essaie d’y répondre.

Editions du Petit Catalaunien Illustré, Châlons-en-Champagne, 40 pages, 2011. 10 euros

 

 

 

achat à :

 

- l'Espace Catalaunien 7 bis rue Thiers 51000 Châlons en Champagne

 

https://catalaunien.eproshopping.fr  : règlement en ligne

 

 

 

Pour en savoir plus sur les publications du Petit Catalaunien Illustré et pour commander :(règlement par chèque)

 

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• 13/06/2011 - Saute paillasse !

Un mot peut en cacher un autre…

Saute paillasse !

Ou comment un coquin et une coquine bernèrent un pauvre mari

 dans une couverture pour le trousser

 

 Non, il ne s’agissait pas du salon que la belle et intelligente Juliette Récamier aurait pu tenir à Châlons, exilée alors en province par Napoléon 1er « pour mauvais esprit dans les sociétés »*. Si cela avait été le cas, on aurait pu y rencontrer René de Chateaubriand, Mme de Staël, Prosper Mérimée, Benjamin Constant, Eugène Delacroix, Alfred de Musset, Stendhal, Victor Hugo, Sainte-Beuve…  Il ne s’agissait que d’un salon que fréquentaient les bourgeois châlonnais, car c’était là où il fallait paraître pour « exister ». Il y avait dans ce salon des demoiselles sagement assises, entourées de leurs mères, des messieurs bien usagés, même si certains avaient un langage de velours qui heurtait les oreilles, fumant un gendarme en tranchant du bel esprit. Ces dames les regardaient à la dérobée derrière leur éventail et échangeaient quelques lardons à l’encontre de l’un ou de l’autre. Entre elles, même les plus sempiternelles, les sanglaient, bêchaient et leur destinaient des paquets. Et finalement elles disaient, tout en pensant le contraire, qu’aucun ne leur chaussait. Elles les accoutraient : celui-ci était une perruque à l’esprit tardif, celui-là un vieux peinard, cet autre avec son crachat, était un patineur. Soit ils fripaient soit ils étaient cancres, taquins,  voire même crasseux. Les uns étaient trop truculents ou bien amphibies, les autres baroques ou encore trompettes.  Un de ces hommes était dans son tripot, c’était un chandelier dont toutes avaient connaissance, sauf les demoiselles bien sûr, et dont certaine, celle qui portait un carcan, se servait. Tout le monde le savait, sauf son benêt de mari auquel elle avait raconté des canards. Lui, sans grande visière, avait tout cru et le surveillait de près. Par contre, il tenait en grande estime un garçon spécieux, brave mais pas très soutif, qui courtisait son épouse. Il est vrai que celui-ci excellait dans l’art de niveler. D’ailleurs le mari invitait tous les mardis l’amant croyant qu’il était son meilleur ami et pensait pis que pendre de celui qu’il soupçonnait. Son « ami » acceptait la semonce de l’habituel ambigu. Ce jour-là, la dame en question fricassait toute la matinée avec les fournisseurs pour acheter des oripeaux, s’ajustait, se tapait les cheveux puis piaffait bien imprudemment pendant le dîner. Crevé, le pauvre homme ne pouvait pratiquement plus se déplacer. C’était peu de dire qu’il n’était pas près d’être lascif !  

Un soir, il demanda à son invité d’avaler les bouteilles à la cave car il n’avait pas confiance en ses domestiques. Il lui donna la clé. Elle descendit avec le coteau pour lui prêter main forte. Celui-ci était tout pétillant de la retrouver et la patina dès qu’ils furent dans la cave. Aucune lanterne ne permettait au mari, qui d’ailleurs ne se doutait de rien, de les surveiller. Ils n’avaient aucune vedette mais ne craignaient rien d’un tel violon. Demain comme un carabin, il la retrouverait dans leur vide-bouteille mais à cet instant-là, ils ne voulaient pas saler leurs baisers et en profitaient. Ils n’auraient pas besoin d’un pénitencier et ne risquaient pas d’être branchés ! Ils finirent par remonter et le mari, qui ne connaissait pas son atout, habillé d’un pet-en-l’air, s’alluma alors dans son fauteuil et distribua les fougères. Puis saisissant un grand couteau...

La suite dans le Petit Catalaunien Illustré N°54 printemps 2006 

pour toute information consulter le site www.catalaunien.net

mailto:catalaunien@gmail.com

Mots extraits de l'ouvrage "Saute paillasse ! les sens cachés des mots de la langue française" d’Alain Duchesne et Thierry Leguay, ed. Larousse

 


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• 3/11/2009 - L'oppidum de La Cheppe et les Champs catalauniques

La chute de la lune ?

Roger Canard nous raconta la controverse passionnée qui divisa les historiens et érudits locaux concernant le site de la fameuse bataille des Champs Catalauniques. A l’occasion, il nous confia le texte d’une nouvelle qui, nous dit-il, "intéresserait peut-être vos lecteurs". Elle attribue la création de l’oppidum de La Cheppe à la chute de la lune ou, plus sûrement, d’une météorite, qui aurait donné lieu à un culte celtique.

 

Le mystère [des origines de l’oppidum de La Cheppe] restait donc entier jusqu’à ce qu’un modeste chercheur châlonnais émette une hypothèse curieuse et audacieuse jamais avancée et à laquelle personne n’avait songé, hypothèse séduisante et corroborée par des constatations irréfutables. J’ai eu la chance d’être honoré de la confiance de ce châlonnais féru d’histoire, aujourd’hui disparu.

Après avoir exercé les fonction de médecin en Algérie, il était venu s’installer à Châlons en qualité de praticien homéopathe. Beaucoup de Châlonnais doivent encore se souvenir du Docteur Alexis Gensoul, petit homme affable et réservé qui formait avec sa femme, une personne opulente et à la forte personnalité, ce genre de couple cher au dessinateur Dubout. […]

"Connaissez-vous le "Camp d’Attila ?", me demanda-t-i1 un jour. Bien sûr que je connaissais?! Et je lui contai alors combien, étant écolier, j’avais été impressionné par les terrifiants récits des invasions barbares relatant notamment les cruautés commises par Attila, "?le fléau de Dieu?". Je lui révélai que dès mon arrivée en Champagne, je m’étais empressé d’aller visiter ces lieux chargés d’histoire, lieux envoûtants où la légende prétend que par certaines nuits de tempête les âmes des guerriers morts reviennent pour continuer à s’y entre-déchirer (voir le récit "?La bataille des Champs Catalauniques?").

Le visage de mon interlocuteur s’illumina d’un large sourire. "?Vous n’êtes pas le seul, déclara-t-il, à ressentir l’étrange atmosphère qui règne en cette plaine mélancolique et mystérieuse. Je m’y rends souvent, toujours avec le même intérêt?; je connais les moindres détails de ce sol tourmenté et, croyez-moi, à chacune de mes visites j’apprends des choses nouvelles?".

J’étais profondément intéressé et posai aussitôt à ce spécialiste la question qui fit couler tant d’encre et donna lieu à tant de controverses. "?Où donc d’après vous, s’est déroulée la fameuse bataille???".

"Oh, la question du lieu est secondaire, répondit-il?; il est à penser que les Huns, poursuivis par Aetius et Mérovée, eurent à livrer depuis Orléans de nombreux combats d’arrière garde et qu’Attila a utilisé 1’immense oppidum de La Cheppe pour s’y retrancher. Ce qui est le plus important, c’est de savoir comment ce cirque de 1 km 700 de circonférence a été créé?".

J’avouai mon ignorance. "?Personne n’a songé à donner l’explication à laquelle l’étude minutieuse des lieux m’a amené, poursuivit mon interlocuteur. C’est surprenant de la part de spécialiste, tellement cela est évident?! Voulez vous que je vous expose rapidement les conclusions de mes études???". Vous devez vous douter combien j’avais hâte de savoir et c’est avec empressement que j’invitai mon interlocuteur à me livrer ses révélations. Il ne demandait que cela et ne se fit pas prier.

"Vous n’avez pas été sans remarquer, commença-t-il, comme les environs du camp sont riches en buttes préhistoriques qui attirent forcément l’attention dans ces étendues absolument plates. Voyez donc, ajouta-t-il en dépliant une feuille de cahier au centre de laquelle était figuré le camp avec, sur son pourtour, les buttes de Vésigneul-sur-Coole, Poix, Auve, Bussy-le-Château, Hans, Nantivet, Saint-Jean-sur-Tourbe, Saint-Hilaire-le- Grand, Chavot... Vous ne remarquez rien, me demanda-t-il???".

J’eus beau observer avec attention, force me fut d’admettre que je ne notais rien de particulier. "?Et maintenant???", demanda-t-il après avoir tracé les droites reliant les buttes entre elles

"Je crois discerner des figures géométriques, dis-je, mais tellement imbriquées les unes dans les autres qu’il me faudrait beaucoup de temps pour les déterminer avec précision?".

Le brave docteur sembla tout réjoui par ma réponse. "?Vous êtes sur la bonne voie, me dit-il avec chaleur, et je vais vous aider. Voyez-vous, ces buttes n’ont pas été érigées n’importe comment. Personne ne s’est encore soucié d’étudier leur répartition topographique. Moi, je l’ai fait et cela m’a conduit à des constations surprenantes. Regardez?: vous pouvez constater que chaque butte est érigée en fonction d’un alignement d’au moins trois buttes. Ce n’est pas une coïncidence, c’est une règle. Et il y a une deuxième règle qui peut s’énoncer ainsi?: toute butte se trouve à égale distance de deux autres buttes, si bien que dans le quadrilatère Saint-Hilaire le Grand, le Chatelet, Poix, Hans, on peut construire neuf triangles isocèles dont aucun ne comporte une butte incluse dans son aire. Cela ne peut pas être le résultat du hasard et nous sommes bien obligés d’en déduire que cette zone avait revêtu une telle importance pour nos ancêtres qu’ils avaient voulu en la "marquant" de tout ces repères porter témoignage d’un avènement qui avait frappé d’effroi et de stupeur leur imagination. Or les traces de cet événement existent c’est cet immense cratère qui n’a pu être formé que par la chute d’une météorite. Et en partant de cette hypothèse, tout devient clair et évident?".

"C’est une explication séduisante, mais tous les historiens s’accordent pour faire de ces buttes des monuments funéraires?", objectai-je.

"Je sais, mais c’est absolument faux, affirma-t-il avec force. Les fouilles n’ont jamais rien révélé d’un culte funéraire, il s’agit bien de vestiges ayant une signification religieuse et témoignant d’un culte orienté vers les puissances célestes. Ce sont des hauts lieux comme on en rencontre partout à la surface du globe et ces buttes ont le même rôle magique que les menhirs d’Auvergne ou de Bretagne?".

"Mais, questionnai-je, s’il s’agit d’une météorite, on aurait dû en retrouver des fragments???".

"Ce n’est pas évident, expliqua-t-il, dans la plupart des cratères d’origine météorique, la masse principale du corps céleste n’a jamais été retrouvée. Les bolides explosent souvent au moment de toucher le sol, provoquant un cirque rond ou ovalaire au fond plat et avec un rebord plus ou moins relevé. Aux alentours se forment des petits cratères nombreux et de formes variées. J’ai étudié sur plans et photos les principaux cratères d’origine météorique disséminés dans le monde, celui de Cook-Butte en Arizona, de Bushveld au Nord de Johannesbourg, de Sudburq au Canada, de Wolferek en Australie et de nombreux autres?: je puis affirmer sans aucune crainte de me tromper que le cirque de La Cheppe a bien été formé par la chute d’une météorite.

La suite dans le Petit Catalaunien Illustré N°67

pour toute information consulter le site www.catalaunien.net

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• 27/10/2009 - La guerre oubliée

En 1870, le souvenir de l’occupation de Châlons sur Marne en 1814 et 1815 par les Prussiens, à qui Napoléon vient de déclarer la guerre, est encore très vif. Elle est toujours synonyme d’exactions et d’effrois, malgré la bravade et le patriotisme dont font preuve les Châlonnais dans l’euphorie du mois de juillet. Près d’un siècle et demi après, cette guerre est oubliée et a été très peu étudiée au niveau local. Le Petit Catalaunien Illustré raconte l’Histoire "?à chaud?" de cette guerre à Châlons en s’appuyant essentiellement sur la presse locale de l’époque.

Comment Châlons se prépara à la guerre de 1870

?"?On entend chanter partout?: Bismark, si tu continues

De tous les Prussiens n’en restera guère

Bismark, si tu continues,

De tous les Prussiens n’en restera plus.

Cela se hurle dans les rues et dans les cafés?" de Châlons.

L’été 1870 commence bien pour Napoléon III. Si les élections législatives des 23 et 24 mai 1869 avaient été une semi-défaite, le plébiscite du 8 mai 1870 est un triomphe. 82% des Français ont répondu "?oui?" à la question posée?: "?le peuple approuve les réformes libérales opérées dans la constitution depuis 1860 par l’Empereur avec le concours des grands corps de l’Etat et ratifie le sénatus-consulte du 20 avril 1870?" qui fit du Sénat la seconde chambre législative en lui retirant son pouvoir constituant. L’opposition à l’Empereur, désemparée par l’habileté de la question, est essentiellement urbaine. Paris, frondeuse par nature, vote majoritairement contre le plébiscite. Dans la Marne, Reims ne l’approuve qu’à 57%, loin derrière Châlons, qui lui accorde 67% de ses suffrages, et le département (87%). Si l’abstention, préconisée par une partie de l’opposition, est importante – 28% à Reims et 25% à Châlons, contre 12% dans le département – le Journal de la Marne la minimise de près de moitié, en ce qui concerne Châlons, en retirant des abstentionnistes les morts, les militaires comptés à part et les électeurs ayant quitté la ville, ce qui lui permet de conclure que "?la question soumise aux électeurs étaient posée entre l’Empire et la Révolution. […] Le département de la Marne peut être fier à bon droit du chiffre imposant par lequel les électeurs ont manifesté leur attachement pour le gouvernement impérial et leurs haines des révolutions. La presque unanimité de 1852 s’est retrouvée en 1870?".

L’Empire, plus fort que jamais, allait cependant rapidement retrouver une agitation extrême début juillet avec la révélation de la candidature Hollenzollern au trône d’Espagne soutenue par la Prusse. Malgré la reculade allemande, l’intransigeance française poussée par l’impératrice Eugénie et les "?Mamelouks?" du régime, désireux d’en découdre avec la Prusse, allait conduire à la déclaration de guerre. "?Il faut en finir?", peut-on lire le 15 juillet dans le Journal de la Marne pour qui le gouvernement doit apporter "?une paix définitive ou une déclaration de guerre?" et qui note que "?La chambre est belliqueuse… L’Empereur est de retour aux Tuileries?; symptôme belliqueux?".

?On chanta la Marseillaise rue de Marne

Manifestement, si on veut bien en croire "?un couplet champenois?" que le Journal de la Marne publie, la puissance militaire de la Prusse n’effraie aucunement les habitants de la région?:

Nous sommes les enfants de ceux

Qui prirent Berlin et Vienne.

Le Prussien menace?: qu’il vienne

Dans le pays du vin mousseux?!

Nous lui gardons un accueil chaleureux. (bis)

Le paysan de la Champagne

Ne fait pas fi d’une honorable paix?;

Mais, différent du vin de sa campagne,

Il ne se laisse pas frapper?! (bis)

Tous les journaux s’emplissent de chants guerriers et le camp de Châlons n’est pas en reste. Un de ses officiers, avant de partir pour les bords du Rhin, en compose un, intitulé "?Sus aux Prussiens?!?" qui est allègrement chanté dans les cafés-concerts de Mourmelon et commence ainsi?:

Qu’ai-je entendu??… Dans notre belle Alsace

C’est le Prussien qui se vante d’entrer?!

Braves Français, sur lui courons en masse?;

Qu’il meure avant d’y pouvoir pénétrer?!

Partout, malgré les mises en garde de l’opposition et de Thiers, les prémices de la guerre suscitent l’enthousiasme. Après Paris, des manifestations belliqueuses ont lieu à Reims où "?à la nouvelle de la déclaration officielle de la guerre, plusieurs bandes de trois […] à quinze cents citoyens ont parcouru la ville, drapeau en tête, chantant la Marseillaise et criant?: "?A bas la Prusse, à bas Bismarck, vive la France, vive l’Empereur"?". Châlons suit le 18 juillet où trois cents manifestants, des collégiens, employés et ouvriers, remontent la rue de Marne derrière le drapeau tricolore en chantant la Marseillaise. Six jours plus tard, cet hymne, jusqu’alors interdit car considéré comme révolutionnaire, devient patriotique et est à nouveau entonné par la musique de l’Ecole des Arts et Métiers au moment où les élèves rentraient en ville de leur promenade. Elle est aussitôt suivie par la population qui, emboîtant le pas aux élèves, les suivit dans les principales rues de la ville en chantant le "?glorieux refrain?" et en causant une vive impression.

?"?à Berlin?!

à Berlin?!?"

La mobilisation, décrétée par Napoléon III, ne passe pas inaperçue dans la Marne. Au camp de Châlons, toutes les troupes sont consignées et, dès le 18 juillet, les derniers régiments le quittent après avoir défilé, musique en tête, aux cris de "?à Berlin?! à Berlin?!?". Le camp n’est cependant pas déserté?: les régiments laissent la place à la garde mobile tandis qu’une partie des baraquements est transformée en ambulances générales de l’armée. La garnison de Châlons, composée des escadrons de guerre du 10e cuirassiers et de quelques compagnies du 1er de ligne, reçoit également l’ordre de départ. La gare de marchandises de Châlons est mise à disposition de l’administration de la guerre et ne reçoit plus d’autres marchandises que les céréales et les denrées alimentaires. Les trains de troupes se succèdent d’heure en heure à la gare de Châlons et une foule considérable vient acclamer les soldats qui entonnent des chansons belliqueuses. "?Cet adieu des Châlonnais à nos troupes, c’est peut-être la voix de la patrie se faisant entendre une dernière fois à elles avant de passer la frontière?". La gare est pavoisée et ornée de rameaux. Les troupes de passage, ces "?voyageurs pour Berlin?", lancent des "?Vive Châlons?! Vivent les Châlonnais?" lorsqu’ils reçoivent les rafraîchissements et les pains qui leur sont offerts. L’initiative en revient au Préfet et à quelques négociants châlonnais, parmi lesquels se distingue Emile Dagonet. Il recevra, avec les personnes se dévouant pour ces distributions à toute heure du jour et de la nuit, les plus vives félicitations du maréchal Canrobert lors de son passage à Châlons dans la nuit du 24 au 25 juillet. La garde impériale ferma le ban en passant, deux jours durant, par la gare de Châlons sous les applaudissements de la foule.

?En attendant la garde mobile

Châlons, désormais démunie de garnison, attend l’arrivée de deux bataillons de gardes mobiles des arrondissements de Châlons et Epernay dont l’instruction militaire est confiée au général Susbielle. Combien seront-ils??

Suite de l’article dans le numéro 68 du Petit Catalaunien Illustré

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• 16/05/2009 - Jean-Pierre Ravaux : le meilleur des Catalauni

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Jean-Pierre Ravaux : le meilleur des Catalauni

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Par Bruno Malthet

Le 11 avril 2008 disparaissait Jean-Pierre Ravaux à l’âge de 66 ans après une vie consacrée aux musées, à l’histoire et au patrimoine de Châlons-en-Champagne. Le 16 mai, la Ville de Châlons rendra hommage à ce grand érudit en inaugurant un passage portant son nom.

Son amabilité et ses connaissances le rendirent vite indispensable dans de nombreuses sociétés savantes, comme les sociétés académiques de Châlons, Reims et Epernay, mais aussi dans les associations de défense et de mise en valeur du patrimoine, telles que les Amis du Vieux Châlons, la Nouvelle Catalaunie, les Amis des Musées de Châlons, l’Office de Tourisme ou encore les Amis de nos églises. Erudit, Jean-Pierre Ravaux le fut pleinement. Il n’est, pour s’en convaincre, qu’à parcourir l’imposante bibliographie composée de 140 articles et ouvrages qu’il publia sur l’histoire et le patrimoine.

De 1970 à 2002, Jean-Pierre Ravaux exerça sa mission de conservateur des musées de Châlons comme un sacerdoce en poursuivant un seul objectif : leur donner la place qui doit leur revenir dans la vie d’une capitale régionale. Il avait pour y parvenir un atout, la richesse des collections, et un handicap, le profond désintérêt des élus. Si le résultat n’a pas été toujours à la hauteur de ses espérances et des promesses qui lui furent faites, Jean-Pierre Ravaux n’en demeure pas moins l’architecte de la renaissance des musées de Châlons. En prenant sa retraite en mai 2002, il quitta les musées de la ville avec le sentiment de l’inachevé, mais aussi avec la fierté – bien que sa modestie naturelle n’en permît pas l’expression – d’avoir contribué à les enrichir, à les restaurer et à les valoriser.


Jean-Pierre Ravaux fut un érudit émérite qui s’affirma rapidement comme le meilleur spécialiste de la période médiévale châlonnaise. Ainsi lui doit-on de mieux connaître l’histoire des évêques de Châlons, ou encore, sous leur impulsion, celle de la prospérité économique de leur ville, dont ils étaient également comte, qui commença au XIème siècle et atteindra son apogée au XIIIème avec ses draperies, réputées jusqu’en Asie mineure pour être “ devant toutes autres draperies… et de très grande bonté ”. Ses recherches eurent, parfois, des rebondissements inattendus. Ainsi en alla-t-il de celui qui résulta de sa découverte d’une lettre du 25 janvier 1373 du roi Charles V octroyant 2000 francs or aux “ bourgeois et habitants de Chaalons en Champaigne ” et qui est le plus ancien document connu utilisant le nom de Châlons-en-Champagne. Il fait de Jean-Pierre Ravaux l’incontournable, et cependant fort discret, artisan du retour au toponyme historique de la ville dont il étaya le dossier.

L’édifice religieux qu’il a le plus étudié est la cathédrale Saint-Etienne de Châlons. De 1974 à 2003, il lui consacra 8 volumineux articles publiés dans les Mémoires de la SACSAM auxquels il convient d’ajouter un excellent ouvrage publié en 2001 aux éditions du Patrimoine : La cathédrale Saint-Etienne de Châlons-en-Champagne.

Chez Jean-Pierre Ravaux, histoire du patrimoine rime avec défense du patrimoine. Il la mena d’abord et dès l’origine avec les Amis du Vieux Châlons, contre la démolition du centre ancien de Châlons, puis, à partir de 2003, avec Nouvelle Catalaunie en s’engageant notamment pour sauver la destruction annoncée des caves médiévales du Centre commercial de l’Hôtel de Ville.

Le 16 mai 2009, sa ville natale lui rend hommage. Le passage d’accès à la bibliothèque reliant, depuis son ancien domicile, la rue Léon Bourgeois à la rue des Martyrs de la Résistance porte désormais son nom. Sa modestie aurait récusé cet honneur. Mais son œuvre au service de sa patrie méritait bien cette humble reconnaissance. En attendant celle, à venir, de la Société des Amis des Musées de Châlons-en-Champagne, dont il était fondateur et administrateur, avec la publication d’un hommage sous forme d’un recueil bibliographique.

Pour en savoir plus, cliquez ici

 


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• 2/05/2009 - Bulles champenoises radioactives

Publié dans actualité
 

Le but de ce clip : contrer la campagne de la Marnothérapie pour une seule raison, faire pression sur le conseil général de la Marne qui, précise du bout des lèvres qu'il ne veut pas de poubelle FAVL (déchets radioactils à faible activité longue vie) dans ce département et qui laisse les membres de cette assemblée s'inscrire en tant que maire pour la recevoir.

voir le clip : http://blesme-mon-amour.over-blog.fr/article-30766502.html

pour en savoir plus :

- voir le site du CEDRA (collectif contre l'enfouissement des déchets radioactifs)  www.burestop.org

- lire l'article du Petit Catalaunien Illustré N°63 : "Alerte radio-cative sur la Champagne-Ardenne"

site : www.catalaunien.net  courriel : catalaunien@orange.fr


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• 2/05/2009 - La destruction du château de Coolus

Publié dans actualité

Destruction du château de Coolus

La Communauté d'agglomération de Châlons-en-Champagne, propriétaire du château, a démoli le château de Coolus en catimini durant la dernière semaine d'avril 2009 (vacances scolaires). L'association Nouvelle Catalaunie a demandé des explications aux responsables de ce crime commis contre le patrimoine. Dans deux lettres du 1er mai 2009 au maire de Coolus
et au président de la Communauté d'agglomération "Cités en Champagne", l'association :
  • leur fait part de sa consternation, de sa colère et de son inquiétude
  • leur demande des justifications quant à la procédure utilisée et leurs intentions.

L'association s'inquiète d'autant plus pour l'avenir du patrimoine châlonnais que, devant les restes du château, un panneau de chantier (à gauche ci-dessus) annonce la couleur : " Démolissons ensemble, construisons l’avenir ". Un slogan cynique et abject en guise d'épitaphe significatif du peu de cas fait à la sauvegarde de ce patrimoine dont les pierres de craie, écrasées par la pelleteuse, ne pourront même pas être réemployées pour restaurer d'autres bâtiments.

 Pour en savoir plus : www.catalaunien.net


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• 11/03/2009 - La guerre des pigeons

 

La guerre des pigeons est déclarée... en vente sur www.catalaunien.net

Une drôle de guerre, qui aurait pu se dérouler partout en France, éclate dans le ciel de Chaalons-en-Champaigne en ce début de XXIe siècle. Elle est précédée d'une déclaration en bonne et due forme et d'un prêche comme au temps des croisades.

Cette guerre oppose l'innombrable nation colombine à un échevin colombophobe, le général Eugène Thanase. Avec son ami Balthazar Trosquot, il est partisan de la lutte finale. Face à eux, quelques irréductibles s'obstinent à voir dans les pigeons de pacifiques volatiles.

Entre les deux camps, une foule de personnages s'agite dans l'ombre. La terrible Marie-Rose, bien sûr, le bourgmestre Bouc-Bigot obsédé par la teinte de sa mèche rebelle, mais aussi une étrange marionnette, la Sarkote.

Ou bien encore une mystérieuse dame à la colombe venue du fond des temps. Cette dernière apparaît au général Thanase pour l'inciter à sauver la paix avant qu'il ne soit trop tard. Parviendra-t-elle à convaincre celui en qui ses amis voient un nouveau Nostradamus ?

Une guerre... à mourir de rire

La guerre des pigeons :

genèse d'un cauchemar

 roman de Bruno Malthet

2008

Edition du Petit Catalaunien Illustré

pour en savoir plus : http://www.catalaunien.net/  

pour commander : http://www.catalaunien.net/05-la_boutique/05-la_boutique_du_pci.html

catalaunien@gmail.com 

 

commentaires de la presse :

"Comme dans toute guerre, il y a un risque évident à s’intéresser de trop près à ce conflit, celui de mourir. De rire, seulement".

Le Petit Catalaunien Illustré n° 64, automne 2008.

" Cette guerre assez loufoque est truffée de personnages hauts en couleur

. [...] Entre histoire locale et comédie satirique, pas le temps de s’ennuyer ".

L’Union du 28/10/2008.

" Au beau milieu de mots d’ordre délirants, de combats loufoques, de causes absurdes, des personnages truculents servent de fil conducteur à ce récit tragi-comique ".

L’Hebdo du Vendredi du 7 au 13/11/2008.

 


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• 6/02/2009 - Châlons, capitale du front

1914-1918

Châlons, capitale du front

Châlons, capitale du front. Châlons, jusqu'à la Victoire de 1918, était la capitale du front. Mais, le front disparu et l'ennemi désarmé, quel avenir militaire pourrait bien avoir la ville ? Aujourd'hui, le front s'est déplacé. Certains le verront dans l'affaire de la fermeture du Musée Schiller & Goethe, d'autre dans les résultats du dernier recensement, dans la formation des hommes et des femmes venus des quatre coins du monde, ou bien encore dans le développement durable, voire dans le Grenelle local de l'environnement...

 Le Petit Catalaunien Illustré
n° 65 - hiver 2008-2009

Pour accéder à la page de présentation de ce numéro 65 : http://www.catalaunien.net/

Pour recevoir gratuitement ce numéro, cliquer sur ce lien http://www.catalaunien.net/  

 


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• 16/09/2008 - 1908-2008 : la religion et l'Etat, un débat et un combat toujours d'actualité

 

Châlons en 1908 : le débat fait rage

  • La Libre-Pensée et la religion (conférence-concert)
  • Le crucifix dans les écoles
  • Mgr Sevin sermonne ses ouailles

Extraits des journaux locaux sélectionnés par le Petit Catalaunien Illustré N°62

Dossier complet dans ce même numéro.

Le Petit Catalaunien Illustré

16 rue Binet 51000 Châlons-en-Champagne

tel : 03 26 68 68 00

courriel : catalaunien@gmail.com 

Pour plus d'info : http://www.catalaunien.net/ 

 

La conférence - concert de la Libre-Pensée

Tandis que le Journal de la Marne noircit ses colonnes du feuilleton de la nomination et du sacre de Mgr Sevin, nouvel évêque de Châlons, L'Union Républicaine couvre très largement la conférence - concert donnée au cirque municipal par M.Emile Aubertin. Libre-penseur, avocat à la Cour d'appel de Paris et chevalier de la Légion d'honneur, ce dernier tint son auditoire en haleine sur le thème de "Les Eglises sous la République".

Comme nous le disions hier, la Conférence-Concert, contradictoire, offerte au public châlonnais, mercredi soir, au Cirque, par la Ligue de la Libre-Pensée de Châlons, a eu un véritable succès. Elle a été le triomphe de la Libre-Pensée sur l'esprit clérical et dominateur. Environ quinze cents personnes assistaient à cette fête à laquelle la gracieuse présence de très nombreuses dames ou jeunes filles communiquait ce caractère familial et populaire qui fait le charme de toutes nos réunions républicaines et démocratiques. [...]
Le citoyen Aubertin

Dans un langage clair, précis, lumineux, l'orateur nous retrace l'œuvre de l'Eglise depuis son origine jusqu'à nos jours. Après s'être reporté à l'époque des Druides, en glissant sur leurs mœurs et coutumes ; après avoir rappelé le mot célèbre de Gambetta sur le cléricalisme ; après avoir comparé la noblesse primitive à celle des temps modernes, le citoyen Aubertin stigmatise l'avarice des Orléans qui, gens d'Eglise, aussi hypocrites que pingres, eurent l'impudence de réclamer, à l'époque des grands malheurs de la Patrie, en 1871, 25 ou 30 millions qui leur avaient été, jadis, légitimement enlevés, tandis que la France, sous la botte du vainqueur, était contrainte à verser les cinq milliards que lui réclamait l'étranger.

L'orateur fit ensuite le procès de Rome. C'est le prêtre dont la soutane, percée, en loque, qui est allée rejoindre le manteau du dictateur, n'est plus bonne qu'à renfermer dans les musées d'antiquité, synthétisant en sa personne toutes les ignorances, groupant autour de lui toutes les forces sociales qui font obstacles aux progrès de la pensée libre. C'est la croyance dogmatique, incompatible avec la vie intellectuelle, qui prétend nous dépouiller de tout ce qui fait notre dignité, pour nous jeter, vague troupeau, aux pieds de ses prêtres, dans ses églises, nues, froides, désertes, temple de la mort. Ce fut l'homme d'arme, le militaire professionnel de jadis dressé et élevé dans le giron de l'église, serviteur non pas de la patrie, mais du cléricalisme fanatique.
Après avoir fait une comparaison entre les généraux bien pomponnés, sortis des jésuitères, qui se faisaient battre par les ennemis de la France et les armées de la République toujours victorieuses, M. Aubertin indique la base commune aux trois religions juive, catholique et protestante. A la vérité ces trois religions ne sont pas étrangères l'une à l'autre ; ce sont des rameaux d'inégale puissance issus d'un même tronc ; toutes trois ont la même origine, toutes trois ont pour charte morale le même prétendu livre sacré : l'Ancien Testament.
Assurément, la question de séparation des Eglises et de l'Etat ne se serait peut-être pas posée sans l'égoïsme du prêtre s'alliant à toutes les puissances d'argent et le fanatisme des cléricaux faisant servir leur religion au triomphe de leur politique. Il a fallu toute l'énergie du parti républicain et de la Libre Pensée pour remettre l'armée dans son droit chemin et faire de ses chefs non plus des officiers de l'armée du Pape, mais uniquement des chefs instructeurs d'une armée démocratique et républicaine.
Au sujet de la politique du Vatican, le conférencier semble entendre le cardinal Morry del Val disant au pape : " si la France, votre fille aimée vous abandonne, il vous restera l'Allemagne ". Eh bien, qu'il aille vers Guillaume, nous ne lui en voudrons pas, car il suit son intérêt. A nous de suivre le nôtre. Si Napoléon, battu à Sedan, fut sa victime, Guillaume ou l'Allemagne protestante en sera une autre. Evidemment, parmi les cléricaux, il y a des hommes sincères, mais derrière ces derniers, il y a aussi des profiteurs. Si nous avons eu des Bidegain, Rome a eu ses Montagnini. Toutes les sectes sont égales devant le combat que leur livre la Libre-Pensée, qui est la tolérance suprême, et qui respecte néanmoins toutes les cultes dans leurs temples et toutes les politiques n'entravant pas la Liberté de tous et de chacun. Les temps nouveaux sont arrivés : la Libre-Pensée triomphera de ses ennemis et elle a pour elle deux armes : la tolérance et le respect et réprouve toutes les persécutions. Elle protégera chacun dans ses intérêts et comptera dans ses racines toutes les idées de captation. La femme, qui a été la victime des cultes, réduite sinon à l'esclavage interne, mais à l'esclavage moral, sera sauvé par la Libre pensée qui améliorera son sort par de justes lois.
La Libre-Pensée est la Patrie sociale de toute l'Humanité. La Cité laïque où les enfants seront élevés dans le respect constant de cette seule trinité accessible à l'âme humaine et digne d'elle : le Vrai, le Beau et le Bien ! Laissons les dieux dans leurs églises et vivons pour la France ! (Applaudissements prolongés).
L'orateur termine par un magnifique éloge de la France et du patriotisme républicain.
Le prêtre contradicteur
L'invite faite par le citoyen-président Déquaire aux contradicteurs désireux de monter à la tribune obtient une réponse. Un prêtre se lève et monte gaillardement à la tribune. La foule, qui n'a cessé de prêter une oreille attentive aux paroles du conférencier laïque, et dont les sentiments sont si bien d'accord avec M. Emile Aubertin, donne un bel exemple de tolérance démocratique en écoutant tous les essais de réfutation du contradicteur religieux.Ce dernier relève une à une les phrases qui ont le plus désagréablement retentit à ses oreilles.
Après avoir eu la loyauté de reconnaître le talent oratoire de son adversaire et la tolérance des libres penseurs châlonnais, il relève le gant :
-Si, dit-il, vous voulez voir une soutane de prêtre trouée, allez à Notre-Dame : vous verrez celle de Mgr Affre frappé en 1870 par les balles de Communards au moment où il tentait de s'opposer à la lutte fratricide.
Plus loin : - Messieurs, Mesdames, si je ne dis pas, citoyens, citoyennes, je ne suis pas moins républicain. Je suis fils d'un ouvrier charpentier, qui m'a élevé, alors qu'il ne gagnait que 2 francs par jour. L'abbé Huot nous affirme qu'il vit au jour le jour, ne s'occupant pas du lendemain et il déclare que pour fonder une religion, il faut se faire crucifier, il faut aller au martyre !
Où la salle protesta vigoureusement, c'est lorsqu'elle entendit M. l'abbé Huot déclarer que ce n'était pas l'Eglise qui avait fait brûler Jeanne d'Arc, mais bien un prêtre schismatique, le fameux Cauchon, qui n'était pas des leurs.
Le bouillant abbé contradicteur quitte la tribune au milieu des lazzis de toutes natures.
Répliques du conférencier
Avec une verve intarissable, le citoyen Aubertin réfute les allégations du prêtre et termine ainsi :
- Pour établir une différence entre la monarchie et la République, bien qu'il y ait eu de tous temps et sous tous les régimes, des braves et des malhonnêtes gens, la République ne cache pas ses voleurs, elle les dénonce, et c'est son honneur de les flétrir et de les punir. (Applaudissements répétés). L'Eglise prit la France pour une fille aînée qu'on ne dote pas mais dont on s'enrichit. Il y a Dieu et Dieu. Il y a celui qu'on défigure et qu'on exploite. L'Eglise a fait du Christ si bon et si doux un Dieu sinistre, un Dieu d'oppression et d'argent. Le conférencier Aubertin, qui a été chaleureusement félicité par le président Déquaire, pour sa belle et utile conférence, emportera le meilleur souvenir de la population châlonnaise.
Le programme artistique
L'abondance des matières nous oblige à restreindre notre appréciation élogieuse pour chacun des artistes qui ont prêté leur concours à cette fête. [...]
Union Républicaine du 11 avril 1908

 

 

 

Les crucifix dans les écoles

 

Faut-il mettre des crucifix dans les écoles ? Non, répond le journal l’Union Républicaine à un libéral pour qui la loi divine passe avant les lois de la République.

 

 

Châlons, le 22 janvier 1908

Vieille chanson !

J'ai reçu une lettre d'un monsieur qui a signé " un libéral " et qui m'apostrophe rudement. Comme je n'ai pas la même opinion que lui sur la question de savoir s'il faut mettre des crucifix dans les écoles, il est tout prêt de me tenir pour une canaille. Ce monsieur-là est vraiment " un libéral ".

Si je l'ai, comme il le prétend, " blessé dans ses convictions ", cela prouve qu'il a des convictions bien susceptibles. Les miennes sont davantage à l'épreuve de la contradiction. Cela doit faire bien du mal d'être " blessé dans ses convictions " ! Il faut vous cuirasser, monsieur, vous protéger contre de pareils accidents. Pour cela, je prends la liberté de vous recommander la pratique d'une vertu qui s'appelle la tolérance. Certes, elle n'est pas théologale et ne vous conduira pas au paradis. Mais, en attendant, elle vous permettra de vivre paisiblement sur la terre. C'est bien quelque chose, cela !

Je détache de ladite lettre une phrase où mon correspondant expose son grief : " A vous entendre, Monsieur le Rédacteur, les catholiques auraient tort de vouloir que l'image du Christ fût placée sur les murs de classes. Je sais bien qu’une loi impie et scélérate a proscrit les crucifix des écoles. Mais avant la loi, nous devons obéir au cri de notre conscience de catholique et ne jamais faillir devant ce qui est le premier de nos devoirs. Notre Maître, c'est notre Dieu !... ".

L'intérêt de cette missive, on le voit, c'est que notre libéral remet en discussion la question de la neutralité scolaire dont on a beaucoup parlé ces temps-ci. Que votre Dieu soit votre maître, je n'ai rien à redire à cela. Si votre service lui agrée, c'est affaire entre vous. Vous ne sauriez d'ailleurs conclure de cette affirmation que votre Dieu tienne beaucoup à rester accrocher aux murs de toutes les classes où il risque de servir de cible aux boulettes des écoliers irrévérencieux. " Obéir à votre conscience de catholique ", cela constitue votre loi particulière, monsieur le libéral, mais non pas la loi de tous. Celle-ci est faite pour les catholiques et aussi pour ceux qui ne le sont pas. Le malheur, c'est que la loi catholique s'est trouvée souvent en contradiction avec la loi française. Or, c'est cette dernière qui doit être appliquée en France. Si le gouvernement la laissait mettre en échec par les catholiques, il n'y aurait pas de raison pour qu'il la fasse respecter par les juifs, les protestants, les libres-penseurs.

Je respecte vos croyances, monsieur le libéral ; mais je ne parviens pas à comprendre ce qu'elles ont à faire ici. […]

Ignorez-vous que l'école laïque est créée précisément pour que la religion n'y pénètre pas? De quel droit interviendriez-vous, au nom du catholicisme ?...Ah ! Comme nous l'entendrions protester, cet excellent libéral, si dans sa commune quelque juif ou quelque protestant - obéissant au cri de leur conscience - réclamaient l'installation à l'école d'emblèmes particuliers à leurs religions ! [...]

C'est toujours la même chanson. Quand un clérical se déclare atteint dans sa foi, c'est qu'il ne peut pas l'imposer aux autres !

Les temps ont marché, monsieur le libéral. L'heure est venue où juifs, protestants et libres-penseurs ont droit aux mêmes égards que les catholiques pratiquants. C'est ce que vous nommez. " persécution " ; c'est ce que nous appelons " liberté ".

Il faut bien que les cléricaux se résignent à ne pas vouloir prolonger l'Église en dehors de ses temples. Il faut bien qu'ils acceptent à n'être les maîtres que chez eux, à respecter partout ailleurs les convictions de leurs voisins. Cela sera dur. Mais peu à peu, nous y venons. Je sais bien que je parle ici le langage de la tolérance et de la raison à des gens dont leur religion fait des croyants aveugles et des intolérants. Mais peu importe ! Ils auront beau s'agiter maintenant, cette évolution ira à son terme qui est l'émancipation totale et définitive des esprits. La domination romaine a fait son temps. Les cléricaux ont eu beau vouer la France entière au Sacré-Cœur, la France les a désavoués.

Émile Lapone

Union Républicaine du 22 janvier 1908

 

 

 

Mgr Sevin sermonne ses ouailles

 

Arrivé en pleine campagne électorale, Mgr Sevin, nouvel évêque de Châlons, adresse à ses ouailles une lettre pastorale lue dans les églises où il vilipe les francs-maçons, l'Etat, les mœurs, l'athéisme et les idées révolutionnaires qui, peu à peu, gangrènent une foule sans foi ni loi. Si le journal l'Union républicaine n'en parle pas, le très clérical Journal de la Marne y trouve pain béni pour sa campagne électorale et s'empresse d'en rendre compte.

 

 

 

Lettre pastorale de Mgr l'Evêque de Châlons

La Semaine Religieuse du 25 avril publie la lettre pastorale de Mgr l'Evêque de Châlons à l'occasion de son entrée dans le diocèse.

Nous en extrayons les passages les plus importants.

Après avoir manœuvré longtemps dans l'ombre, la Franc-maçonnerie ne cherche plus à dissimuler ses projets sacrilèges ; elle dit à qui veut l'entendre le but qu'elle poursuit et publie avec audace son plan de campagne. Dans la guerre qu'elle mène contre Dieu, elle a enrôlé : l'Ecole, la Presse, l'Etat. C'est pour déchristianiser l'enfance et lui inoculer l'athéisme qu'elle s'est emparée de l'éducation et travaille à s'en assurer le monopole. [...] Et ce que le Maître et le livre ont commencé dans l'Ecole neutre, la Presse irréligieuse et les conférences publiques conspire à l'achever. [...]

L'Etat est venu prêter tout l'appui de son autorité aux sectaires qui ont déclaré à nos croyances cette guerre implacable. Il est officiellement athée et il a organisé toute la vie publique comme si Dieu n'existait pas. [...]

Les idées influent tôt ou tard sur les mœurs, et toute crise religieuse engendre fatalement une crise morale. [...] Les mœurs vont baissant partout. Jamais les crimes n'ont été plus nombreux, plus féroces, plus monstrueux et il y a une corrélation étroite entre l'accroissement de la criminalité et l'affaissement de l'idée de Dieu dans les masses. [...] La société repose sur la famille. L'athéisme qui affranchit l'homme de toute loi supérieure a dépeuplé nos foyers par une stérilité qui est un crime et un péril national ; il en a dispersé et déshonoré les pierres par le divorce, et il est impatient d'en consommer la ruine par l'union libre. La société repose sur la propriété. Or, depuis que l'athéisme est une doctrine d'Etat, la propriété est mise en question, sous la poussée des convoitises. [...] Les classes populaires, qui sont le nombre et la force, n'attendent qu'un mot d'ordre pour se ruer à l'assaut de la vieille cité. [...]

A mesure que l'athéisme montait, nos mœurs publiques et privées ont baissé. Jetons un voile sur les hontes publiques dont la France a souffert dans ces dernières années, et ne considérons que les mœurs privées. [ ...] Ne suffit-il pas de parcourir nos journaux, de consulter les jugements de nos magistrats, de feuilleter les statistiques de nos criminalistes ? Les mœurs baissent partout. Jamais les crimes n'ont été plus nombreux, plus féroces, plus monstrueux et il y a corrélation étroite entre l'accroissement de la criminalité et l'affaissement de l'idée de Dieu dans les masses. Plus les croyances diminuent, plus l'homme devient lubrique et féroce. [...] La société repose sur le principe d'autorité. Si l'homme n'a pas de Dieu, l'homme ne peut point avoir de maître, et toute autorité, même celle des libres démocraties, est une usurpation des droits imprescriptibles de notre nature. C'est l'anarchie et la destruction de tout ordre social.

Cette doctrine, quelque impie qu'elle puisse être, a déjà des adeptes. Anarchie ! crient-ils à l'occident ; nihilisme ! répondent leurs frères à l'orient de l'Europe. Et ils espèrent les uns et les autres se donner bientôt la main sur les débris sanglants des vieilles sociétés, ils font la guerre à l'idée de patrie. [...] Ces excès ne sont encore voulus que d'un petit nombre : c'est vrai et nous nous en félicitons. Mais ils découlent naturellement de l'athéisme et rien ne l'empêchera de produire ces fruits détestables et de les faire peu à peu agréer à la foule sans foi ni loi. [...]

Journal de la Marne 27 avril 1908

Extraits du dossier publié dans Le Petit Catalaunien Illustré Numéro 62

Le Petit Catalaunien Illustré

16 rue Binet 51000 Châlons-en-Champagne

tel : 03 26 68 68 00

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